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Archives de sciences sociales des religions N° 137, janvier-mars 2007
Mary André ; Gross Martine ; Mathieu Séverine ; De
EHESS
22,00 €
Épuisé
EAN :9782713221422
Les pères fondateurs de la sociologie se rendent toujours utiles pour aider à comprendre un monde sécularisé mais traversé de courants religieux divers et concurrents. Premier à théoriser la nature sociale du fait religieux, Émile Durkheim a également fondé l'existence morale de la société sur l'individu. Un retour sur les multiples formes de " charisme spécifique " définies par Max Weber montre en complément comment tout système de valeurs fait corps avec les individus qui les font rayonner. D'expériences intimes mais travaillées de valeurs traditionnelles, il en est aussi des arbitrages que livrent certains couples mixtes, français d'aujourd'hui d'origine juive et chrétienne, qui se posent la question de faire circoncire ou pas un enfant. Face à la question, encore plus délicate peut-être, de la reconnaissance de l'homosexualité ou de l'homoparentalité, les institutions religieuses, ici le judaïsme contemporain, peinent à statuer hormis le pur interdit ou le renvoi moins orthodoxe aux petits arrangements de la vie privée. Nous déplaçant dans le temps et l'espace, les relations mouvementées entre les religions et l'État japonais des Tokugawa (XVIIe-XIXe siècles) mettent en relief un mixte d'intransigeance et de tolérance à l'égard des formations religieuses venues d'ailleurs comme le christianisme ou le confucianisme, au gré des configurations de palais et des champs de bataille. L'Inde contemporaine qui relève la tête offre à cet égard un tableau symbolique encore plus bigarré. Ses nouveaux mouvements hindouistes, animés de " gourous flottants " ouverts au monde, cumulent les charismes, de l'intercession traditionnelle avec les dieux jusqu'à la prestation de service humanitaire en passant par les techniques occidentales de développement personnel. Au même moment, dans les brumes islandaises, des enfants sérieux de Luther se réunissent, les dimanches soir à Reykjavik, pour faire parler les esprits des ancêtres. Sur les étagères, des figurines de Shiva, de Jésus et d'elfes assistent, impassibles, bienveillantes ou amusées, au dialogue enjoué avec l'au-delà. En somme, une varia de la troisième mondialisation qui réduit la distance entre les dieux et les hommes, multiplie leurs relations et déplace les frontières de l'interdit.
Génie ou anomie du syncrétisme, dans ses productions culturelles et religieuses, anciennes et modernes ? Entre l'éloge contemporain du génie du bric-à-brac, l'enchantement des métissages ou des cultures baroques et la dénonciation récurrente de la pathologie des mélanges impurs, des formes hybrides qui caractérisent les cultures à l'agonie, le terme " syncrétisme " ne cesse de se charger de valeurs contradictoires et suscite des attitudes ambivalentes. Au regard de l'histoire des religions, et notamment de l'histoire missionnaire africaine, les syncrétismes viennent surtout témoigner du danger de contamination de la vraie religion par les cultes païens. Les anthropologues, après avoir partagé la même horreur du mélange au regard cette fois de l'authenticité des cultures traditionnelles, ont fini par se convertir à l'idée que le syncrétisme est surtout réinterprétation et ruse symbolique. De là à penser que le malin génie des cultures africaines, afrobrésiliennes ou amérindiennes constitue une anticipation ou un miroir de l'hybridité de la culture postmoderne, il n'y a qu'un pas, peut-être un peu vite franchi. Lorsqu'on se penche sur les logiques du travail syncrétique qui opère au sein des cultures dites " syncrétiques ", on s'aperçoit qu'il devient difficile d'amalgamer la plasticité des cultures païennes, les contraintes de la création par bricolage et les collages de la postmodernité. Syncrétisme et hybridité, métissage et bricolage, cet ouvrage propose d'aller au-delà de la séduction des métaphores en présence et de prendre au sérieux, parmi d'autres, les pré-contraintes que suppose l'outil d'analyse que représente le bricolage en l'appliquant aux productions religieuses de l'Afrique contemporaine.
