Happé par la lumière du midi et ne voulant plus subir les contraintes d'aucune théorie, Matisse arrive le 16 mai 1905, pour passer l'été, dans le petit port catalan de Collioure. Là, racontera-t-il plus tard, "travaillant devant un paysage exaltant, je ne songeais qu'à faire chanter mes couleurs, sans tenir compte de toutes les règles et les interdictions". Le jeune Derain le rejoint au début de juillet. Une solide amitié se noue entre les deux hommes, engendrant une collaboration picturale d'une rare fécondité. A la fin de l'été, les deux artistes ont énormément produit. De ces quelques semaines d'intense activité naissent d'éclatants chefs-d'oeuvre dont la violence et l'aspect parfois inachevé vont dérouter le public parisien. C'est le début du fauvisme, qui marquera le XXe siècle. L'exposition "Matisse-Derain: Collioure 1905, un été fauve" rassemble les oeuvres faites à Collioure et parfois terminées à Paris. Les problèmes de la couleur pure sont primordiaux dans la construction du tableau et la libération des artistes face au sujet. Les oeuvres réalisées par Matisse et Derain à Collioure sont réunies et confrontées pour la première fois aux paysages encore intacts aujourd'hui, créant ainsi un événement à la fois plastique et culturel. Un travail de recherche approfondi a été effectué pour l'attribution des oeuvres à Collioure. Par ailleurs, leur confrontation avec les photographies de l'époque démontre l'importance du sujet et du site de Collioure.
Revue de presse Ouvrage publié à l'occasion de l'exposition présentée à Céret, musée d'Art moderne, du 12 juin au 19 septembre 2004, et à Roubaix, La Piscine-musée d'art et d'industrie André Diligent, du 9 octobre 2004 au 9 janvier 2005.
Cohen Déborah ; Gay Vincent ; Matamoros Isabelle ;
Comment devient-on sujet politique ? Comment ce processus s'alimente-t-il des conflits sociaux ? Comment les individus se transforment-ils au gré de leur politisation ? Depuis une vingtaine d'années. les sciences sociales explorent ces questions d'un regard nouveau, à l'aide du concept de subjectivation politique. Sociologues, anthropologues, historiens et politistes testent ce concept philosophique sur leurs terrains : des pratiques militantes, religieuses. éducatives. sexuelles, culturelles ou économiques sont lues au prisme des processus de subjectivation. Ce livre en constitue la première synthèse scientifique. Il interroge les enquêtes et les sources, les méthodologies et les méthodes de recherche auxquelles ouvre l'analyse de la subjectivation politique. Celle-ci met enjeu une pluralité de processus de désidentification et de réidentification qui invalident la naturalité supposée du sujet (social, politique, racial, sexuel). Les trajectoires de subjectivation politique évoquées au fil du livre concernent des parcours d'individus, de groupes, de collectifs situés en marge des normes dominantes. Qu'elles soient genrées. racisées, religieuses, économiques, militantes ou partisanes, les identités assignées ou revendiquées par ces individus sont minoritaires. En documentant empiriquement leur devenir sujet, les enquêtes réunies ici interrogent toute l'ambivalence des rapports de domination et les possibilités d'émancipation qui se jouent en leur sein. Ce faisant, elles déplacent le regard sur le politique : souvent réduit à sa dimension professionnelle ou institutionnelle. il est appréhendé de manière plus phénoménologique comme horizon de l'agir en commun.
Gaudichon Bruno ; Matamoros Joséphine ; Léal Brigi
Résumé : Picasso grandit en Espagne, dans une société marquée par des traditions populaires inculquées très tôt aux enfants. Il utilise ensuite les référents de cette culture traditionnelle dans la construction de son oeuvre, bien souvent en les détournant. C'est le cas par exemple lorsqu'il peint des ex-voto, destinés à invoquer les saints ou à servir d'exutoire. Picasso s'approprie les codes et les savoir-faire artisanaux en partant des modèles traditionnels qu'il emploie afin de servir ses préoccupations plastiques. Tout au long de son parcours d'artiste, il n'a de cesse de revenir sur les bases acquises pendant sa jeunesse en Espagne et les revisite à travers un grand nombre de thématiques, parmi lesquelles figurent le cirque, la tauromachie ou les instruments de musique, et par le biais de nombreuses techniques : céramique, orfèvrerie, linogravure ou travail du métal par exemple. Cet ouvrage propose une lecture inédite de l'oeuvre de Picasso en l'inscrivant dans une perspective plus large que celle strictement artistique. Des objets-références issus des collections du musée national des Arts et Traditions populaires transférées au Mucem constituent des éléments de comparaison pour les oeuvres de Picasso ayant trait à ces thèmes et techniques propres à l'artisanat et aux traditions populaires. Deux entretiens inédits, avec Claude Picasso et Lionel Prejger, viennent compléter les récits des collaborations de Picasso avec les meilleurs artisans de son époque. Ils révèlent encore le génie de l'artiste, qui a su magnifier l'artisanat pour gommer, dans son oeuvre, la frontière qui le sépare des beaux-arts.
Civilisatrice et destructrice, la pensée coloniale classifie et condamne. Au Mexique, elle assimile les Indiens à des " barbares " et à des " sauvages incultes " qu'il faut éduquer et " civiliser ". La pensée des vainqueurs, dans ses dimensions religieuses, mystiques, messianiques, utopiques et politiques, accompagne les barbaries expansionnistes qu'elle pare des vertus de la " modernité " et de la " civilisation ". Ces réflexions sur le 16e siècle ne se limitent pas au passé. En effet, malgré la distance historique et les éradications, le passé des vaincus n'est pas mort. Les identités contemporaines meurtries font resurgir de la mémoire des peuples vaincus et asservis des actions libératrices. Ce livre permet d'appréhender les cinq siècles d'oppression qui se sont déroulés depuis la " découverte " de 1492. On peut, ce faisant, comprendre au présent les discours et les actions de l'Armée zapatiste de libération nationale du sous-commandant Marcos, qui a déclenché son soulèvement au Chiapas précisément en 1992, lors du cinquième centenaire de la " découverte ". L'auteur nous propose un rendez-vous du passé avec l'espérance salvatrice du présent qui questionne la marche triomphale de la " raison " capitaliste.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.