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Histoires de lecteurs
Mauger Gérard ; Poliak Claude ; Pudal Bernard
CROQUANT
32,00 €
Épuisé
EAN :9782914968669
Comment expliquer les apparentes exceptions à la relation établie entre capital culturel détenu et intensité des pratiques de lecture? Pour tenter d'en rendre raison, nous nous sommes efforcés de mettre en rapport la "bibliothèque", l'"itinéraire de lecteur" et la "trajectoire biographique" de chacun(e) des enquêté(e) s. Si ces "histoires de lecteurs" ne décrivent évidemment pas l'ensemble des cas de figures imaginables, nous nous sommes efforcés néanmoins de dégager quelques principes d'intelligibilité: en fonction de l'appartenance de génération ("Les bibliothèques de la génération de mai 1968"), de la position occupée dans la division du travail ("Lectures professionnelles et professionnels de la lecture"), de la position occupée dans la division sexuelle du travail ("Lectures: masculin/féminin"). Les usages sociaux de la lecture - lectures de divertissement, lectures didactiques, lectures de salut et lectures esthètes - trouvent leur principe dans l'histoire et la position (scolaire, familiale, professionnelle, politique, religieuse, etc.) de chaque lecteur dans l'espace social. Cette enquête s'adresse à toutes celles et tous ceux, bibliothécaires, documentalistes, libraires, enseignants, dont le livre et la lecture sont le métier, mais aussi à tout lecteur "grand" ou "petit": on peut imaginer en effet que ces histoires de lecteurs susciteront des identifications ou, à l'inverse, des démarcations ou des oppositions, conviant ainsi chaque lecteur à la réflexion sur son propre itinéraire de lecteur. Telle est en tout cas une des ambitions de ce livre.
Comment et pourquoi distinguer la "délinquance" de la "déviance", la "délinquance juvénile" de la délinquance, la délinquance des jeunes des classes populaires de la délinquance juvénile? Répondre à ces questions, c'est d'abord construire l'objet de la sociologie de la délinquance juvénile. Dans une perspective délibérément cumulative, ce livre propose ensuite une sorte d'inventaire raisonné des schèmes d'interprétation "utiles" empruntés aux diverses théories sociologiques, pour l'essentiel anglo-saxonnes. Il permet de présenter, à partir des enquêtes disponibles, une analyse sociologique de la délinquance des jeunes des classes populaires en France en distinguant deux configurations successives depuis la fin des années 1950. La première, associée aux stéréotypes médiatiques des "blousons noirs" puis des "loubards", correspond à la période qui s'étend de la fin des années 1950 à la fin des années 1970. La seconde, associée à la figure médiatique des "jeunes des cités", apparaît au début des années 1980 et perdure jusqu'à aujourd'hui.
Résumé : La compréhension du mouvement des Gilets jaunes passe par celle des transformations des classes populaires. Il est vrai qu'elles ne sont pas ce que "la classe ouvrière" n'a jamais été ailleurs que dans l'imagination des intellectuels, mais ouvriers et employées représentent encore plus de la moitié de la population active. Par ailleurs, l'effritement de la condition salariale au cours des quatre dernières décennies, l'extension du chômage de masse, la précarisation et l'insécurité sociale qui en résultent ont réactivé la menace de "déstabilisation des stables", creusant le clivage entre "établis" et "marginaux". Le déclin post-soixante-huitard de la croyance au messianisme ouvrier, l'essor de la "petite bourgeoisie nouvelle" et la promotion de nouvelles causes dont elle se définit comme l'avant-garde permettent de rendre compte de l'invention d'une représentation disqualifiée des classes populaires dont la figure du "beauf" rassemble les stigmates. Ce genre de manifestations de la domination et du mépris de classe engendre à la fois l'humiliation et la colère, souvent tacites, des dominés et un ensemble de pratiques qu'inspire le souci de "respectabilité". Résurgence inattendue des classes populaires supposées disparues, le mouvement des Gilets jaunes semblait d'autant plus insolite qu'il s'était mobilisé en dehors des organisations syndicales et politiques et qu'il semblait, de ce fait, incontrôlable. La peur des "classes dangereuses" ressurgissait dans les beaux quartiers. La mobilisation des Gilets jaunes était d'emblée confrontée à un déploiement de violence physique et symbolique spectaculaire. L'éventuelle convergence entre les Gilets jaunes et le mouvement de grève contre la réforme des retraites remettait à l'ordre du jour la question de la représentation. Les "black blocs" et la mouvance anarchiste l'élargissait aux thématiques de "l'horizontalité", de "la violence émeutière" et de "l'insurrection".
