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Séismes
Meizoz Jérôme
ZOE
14,00 €
Épuisé
EAN :9782881828904
Quand mère s'est jetée sous le train, il a bien fallu trouver une femme de ménage. Père était sur les routes dès l'aube pour le travail, je l'entendais tousser longuement le tabac de la veille, mettre rageusement ses habits, avaler en vitesse le pain et le fromage. Puis il criait un nom d'enfant, le mien, par la cage d'escalier, pour que l'école ne soit pas manquée. L'appel était si brusque, incontestable, malgré le diminutif affectueux, qu'il signait d'un coup le retour à la vie diurne. Père claquait la porte et le silence régnait dans l'appartement jusqu'au soir.Il a bien fallu trouver une femme de ménage pour faire les gestes de mère, mais seulement ceux qui s'adressaient aux sols, aux vitres, aux tissus. Une femme de ménage pour les chemises de père, impeccables tous les matins, pour les chaussettes de père qu'il ne savait pas repriser.Elle a été là un matin d'été, une voisine, toujours active, fumeuse, sévère mais non sans bonhomie. Elle me connaissait depuis toujours, j'avais joué sur la Place, tous les enfants s'éclaboussaient à la fontaine. Elle emmenait avec elle sa fille de trois ans. J'en avais presque dix.Ce doit être les vacances, ou la fête d'un saint local qui nous donne congé. Je suis à l'étage avec l'enfant qui court un peu partout, rit, grimace, s'amuse dans ce nouvel espace. En bas, j'entends l'aspirateur cogner contre les meubles, la serpillère serrée dans le seau, et le briquet claquer à chaque cigarette.Tout de suite je m'attache à elle, mignonne, menue, irrésistible. Elle me fait confiance, me suit dans chaque déplacement, cherche à jouer. Je lui donne des livres, des peluches. Elle sourit.Je suis plein d'une tristesse qui fermente en silence comme un vin abandonné. Et le sourire ne me comble pas, il me faut consoler un être, un autre. D'intuition, je crée le stratagème, le jeu simple et mauvais sort de moi d'un coup, sans besoin d'y songer, venant de loin, d'en bas.J'attire la petite dans la chambre et en ressors très vite, en fermant la porte derrière moi. Elle sent la clôture soudaine, le silence, mon absence. Elle se met à geindre d'abord puis elle pleure à chaudes larmes. On l'a abandonnée, séquestrée. Je compte alors les secondes, car ses pleurs me pèsent. Cinq secondes, parfois dix. Et puis j'ouvre et lui porte secours. La voilà dans mes bras, consolée.J'aime surtout ses larmes, et ce moment où elle se rassure, se calme, trouve dans mes bras un état serein. Le spectacle des pleurs puis du retour au calme m'est nécessaire, mais je ne sais pourquoi. Il faut répéter la scène, faire et refaire le geste réparateur. Éprouver à travers elle l'abandon puis la protection. Depuis que personne ne peut plus le faire pour moi, je sais trop bien réconforter les autres.La petite retrouve son visage paisible et rond, elle sourit à nouveau. D'un jour à l'autre, toute à son émotion de l'instant, elle ne se souvient pas du stratagème.
Bruno Lesseul, un linguiste renommé, est accusé du meurtre, atroce, de Juliana Amar, une jeune femme brésilienne, qui étudiait les rites sacrificiels du candomblé. Le criminologue, chargé du Rapport sur cette affaire où Lesseul refuse de parler, livre un récit distancié des faits. En étudiant les notes et le journal de l'accusé, un être tourmenté par le passé et par l'écriture, l'expert reconstitue le lien complexe qu'il a noué avec Juliana. Féru de dialectes et de langues orales, révolté par l'aliénation verbale des ethnies colonisées, Lesseul ne fait plus la différence entre ses enquêtes linguistiques et sa perception de Juliana, à laquelle il reproche de négliger ses racines. Par amour, celle-ci cède du terrain, puis leur relation finit par prendre une tournure sado-masochiste, renforcée par les troubles d'identité de Juliana... Véritable curiosité littéraire, Le Rapport Amar raconte la dérive d'une passion exclusive pour le langage.
Parcourant les écrits de Jean-Jacques Rousseau, Jules Vallès, Louis-Ferdinand Céline, C F Ramuz, Vercors et Annie Ernaux, La Fabrique des singularités ajoute un second volet aux Postures littéraires (2007). Le premier volume a ouvert un important terrain de recherches et donné lieu à des colloques, des traductions ainsi qu?à des publications en France, Belgique et au Québec. De nouvelles études de cas enrichissent et précisent les modes de singularisation des auteurs, en observant le déploiement de leur discours sur la scène littéraire. Plusieurs biais d?interrogation traversent cet ouvrage, au gré d?articles réunis et de textes inédits : Quels sont les cadres qui régissent l?énonciation littéraire dans la modernité ? Comment les auteurs se singularisent-ils au sein des discours littéraires ? Quel est l?impact de la médiatisation des écrivains sur leurs pratiques et leur rapport aux publics ? De quelle manière le traitement des genres et des styles participe-t-il de la pluralité des postures auctoriales ? En quoi le corps physique des écrivains est-il engagé dans leur présentation de soi ?
