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Le pouvoir des lectrices. Une histoire de la lecture au XIXe siècle
Matamoros Isabelle
CNRS EDITIONS
24,99 €
Épuisé
EAN :9782271151698
Dans les années 1800-1840 domine l'idée que les lectrices ne s'approprieraient pas correctement les livres. Leur accès au savoir est limité, sous peine de mettre en péril l'équilibre entre les sexes. Contre ces préjugés, Isabelle Matamoros nous plonge au plus près du quotidien des lectrices et de leurs pratiques. Elle propose non une histoire des représentations et des discours sur la lecture des femmes, mais une histoire genrée de la lecture avec les femmes. Que lisaient-elles ? Quel sens donnaient-elles à leurs lectures ? Ce qui rapproche les femmes qui composent la biographie chorale de ce livre c'est qu'elles lisent. Un peu, beaucoup ; dans leur jeunesse ou tout au long de leur vie ; de manière hésitante ou plus experte ; des romans, de l'histoire ou de la philosophie ; seules, par-dessus l'épaule d'un frère ou d'uni père, entre femmes, ou en société. Si les récits des femmes ici convoqués témoignent du poids des normes, ils laissent surtout transparaître de nombreux usages du livre : se distraire, s'échapper du quotidien, débattre, apprendre, enseigner, ou agir en politique. Et surtout, dans une France corsetée par le Code civil, le désir de s'émanciper.
Civilisatrice et destructrice, la pensée coloniale classifie et condamne. Au Mexique, elle assimile les Indiens à des " barbares " et à des " sauvages incultes " qu'il faut éduquer et " civiliser ". La pensée des vainqueurs, dans ses dimensions religieuses, mystiques, messianiques, utopiques et politiques, accompagne les barbaries expansionnistes qu'elle pare des vertus de la " modernité " et de la " civilisation ". Ces réflexions sur le 16e siècle ne se limitent pas au passé. En effet, malgré la distance historique et les éradications, le passé des vaincus n'est pas mort. Les identités contemporaines meurtries font resurgir de la mémoire des peuples vaincus et asservis des actions libératrices. Ce livre permet d'appréhender les cinq siècles d'oppression qui se sont déroulés depuis la " découverte " de 1492. On peut, ce faisant, comprendre au présent les discours et les actions de l'Armée zapatiste de libération nationale du sous-commandant Marcos, qui a déclenché son soulèvement au Chiapas précisément en 1992, lors du cinquième centenaire de la " découverte ". L'auteur nous propose un rendez-vous du passé avec l'espérance salvatrice du présent qui questionne la marche triomphale de la " raison " capitaliste.
Au début du XXe siècle, Céret est une petite ville à l'urbanisation très dense, aux rues étroites, structurées par de hautes maisons bien intégrées dans le paysage. À proximité, le petit port de pêche de Collioure, devenu le haut lieu du Fauvisme en accueillant dès 1905 Matisse et Derain. En 1910, trois artistes font de la ville un foyer de l'avant-garde cubiste: Manuel Martinez Hugué (dit Manolo), Déodat de Séverac et Frank Burty Haviland. Ils seront suivis par bien d'autres, venus de Montmartre et du Bateau-Lavoir: Picasso dès 1911, puis Braque, Juan Gris, Max Jacob, Auguste Herbin, Picabia. A la fin de l'été 1911, Picasso y travaille de concert avec Braque. Juan Gris rejoint Picasso en 1913 et revient en 1921-1922, peignant de magnifiques paysages des collines du col de Boussells et du mont Canigou. Pinchus Krémègne partagera sa vie entre Paris et Céret de son arrivée dans la ville en 1918 jusqu'à sa mort en 1981. Soutine, son condisciple à l'école des beaux-arts de Vilnius, le rejoint de 1919 jusqu'à 1922. Les toiles qu'il réalise à Céret sont marquées par un style violent, expressif et intense. Céret est aussi un lieu d'asile des artistes et des intellectuels parisiens, comme, Jean Cassou, Cocteau, Marc Saint-Saëns, Raoul Dufy et Albert Marquet, qui y trouvent refuge en 1940. C'est ce passage des artistes les plus importants, du début du XXe siècle aux représentants de la création contemporaine, que cet ouvrage se propose de raconter au fil des paysages.