Souvent décrite comme une révolution symbolique dans les sciences sociales, l'oeuvre de Bourdieu est aujourd'hui une référence qui y occupe, y compris pour ses détracteurs, une position dominante. Ce livre explicite classe et synthétise les réflexions issues des usages faits de sa "boîte à outils conceptuels" au fil d'un parcours sociologique et indique les perspectives qu'elles ouvrent. Bien qu'elle soit nécessairement pédagogique, il s'agit d'une "reprise" plutôt que d'une présentation synthétique. Elle s'interroge, en effet, sur les limites du "sens pratique" , sur la distribution sociale de la "conscience réflexive" , sur les mécanismes de la "violence symbolique" , sur l'extension du concept de "champ" , sur la multiplication des espèces de "capital" , sur la définition des "classes sociales" , mais elle laisse le chantier "ouvert" : les concepts peuvent et doivent, dans une certaine mesure, rester provisoires, ce qui ne signifie pas vagues, approximatifs ou confus. Dans le cadre de ce paradigme, "l'engagement sociologique" apparaît comme une conséquence pratique, assumée ou non, d'un exercice du métier de sociologue indissociable d'une démarche réflexive.
L'idéologie dominante est un discours de maintien i de l'ordre. De façon générale, elle porte chacun à se convaincre qu'il faudrait désormais accepter l'ordre social tel qu'il s'est imposé comme allant de soi: avec enthousiasme ou en traînant les pieds avec l'espoir de «sauver les meubles».Le souci d'ancrer ces repères pour résister à l'idéologie dominante dans l'actualité impose de se plier aux exigences d'un agenda fixé par les médias et (es politiques, et exclut pratiquement toute possibilité d'enquête systématique. Ainsi ces repères ne concernent-ils que des échantillons significatifs de l'idéologie dominante (sur les classes populaires, sur quelques notions-clés de l'idéologie dominante, sur la vie politique) sans viser l'exhaustivité et sans prétendre à la représentativité.Outre leur intention de clarification, de démystification, de rupture avec le sens commun (avec ses évidences, son ethnocentrisme, ses propensions à la déshistoricisation, à la naturalisation, à la psychologisation) ces repères ont aussi, et peut-être surtout, une vocation pédagogique. En définitive, il s'agit, comme l'écrit Jacques Bouveresse, de «passer du statut de sociologue pour sociologues à celui de sociologue pour tout le monde», de montrer en actes l'intérêt d'une lecture sociologique des discours médiatiques et politiques et, ce faisant, d'une invitation et d'une initiation à la pratiquer pour son propre compte.Gérard Maugerest sociologue, directeur de recherche émérite au CNRS, chercheur au Centre européen de sociologie et de science solitique (CNRS-EHESS-Paris I) et membre de l'association Savoir/Agir.
Russie, Turquie, Brésil, Pologne, Venezuela, Nicaragua⦠La liste s'allonge des pays vivant un tournant autoritaire. Répression, restriction des libertés publiques et mise sous tutelle de nombreux secteurs sociaux participent d'un durcissement généralisé des modes de gouvernement, qui semble aujourd'hui affecter les démocraties les plus anciennes et les plus solides. L'ambition de cet ouvrage est de renouveler la question de l'autoritarisme, en repérant plutôt les processus qui font évoluer certains régimes de la démocratie vers un exercice brutal ou arbitraire du pouvoir. Les tournants autoritaires sont ici appréhendés sur le registre non de la rupture mais de la reconfigurationA : à la temporalité courte du basculement autoritaire (consécutif, par exemple, à un coup d'Etat), les différents cas historiques ou contemporains présentés substituent la temporalité moyenne d'une recomposition des régimes politiques dans et par laquelle il est possible d'abuser du pouvoir.