Ce recueil, qui fait suite à La Chambre des Dames, groupe trois histoires du XIIe siècle, tour à tour pittoresques, dramatiques et pathétiques : L'Enfance d'Eracle, tirée du poème où Gautier d'Arras a exploité les traditions légendaires relatives à l'empereur Héraclius ; Cligès et Fenice, version un peu allégée de la seconde partie de l'oeuvre de Chrétien de Troyes qui eut, au Moyen Age, presque autant de retentissement que le roman de Tristan ; Guillaume d'Angleterre, ouvrage curieux du même auteur, un chef-d'oeuvre de narration qui est en somme une espèce de vie de saint traitée par un poète de cour. L'Ecoufle, le roman de Jean Renart qui termine le volume, est une gracieuse histoire, légèrement libre par endroits, décrivant les milieux aristocratiques que fréquentait l'auteur.
Résumé : " Ami Trista,... quand je vous vois mort, je n'ai plus de raisons de vivre. Vous êtes mort pour mon amour, et je meurs de tendresse et du regret de n'avoir pu vous secourir. Ami, ami, je n'aurai plus jamais soulas, confort, joie et santé. Maudite soit cette tempête qui me fit demeurer en mer ! Si je fusse venue à temps, je vous eusse rendu la vie, et vous eusse parlé longuement, doucement de nos amours ; je vous eusse rappelé nos aventures, nos joies et nos peines, tout ce qui fut notre étrange destinée. Puisque je n'ai pu vous rappeler à la vie, qu'au moins je vous rejoigne dans la mort, que j'ai confort avec vous, comme autrefois, du même breuvage. " " Tristan et Iseut ne s'aiment pas, ils l'ont dit et tout le confirme. Ce qu'ils aiment, c'est l'amour, c'est le fait même d'aimer " (Denis de Rougemont).
Septembre 1993 : Serge Moscovici devient docteur honoris causa de l'université de Séville. Le discours qu'il prononce alors allie bilan critique de la théorie des représentations sociales. retour réflexif sur son propre parcours et nouveaux horizons de recherche. Avec ce texte inédit. Moscovici érige la psychologie sociale, dont il est l'un des fondateurs, en véritable anthropologie du monde contemporain.
Dans une Italie communale qui bénéficie, au cours des XIIe et XIIIe siècles d'un essor sans précédent de la production et des échanges, le paysage urbain se hérisse de tours, tandis que les rues résonnent en permanence du pas de ces puissants chevaux de guerre qui peuplent tant de fresques et de tableaux de la première Renaissance. Tours et chevaux symbolisent la supériorité d'une classe sociale, la militia, qui pendant longtemps restera ouverte à tous ceux qui ont les moyens d'acheter un cheval de guerre et de s'entraîner pour le combat monté. Composée pour l'essentiel de propriétaires fonciers, la militia n'en présente pas moins une grande diversité de conditions sociales qu'accentue encore la participation plus ou moins active de ses membres aux secteurs les plus dynamiques de l'économie marchande. Seuls en fait les profits tirés de la guerre et la défense des privilèges qui lui sont reconnus en échange de ses prestations militaires expliquent l'étonnante cohésion de cette classe et sa capacité à perpétuer un système de domination qui s'identifie, jusqu'au début du XIIIe siècle, avec le régime des consuls. Et pourtant, la militia se verra contrainte, en l'espace de quelques décennies, de renoncer à ses privilèges et d'abandonner le pouvoir à de nouvelles catégories de la population regroupées sous la bannière du popolo. Comment expliquer une débâcle aussi rapide ? Par l'irrésistible montée en puissance du popolo, sans aucun doute, et par les décisions internes de la militia. Mais elle apparaît plus encore comme la conséquence inévitable d'une culture de la haine qui, malgré tous les mécanismes destinés à en limiter les effets, conduit à l'implosion d'un tel système de domination.
Georges Guille-Escuret bouscule un des tabous de la civilisation: le cannibalisme. II soumet au crible d'une analyse incisive le regard porté par les sciences sociales sur l'anthropophagie. Entre les récits d'explorateurs, les témoignages de missionnaires et les commentaires de savants, se dessine une épistémologie à double sens, portant sur la confrontation entre la culture des peuples observés et celle des observateurs. Le cannibalisme se révèle une formidable loupe pour observer les antagonismes de pensée autour du rapport nature/culture. Il permet aussi de mettre au jour la dimension historique de l'exotisme. Ce livre, tout en réinsérant le cannibalisme parmi les sujets anthropologiques, prétend combattre efficacement l'ethnocentrisme et le mépris du "sauvage" dans la "civilisation".