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Pensée coloniale. Découverte, conquête, et guerre des dieux au Mexique
Matamoros Ponce Fernando ; Löwy Michael
SYLLEPSE
31,01 €
Épuisé
EAN :9782849500026
Civilisatrice et destructrice, la pensée coloniale classifie et condamne. Au Mexique, elle assimile les Indiens à des " barbares " et à des " sauvages incultes " qu'il faut éduquer et " civiliser ". La pensée des vainqueurs, dans ses dimensions religieuses, mystiques, messianiques, utopiques et politiques, accompagne les barbaries expansionnistes qu'elle pare des vertus de la " modernité " et de la " civilisation ". Ces réflexions sur le 16e siècle ne se limitent pas au passé. En effet, malgré la distance historique et les éradications, le passé des vaincus n'est pas mort. Les identités contemporaines meurtries font resurgir de la mémoire des peuples vaincus et asservis des actions libératrices. Ce livre permet d'appréhender les cinq siècles d'oppression qui se sont déroulés depuis la " découverte " de 1492. On peut, ce faisant, comprendre au présent les discours et les actions de l'Armée zapatiste de libération nationale du sous-commandant Marcos, qui a déclenché son soulèvement au Chiapas précisément en 1992, lors du cinquième centenaire de la " découverte ". L'auteur nous propose un rendez-vous du passé avec l'espérance salvatrice du présent qui questionne la marche triomphale de la " raison " capitaliste.
Au début du XXe siècle, Céret est une petite ville à l'urbanisation très dense, aux rues étroites, structurées par de hautes maisons bien intégrées dans le paysage. À proximité, le petit port de pêche de Collioure, devenu le haut lieu du Fauvisme en accueillant dès 1905 Matisse et Derain. En 1910, trois artistes font de la ville un foyer de l'avant-garde cubiste: Manuel Martinez Hugué (dit Manolo), Déodat de Séverac et Frank Burty Haviland. Ils seront suivis par bien d'autres, venus de Montmartre et du Bateau-Lavoir: Picasso dès 1911, puis Braque, Juan Gris, Max Jacob, Auguste Herbin, Picabia. A la fin de l'été 1911, Picasso y travaille de concert avec Braque. Juan Gris rejoint Picasso en 1913 et revient en 1921-1922, peignant de magnifiques paysages des collines du col de Boussells et du mont Canigou. Pinchus Krémègne partagera sa vie entre Paris et Céret de son arrivée dans la ville en 1918 jusqu'à sa mort en 1981. Soutine, son condisciple à l'école des beaux-arts de Vilnius, le rejoint de 1919 jusqu'à 1922. Les toiles qu'il réalise à Céret sont marquées par un style violent, expressif et intense. Céret est aussi un lieu d'asile des artistes et des intellectuels parisiens, comme, Jean Cassou, Cocteau, Marc Saint-Saëns, Raoul Dufy et Albert Marquet, qui y trouvent refuge en 1940. C'est ce passage des artistes les plus importants, du début du XXe siècle aux représentants de la création contemporaine, que cet ouvrage se propose de raconter au fil des paysages.
Résumé : Chroniques de l'Europe Retracer six siècles d'histoire de l'Europe en quelque 120 dates et plusieurs centaines de documents : tel est le défi que relèvent ces Chroniques. Loin d'inventorier les " grandes dates qui ont fait l'histoire ", cet ouvrage préfère mettre en lumière celles que l'on connaît moins. On y découvre, entre autres, l'adoption de l'écriture romaine dans l'imprimerie dès 1470, l'entrée de la tomate dans la cuisine européenne en 1613, l'exécution de la dernière sorcière en 1782, les luttes pour la diminution du temps de travail en 1817, le vote des femmes en Finlande en 1906, la première victime du mur de Berlin le 22 août 1961, le lancement de la fusée Europa II en 1971. Les historiennes et historiens - des techniques, du politique, de l'environnement, des idées, du genre, des arts, de l'économie - ici réunis, ont bien voulu se prêter à un exercice original : choisir un événement qui fait sens à l'échelle de l'Europe, puis, documents et repères chronologiques à l'appui, en faire le récit et rendre compte de ses résonances à travers le temps et l'espace. Une formidable plongée dans l'histoire longue de l'Europe à travers des figures marquantes, la circulation de savoirs, des innovations techniques ou artistiques, des tensions, conflits ou convergences. Une nouvelle façon de questionner ce qui fait date en histoire et de raconter l'Europe.