Du passé, je ne veux pas faire table rase. le souhaite au contraire, crûment, vous le dévoiler. Dans ces moments d'évanouissement de pans entiers de notre histoire, à l'époque d'un présent déifié débarrassé de toute mise en perspective, à l'ère de l'anachronisme triomphant, au moment où l'information et la transmission sont noyées, emportées par le tsunami du "presque rien" dont parlait Bourdieu, je veux vous mener, avec mon regard, en des terres souvent méconnues, ignorées ou oubliées et je souhaite les ressusciter. Là, dans ces années de guerre et d'Occupation se tissèrent les mondes d'aujourd'hui. En tant que journaliste et acteur militant de ces combats d'hier qui impriment leur marque sur notre univers d'aujourd'hui, je veux vous parler de moi. Non par vanité, mais comme une incitation, par le biais de ces chroniques de continents disparus, à humer des parfums oubliés, à percevoir des ambiances surprenantes, enthousiastes ou angoissantes, à participer à des combats victorieux ou étouffés. le veux aider à comprendre ce nouveau monde et les raisons de son advenue. Et je veux répondre à cette question reprise par des millions de voix : pourquoi être ou avoir été communiste ?
Le procès des sciences humaines et sociales (SIS) semble avoir été rouvert à l'occasion des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, quand plusieurs déclarations publiques ont dénoncé La "culture de l'excuse" qui serait implicite aux tentatives d'explication ou de compréhension du djihadisme portées par ces disciplines. Quelles sont les distinctions à opérer entre comprendre, expliquer, justifier et excuser ? Les causes dissolvent-elles les raisons ? La compréhension exclut-elle le jugement moral ou politique ? faut-il ou non considérer que les explications apportées par les sciences sociales peuvent, à l'image des savoirs psychiatriques, constituer des "circonstances atténuantes" dont les juges, et la société plus largement, auraient à tenir compte ? Comment situer cette condamnation de la "culture de l'excuse" dans l'histoire plus longue des usages politiques des théories des sciences humaines et sociales ? Et plus Largement, dans quelle mesure les sciences humaines et sociales peuvent-elles ou doivent-elles aider à comprendre "l'incompréhensible" ? Telles sont les questions posées par cet ouvrage à partir d'exemples passés et contemporains— La collaboration de scientifiques sous l'occupation nazie, les violences physiques collectives, La radicalisation ou la folie.
La question de l'identité est omniprésente dans notre pays et un peu partout en Europe, que ce soit dans le champ social, économique ou politique. Elle est parfois l'expression de replis d'ordre communautariste. Pourtant il y a des communautés qui échappent à cette déviance. C'est le cas des professionnels de la santé en général, car ils ne sont pas centrés sur eux-mêmes, mais davantage concernés par les autres, l'ensemble de la population, sans distinction de classe, de race ou de culture. Les infirmières prennent leur part dans cette mission citoyenne au service des personnes qu'elles soignent. Et la population a une façon de les voir, tantôt appréciées ou critiquées, ce qui rend compte de leur identité perçue. Mais que sont réellement ces infirmières (et infirmiers) aujourd'hui, alors qu'elles viennent d'être secouées parla réforme 2009 dite des études universitaires, leur accordant le grade de licence professionnelle ? Sont-elles à l'aise dans cette nouvelle posture ou sont-elles encore nostalgiques d'un passé récent ? Des infirmières regroupées au sein du Collectif de Recherche infirmière Qualitative en Santé (CRIQS), formées avant et après cette réforme, ont réalisé une démarche introspective à l'intérieur de leur corps professionnel, pour dire qui elles sont, examiner les convergences, le cas échéant certaines divergences difficilement avouables et définir leur identité professionnelle, telle qu'elles peuvent la revendiquer dans la modernité sociale ambiante. Chacun pourra apprécier, s'il ya lieu, l'écart entre l'identité attribuée parles personnes que nous soignons et celle que nous revendiquons pour nous-mêmes. Cette clarification de l'identité infirmière en phase avec une reconnaissance réclamée doit servir à l'évolution des pratiques professionnelle pour mieux soigner. Ce livre s'adresse par conséquent à celles et ceux qui s'intéressent à la profession infirmière pour ses enjeux sociétaux et pédagogiques : les étudiants infirmiers, les nouveaux diplômés, les formateurs, mais aussi les décideurs qui pourront se rendre compte du niveau de responsabilisation du corps infirmier, ainsi que de l'évolution de leurs modes d'investissement. Et surtout les patients, curieux de découvrir ce que leurs infirmières disent d'elles-mêmes.