Cohen Déborah ; Gay Vincent ; Matamoros Isabelle ;
Comment devient-on sujet politique ? Comment ce processus s'alimente-t-il des conflits sociaux ? Comment les individus se transforment-ils au gré de leur politisation ? Depuis une vingtaine d'années. les sciences sociales explorent ces questions d'un regard nouveau, à l'aide du concept de subjectivation politique. Sociologues, anthropologues, historiens et politistes testent ce concept philosophique sur leurs terrains : des pratiques militantes, religieuses. éducatives. sexuelles, culturelles ou économiques sont lues au prisme des processus de subjectivation. Ce livre en constitue la première synthèse scientifique. Il interroge les enquêtes et les sources, les méthodologies et les méthodes de recherche auxquelles ouvre l'analyse de la subjectivation politique. Celle-ci met enjeu une pluralité de processus de désidentification et de réidentification qui invalident la naturalité supposée du sujet (social, politique, racial, sexuel). Les trajectoires de subjectivation politique évoquées au fil du livre concernent des parcours d'individus, de groupes, de collectifs situés en marge des normes dominantes. Qu'elles soient genrées. racisées, religieuses, économiques, militantes ou partisanes, les identités assignées ou revendiquées par ces individus sont minoritaires. En documentant empiriquement leur devenir sujet, les enquêtes réunies ici interrogent toute l'ambivalence des rapports de domination et les possibilités d'émancipation qui se jouent en leur sein. Ce faisant, elles déplacent le regard sur le politique : souvent réduit à sa dimension professionnelle ou institutionnelle. il est appréhendé de manière plus phénoménologique comme horizon de l'agir en commun.
Happé par la lumière du midi et ne voulant plus subir les contraintes d'aucune théorie, Matisse arrive le 16 mai 1905, pour passer l'été, dans le petit port catalan de Collioure. Là, racontera-t-il plus tard, "travaillant devant un paysage exaltant, je ne songeais qu'à faire chanter mes couleurs, sans tenir compte de toutes les règles et les interdictions". Le jeune Derain le rejoint au début de juillet. Une solide amitié se noue entre les deux hommes, engendrant une collaboration picturale d'une rare fécondité. A la fin de l'été, les deux artistes ont énormément produit. De ces quelques semaines d'intense activité naissent d'éclatants chefs-d'oeuvre dont la violence et l'aspect parfois inachevé vont dérouter le public parisien. C'est le début du fauvisme, qui marquera le XXe siècle. L'exposition "Matisse-Derain: Collioure 1905, un été fauve" rassemble les oeuvres faites à Collioure et parfois terminées à Paris. Les problèmes de la couleur pure sont primordiaux dans la construction du tableau et la libération des artistes face au sujet. Les oeuvres réalisées par Matisse et Derain à Collioure sont réunies et confrontées pour la première fois aux paysages encore intacts aujourd'hui, créant ainsi un événement à la fois plastique et culturel. Un travail de recherche approfondi a été effectué pour l'attribution des oeuvres à Collioure. Par ailleurs, leur confrontation avec les photographies de l'époque démontre l'importance du sujet et du site de Collioure.
Jessus Catherine ; Gaude Thierry ; Fuchs Alain ; L
Résumé : Qu'est-ce que la vie ? Quelles sont ses origines ? Quelle est la frontière entre le "soi" et le "non-soi" ? Quel est le propre de l'homme ? Ce livre invite à un voyage au coeur du vivant qui plonge le lecteur depuis les toutes premières formes de vie sur terre jusqu'au sein de la complexité du vivant. Il donne à voir les applications étonnantes qui en découlent dans les domaines biotechnologiques et médicaux. Le lecteur parcourra ainsi l'immensité insoupçonnée de la biodiversité et les capacités extraordinaires des êtres vivants à s'adapter aux conditions les plus extrêmes. Il découvrira les liens de parenté entre organismes qui définissent l'arbre de la vie, les interactions entre les composants de tout être vivant, l'impact de l'environnement sur l'évolution et le fonctionnement des organismes, et les promesses d'innovations contenues dans ces révolutions scientifiques et technologiques Ce livre est le témoignage passionné d'une communauté de chercheurs en sciences de la vie qui espèrent donner le goût de la nature et susciter la curiosité vis-à-vis des terrains inconnus et immenses qu'il reste à explorer. C'est au prix d'une recherche qui requiert du temps, des prises de risque, de l'imagination, de la créativité et de la liberté que les grands tournants des sciences de la vie du XXIe siècle ont pris corps. Et c'est à ce prix que ces sciences continueront à être porteuses d'avenir et de progrès. Ce livre est le témoignage passionné d'une centaine de scientifiques qui ont contribué à sa rédaction pour partager leur émerveillement face aux découvertes et aux promesses portées par les sciences du vivant de ce début de siècle.
