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Absolument modernes !
Meizoz Jérôme
ZOE
16,00 €
Épuisé
EAN :9782889276806
Absolument modernes ! est la chronique caustique et navrée de la modernité suisse des années 1970 et 1980 : le pari sur la croissance illimitée, le culte du marché et de la technique. Entre satire et récit intime, un certain Jérôme Fracasse conte les Trente Glorieuses traversées par son père, ouvrier convaincu de l'"avenir radieux". Documents, slogans et tracts d'époque autant que souvenirs de famille dessinent une période exaltée et ambiguë : la construction de l'autoroute du Rhône, l'ouverture des supermarchés, le règne de la télévision et de la voiture, le développement massif du tourisme dans les Alpes. La croyance heureuse du père dans le "régime des promesses", la volonté de s'arracher à un passé de pénurie et le tourbillon de la société de consommation : tels sont les grands traits de cette fresque où drôlerie et gravité sont indissociables.
Comment vivre, en homme, avec un "coeur de fille" ? Pourquoi faut-il "faire le garçon" ? Dans ce récit d'initiation où alternent l'enquête et le roman, Jérôme Meizoz esquisse une éducation sentimentale, tendre et crue, commencée dans Séismes (Zoé, 2013). "II aime les contrastes entre les corps, les comparer, les étudier. Les chairs un peu fatiguées. Les corps lentement qui perdent la partie. Le naufrage. Souvent les femmes pleurent. L'ancienne beauté dont on ne peut faire le deuil. Il leur tend un mouchoir, souriant sans parler, se lève pour arranger les fleurs dans le vase. L'odeur une fois encore l'étourdit un peu." Pourquoi le garçon a-t-il décidé de se prostituer ? Le voilà confident de femmes délaissées auxquelles il vend ses caresses, mais il "n'entre pas dans le corps". C'est pour lui "le meilleur des métiers. Le seul pour lequel il se sente compétent. Après tout, il donne une sorte d'amour".
Pourquoi porter un oeil sociologique sur la littérature ? Qu'apporte une science du collectif à propos d'un art où semble dominer la singularité? En refusant de naturaliser le fait littéraire, la sociologie fait apparaître toute la complexité de cette pratique, placée au coeur des conflits symboliques dont est tissée la société. Parmi les lectures plurielles qu'appelle la complexité du littéraire, l'oeil sociologique articule les rapports entre auteur, texte et société pour mieux comprendre pourquoi un texte a pris telle forme (générique, stylistique, typographique) parmi une infinité d'autres formes coexistantes possibles. Etudes sur Paul Eluard, Benjamin Péret, les Surréalistes, Rodolphe Töpffer, C.F. Ramuz, Blaise Cendrars, Michel Houellebecq, les procès et les prix littéraires.
Parcourant les écrits de Jean-Jacques Rousseau, Jules Vallès, Louis-Ferdinand Céline, C F Ramuz, Vercors et Annie Ernaux, La Fabrique des singularités ajoute un second volet aux Postures littéraires (2007). Le premier volume a ouvert un important terrain de recherches et donné lieu à des colloques, des traductions ainsi qu?à des publications en France, Belgique et au Québec. De nouvelles études de cas enrichissent et précisent les modes de singularisation des auteurs, en observant le déploiement de leur discours sur la scène littéraire. Plusieurs biais d?interrogation traversent cet ouvrage, au gré d?articles réunis et de textes inédits : Quels sont les cadres qui régissent l?énonciation littéraire dans la modernité ? Comment les auteurs se singularisent-ils au sein des discours littéraires ? Quel est l?impact de la médiatisation des écrivains sur leurs pratiques et leur rapport aux publics ? De quelle manière le traitement des genres et des styles participe-t-il de la pluralité des postures auctoriales ? En quoi le corps physique des écrivains est-il engagé dans leur présentation de soi ?