Gaudichon Bruno ; Matamoros Joséphine ; Léal Brigi
Résumé : Picasso grandit en Espagne, dans une société marquée par des traditions populaires inculquées très tôt aux enfants. Il utilise ensuite les référents de cette culture traditionnelle dans la construction de son oeuvre, bien souvent en les détournant. C'est le cas par exemple lorsqu'il peint des ex-voto, destinés à invoquer les saints ou à servir d'exutoire. Picasso s'approprie les codes et les savoir-faire artisanaux en partant des modèles traditionnels qu'il emploie afin de servir ses préoccupations plastiques. Tout au long de son parcours d'artiste, il n'a de cesse de revenir sur les bases acquises pendant sa jeunesse en Espagne et les revisite à travers un grand nombre de thématiques, parmi lesquelles figurent le cirque, la tauromachie ou les instruments de musique, et par le biais de nombreuses techniques : céramique, orfèvrerie, linogravure ou travail du métal par exemple. Cet ouvrage propose une lecture inédite de l'oeuvre de Picasso en l'inscrivant dans une perspective plus large que celle strictement artistique. Des objets-références issus des collections du musée national des Arts et Traditions populaires transférées au Mucem constituent des éléments de comparaison pour les oeuvres de Picasso ayant trait à ces thèmes et techniques propres à l'artisanat et aux traditions populaires. Deux entretiens inédits, avec Claude Picasso et Lionel Prejger, viennent compléter les récits des collaborations de Picasso avec les meilleurs artisans de son époque. Ils révèlent encore le génie de l'artiste, qui a su magnifier l'artisanat pour gommer, dans son oeuvre, la frontière qui le sépare des beaux-arts.
Résumé : Dans les années 1800-1840 domine l'idée que les lectrices ne s'approprieraient pas correctement les livres. Leur accès au savoir est limité, sous peine de mettre en péril l'équilibre entre les sexes. Contre ces préjugés, Isabelle Matamoros nous plonge au plus près du quotidien des lectrices et de leurs pratiques. Elle propose non une histoire des représentations et des discours sur la lecture des femmes, mais une histoire genrée de la lecture avec les femmes. Que lisaient-elles ? Quel sens donnaient-elles à leurs lectures ? Ce qui rapproche les femmes qui composent la biographie chorale de ce livre c'est qu'elles lisent. Un peu, beaucoup ; dans leur jeunesse ou tout au long de leur vie ; de manière hésitante ou plus experte ; des romans, de l'histoire ou de la philosophie ; seules, par-dessus l'épaule d'un frère ou d'uni père, entre femmes, ou en société. Si les récits des femmes ici convoqués témoignent du poids des normes, ils laissent surtout transparaître de nombreux usages du livre : se distraire, s'échapper du quotidien, débattre, apprendre, enseigner, ou agir en politique. Et surtout, dans une France corsetée par le Code civil, le désir de s'émanciper.