En bref A l'heure où les islams se déchirent, et où les frontières d'Orient volent en éclat, une plongée dans l'histoire de la Question d'Orient. Le livre Depuis le XVIIIe siècle et jusqu'à aujourd'hui, la zone qui s'étend des Balkans à l'Afghanistan cristallise des tensions aussi bien internationales que propres à l'"Orient". Ce sont ces tensions que Jacques Frémeaux analyse dans cette synthèse innovante, en les replaçant dans le temps long. De la volonté de contrôle de la route des Indes à la convoitise des hydrocarbures qu'elle recèle, cette région n'a en effet cessé de faire l'objet d'affrontements entre les grandes puissances. Ce vaste espace a ainsi constitué, depuis l'entrée des flottes de la tsarine Catherine II en Méditerranée (1770), un champ disputé par la Russie et l'Angleterre, avant de se retrouver, après 1945, au cour du conflit opposant la Russie et les Etats-Unis. Mais, d'ouest en est, ce sont surtout des peuples qui se succèdent, qui se cherchent et se déchirent entre les séductions de la modernité et le refus que lui oppose la tradition. L'"Orient", qui s'affirme toujours plus comme exclusivement musulman, devient alors un objet de fascination et de peur pour un "Occident" dominateur et manipulateur. Après le temps des empires (ottoman, persan et moghol des Indes) est venu celui des Etats-nations, souvent nés dans la douleur. Mais aucun changement n'a mis fin au "grand jeu" géopolitique, jalonné d'épisodes majeurs, de l'occupation de l'Egypte par Bonaparte à la dernière guerre du Golfe, et dont de nouveaux chapitres s'écrivent sous nos yeux. Auteur Jacques Frémeaux, professeur à l'université Paris-Sorbonne (Paris-IV) est membre de l'Institut universitaire de France et de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer. Il a notamment publié, parmi une vingtaine de titres, De quoi fut fait l'Empire. Les guerres coloniales au XIXe siècle (CNRS Editions, coll. Biblis, 2014) et La conquête de l'Algérie (2016). Arguments - Programme de l'agrégation en histoire contemporaine. - Clés pour décrypter les crises du Moyen Orient.
Pour nos contemporains les pirates et les corsaires se résument aux aventures flamboyantes de marins dans la mer des Caraïbes ou aux attaques de farouches brigands au large de la Somalie. Moins réductrice, la réalité est à la fois multiple, passionnante et souvent plus riche que la fiction. L'Histoire des corsaires et des pirates propose un tableau de ces phénomènes maritimes sur la longue durée, jalonnée de figures mythiques comme Drake, Surcouf, Duguay-Trouin, Dragut, Barberousse, Koxinga. Elle est un voyage dans le temps, des raids maritimes vikings au Moyen Age à la piraterie pratiquée en Asie de Sud-Est de nos jours. Elle est aussi un voyage dans l'espace à travers les mers et les océans, de la Méditerranée aux Antilles, en passant par la mer de Chine et les rives de l'océan Indien, sans omettre le continent américain. Un intérêt est également accordé à l'ancrage de la piraterie dans nos mémoires, à l'élaboration de mythes et à leurs prolongements dans les mondes virtuels du cinéma, de la BD et des jeux électroniques.
Résumé : Début 2016, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Mein Kampf ressort en Allemagne dans une édition scientifique. Dans le même temps, l'éditeur historique de la traduction française annonce son intention de republier l'ouvrage dûment accompagné d'un appareil critique. Comment expliquer la postérité de ce pensum dont les divagations racistes et complotistes apparaissaient déjà comme telles à l'époque ? La réponse à la question ne serait-elle pas à chercher dans la forme plutôt que dans le fond de cet ouvrage ? En plus d'être le manifeste du national-socialisme, Mein Kampf ne serait-il pas en effet l'archétype d'un genre littéraire bien particulier, celui adopté par des leaders amenés à devenir autocrates, et mêlant propagande, manipulation et autobiographie ? En s'immergeant dans le livre, Albrecht Koschorke fait ressortir les procédés visant à rendre irréfutables les propos avancés, attire l'attention sur la construction de l'ouvrage, les transitions des expériences personnelles aux stigmatisations globalisantes, les changements de registres d'écriture, désintrique les niveaux de lecture et éclaire les divers publics visés. Une approche originale qui, dans la perspective de la prise du pouvoir, s'intéresse moins à la "doctrine" postulée de Mein Kampf qu'à sa "poétique" conjuguant autoritarisme et inconsistance intellectuelle.