C'est confronté au monde littéraire de son temps que C. F. Ramuz trouve sa pleine mesure, Passons donc le Jura, jusqu'à Paris, la ville qui l'a révélé à lui-même. En 1904, il entre en passager clandestin dans la vie littéraire de la capitale. Bousculant le "bon français" , ce fétiche national, il conquiert un style. Le voilà accusé de "mal écrire" , désigné comme étranger dans sa propre langue. La presse française l'a longtemps soupçonné de créer par effraction : c'est qu'elle idéalise ou craint ses marges géographiques. Ramuz est ainsi demeuré en garde à vue à l'entrée du panthéon littéraire de l'Hexagone : "Nul n'entre ici s'il n'est... " Un durable malentendu ?
C'était au mois de juin de l'année 1976. C'était le début des grandes vacances de mes treize ans. C'était l'année de la sécheresse.Des wagons-citernes acheminaient de l'eau puisée au fond des lacs vers les villages; sous un ciel aussi jaune que du papier maïs, les militaires avec leurs camions et leurs motopompes s'occupaient des arrosages de secours pour sauver les plantations qui pouvaient encore l'être. Les autorités avaient activé le plan ORCA.Il ne pleuvait plus depuis des semaines; comme il n'avait pas neigé sur les montagnes durant l'hiver, les nappes phréatiques ne s'étaient pas remplies au printemps. Tout était sec en dessous, tout était sec en surface et notre campagne ressemblait à un vieux biscuit dur. Certains disaient que le soleil s'était soudain rapproché de la Terre; d'autres disaient que la Terre avait changé d'axe et que c'était elle qui, au contraire, était attirée par le soleil. Je pensais que cette chaleur particulière était causée par un astéroïde tombé non loin de chez nous, par un gros corps céleste constitué d'un métal inconnu dégageant des vapeurs toxiques invisibles. Comment expliquer autrement que par des gaz lentement diffusés vers les maisons du village nous empoisonnant à notre insu la modification insidieuse du caractère de maman, sa transformation en une autre personne, la perte de la maîtrise de nos vies au cours de cet été, la fin du monde de mon enfance?Depuis quelques jours, Rudy me disait que l'herbe sentait mauvais. Quand je lui avais demandé pourquoi, il m'avait répondu triste et sérieux que c'était parce qu'elle souffrait. Rudy était exactement le genre d'individu capable d'imaginer une végétation qui manifesterait son inconfort par une transpiration malodorante. Dans l'air de notre arrière-cour parsemée de brins d'herbe malingres piétines par le bétail, il planait une odeur de céleri et de soufre. Le vert terne du lierre agrippé au muret du jardin potager était devenu presque noir. Le soleil chauffait la pierre, froissait ses feuilles, en tordait les tiges ratatinées qui faisaient un dernier effort pour ne pas se détacher de leur branche et basculer dans le sol sablonneux. En m'approchant pour observer les crampons de la plante, pareils à de minuscules poings serrés par le désespoir, je devais bien admettre qu'elle puait.
La France est secouée par des émeutes. Patrick, policier suisse dépêché par Europol, se trouve en Seine-Saint-Denis, département 9-3, dans la couronne parisienne. Il mène l enquête au c ur d organisations mafieuses chinoises, mais les circonstances vont le rendre témoin du fossé qui se creuse entre la police française et la population, notamment en banlieue. Patrick nous entraîne dans le sillage de bandes de jeunes Français et dans l univers d un commissariat, et il constate que son métier de flic de banlieue disparaît pour ne laisser place qu au seul maintien de l ordre, par une police qui se comporte comme une armée d occupation. Une histoire de flics, écrite par un flic, qui oscille entre la nostalgie des romans policiers style Quai des Orfèvres et les défis que doivent maintenant relever les polices d Europe. Troisième récit de Patrick Delachaux, Grave Panique est la véritable histoire de l une des dernières missions du policier Delachaux.
Voici trois textes réunis autour d'un sujet rarement traité par Bouvier : son enfance. Dans le récit central éponyme, l'écrivain raconte les étés passés dans la propriété des grands-parents maternels et comment, petit garçon de huit ans, il triompha de l'"une des figures les plus détestées de [s]on enfance" : Bertha, la gouvernante prussienne tyrannique.