Que peut-il bien y avoir de commun entre Mai 68 et le mouvement des Gilets jaunes ? Cinquante ans après, l'"événement" parle encore, et les objectifs portés par les mouvements de contestation trouvent un écho avec les Gilets jaunes ? : les salaires, la reconnaissance sociale, la démocratie. La recherche d'une démocratie active, réelle et à tous les échelons de la société trace un fil entre les deux moments. Ce livre propose de retisser une analyse replaçant le mouvement des Gilets jaunes dans la longue chaîne de mouvements populaires porteurs d'aspirations démocratiques radicales qui se sont manifestés à l'échelle internationale depuis les années 1960. De longue date, la protestation sociale est porteuse des préoccupations écologiques, de la demande de transformation radicale du travail, d'une volonté d'organisation démocratique et collective des entreprises et des services publics, ainsi que d'une démocratie sous le contrôle direct du plus grand nombre pour développer ce qui peut et doit être commun. Ce que disent les mouvements populaires et les contestations radicales compose une sorte de projet, un espoir autant qu'un programme qui reste à écrire ? : Mai 68 est un arbre de la liberté comme le furent ceux plantés en 1793 en France. Pour renouer ce fil, l'auteur étudie avec précision ce qui s'est passé, dans les entreprises, les services, les villes et les universités, ce qu'ont fait les divers partis et organisations afin de tenter d'élucider pourquoi il s'agissait alors d'une "révolution sans révolution". Un livre qui permet de comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle qui appelle à reconstruire un espoir en confrontant ces réflexions aux questions posées par les Gilets jaunes.
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.
Le capitalisme triomphant des années 1990 a perdu de sa superbe. Après avoir promis monts et merveilles, il s'est mué en une machine infernale produisant de la régression sociale et des inégalités, incapable de faire face au changement climatique, et sécrétant une montée générale de l'autoritarisme en lieu et place de la démocratie promise. Face à cela, les programmes de la gauche institutionnelle estiment qu'il faut repartager les richesses et orienter le capitalisme dans le sens de l'intérêt général. Si les profits des entreprises n'ont jamais été aussi imposants, ne pourrait-on pas les réduire pour faire place à plus de social et d'écologie, se demandent-ils ?? Mais ce n'est guère possible car la valeur de l'entreprise est spéculative et déterminée par les anticipations des dividendes. Si les profits sont moindres, les valorisations baisseront et les actionnaires cesseront d'investir même si l'entreprise gagne de l'argent. Une politique sociale et écologique sérieuse doit donc exproprier les actionnaires pour laisser place à des entreprises autogérées par leurs salariés, les usagers et les citoyens. Une nouvelle définition de la démocratie se dessine : une rencontre permanente entre des travailleurs et des usagers ou citoyens pour décider et réaliser ensemble. Le livre se conclut sur l'amorce d'un programme de transformation qui conjugue des mesures sociales et écologiques avec une stratégie d'éviction des actionnaires. Afin de faciliter la compréhension des mécanismes économiques ou de compléter ses connaissances, le livre renvoie à des "tutoriels" en ligne (economie.org) où l'auteur décrypte le fonctionnement de la finance, de l'argent ou encore de la macro-économie. Outil pédagogique, le livre est articulé avec les apports aujourd'hui indispensables de l'apprentissage et de l'acquisition des connaissances en ligne. L'ouvrage engage une réflexion sur le dépassement de la notion même de propriété des moyens de production et trace une voie de transition pour en sortir.
En 2010, Lula quittait la présidence du Brésil avec 80% d'approbation et des indicateurs économiques au beau fixe. Moins d'une décennie plus tard, Dilma Rousseff qui lui a succédé est destituée par un coup d'Etat parlementaire et Lula est emprisonné à la suite d'un procès politique. Pire, l'élection présidentielle de 2018 a livré le pays à un militaire d'extrême droite. Que s'est-il donc passé? ? fabio luis barbosa dos santos tente d'y répondre en brossant le portrait des mandats du Parti des travailleurs à la tête du pays. Il montre la dérive d'un parti qui fut le centre de gravité des luttes sociales au début des années 1980 pour finir par devenir le "bras gauche" de l'ordre en vigueur au cours des années 2000. Essai sur l'histoire récente du Brésil, ce livre revient aussi sur l'arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro et scrute le chapitre brésilien du glissement mondial vers un néolibéralisme toujours plus violent, autoritaire et inégalitaire.