Résumé : En quarante courts récits, Père et passe tisse un " Drap de mots " pour recueillir le visage d'un père vieillissant. Comme dans ses recueils précédents, Jours rouges (2003) ou Les désemparés (2005), l'auteur, en quelques traits saisissants, se fait portraitiste des destins ordinaires.
Voici trois textes réunis autour d'un sujet rarement traité par Bouvier : son enfance. Dans le récit central éponyme, l'écrivain raconte les étés passés dans la propriété des grands-parents maternels et comment, petit garçon de huit ans, il triompha de l'"une des figures les plus détestées de [s]on enfance" : Bertha, la gouvernante prussienne tyrannique.
Quand Franklin Starlight ne s'occupe pas de sa ferme, il part photographier la vie sauvage au c?ur de l'Ouest canadien. Mais cette existence rude et solitaire change lorsqu'il recueille sous son toit Emmy et sa fillette Winnie, prêtes à tout pour rompre avec une existence sinistrée.Starlight emmène bientôt les deux fugitives dans la nature, leur apprend à la parcourir, à la ressentir, à y vivre. Au fil de cette initiation, les plaies vont se refermer, la douleur va laisser place à l'apaisement et à la confiance. Mais c'est compter sans Cadotte, l'ex-compagnon alcoolique d'Emmy, résolu à la traquer jusqu'aux confins de la Colombie-Britannique.Dans ce roman solaire et inspiré, on retrouve Frank, le héros désormais adulte des Étoiles s'éteignent à l'aube.Appartenant à la nation des Ojibwés, Richard Wagamese est l'un des principaux écrivains canadiens, récompensé à de nombreuses reprises pour son travail littéraire et journalistique. Découvert en français avec Les Étoiles s'éteignent à l'aube et Jeu blanc, Wagamese est décédé en 2017, laissant en testament littéraire Starlight, son ultime roman.4e de couverture : Quand Franklin Starlight ne s'occupe pas de sa ferme, il part photographier la vie sauvage au c?ur de l'Ouest canadien. Mais cette existence rude et solitaire change lorsqu'il recueille sous son toit Emmy et sa fillette Winnie, prêtes à tout pour rompre avec une existence sinistrée.Starlight emmène bientôt les deux fugitives dans la nature, leur apprend à la parcourir, à la ressentir, à y vivre. Au fil de cette initiation, les plaies vont se refermer, la douleur va laisser place à l'apaisement et à la confiance. Mais c'est compter sans Cadotte, l'ex-compagnon alcoolique d'Emmy, résolu à la traquer jusqu'aux confins de la Colombie-Britannique.Dans ce roman solaire et inspiré, on retrouve Frank, le héros désormais adulte des Étoiles s'éteignent à l'aube.Appartenant à la nation des Ojibwés, Richard Wagamese est l'un des principaux écrivains canadiens, récompensé à de nombreuses reprises pour son travail littéraire et journalistique. Découvert en français avec Les Étoiles s'éteignent à l'aube et Jeu blanc, Wagamese est décédé en 2017, laissant en testament littéraire Starlight, son ultime roman.
Tout commence lorsque David Chariandy est victime, dans un restaurant éthique de Vancouver, d'un acte de racisme ordinaire en présence de sa fille de trois ans. Dix ans plus tard, l'élection de Donald Trump lui donne l'occasion d'adresser à sa fille désormais adolescente une lettre pour évoquer les questions universelles de l'identité et de la race. Chariandy puise dans son propre passé, dans celui de ses ancêtres afro-asiatiques et dans des épisodes concrets vécus en famille une réflexion sur l'héritage de l'esclavage, le statut de " minorité visible " et d'immigré de deuxième génération : que ressent-on lorsqu'on est considéré comme un étranger alors que l'on est né au Canada ? Lorsqu'on nous demande, inlassablement, " non, mais d'où viens-tu vraiment ? "
Jenna et Joanna, deux écrivaines à succès, mènent une vie tranquille entre leurs familles et les plateaux de télévision. Dans le monde simplifié qui est le leur, les livres sont devenus de banals objets, dont la valeur et l'intérêt s'arrêtent à la couverture. Présentateur, acheteur ou écrivain, plus personne ne songe à les ouvrir. Le geste est tombé dans l'oubli. Mais cette simplification va plus loin et s'étend à tous les domaines de la vie. La musique est un objet. Les enfants peuvent être des autocollants. Les amis ne sont plus qu'un mot. Il n'y a plus de for intérieur. Satire du monde du livre ou fable hyperréaliste, ce roman est avant tout une réflexion sur les façons que nous avons de vivre aujourd'hui. Dans cet univers confiné aux accents futuristes on progresse entre inquiétude et rire, pour s'apercevoir enfin que c'est de notre quotidien qu'il s'agit.