Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La reformulation : un principe universel d'acquisition
Martinot Claire ; Ibrahim Amr-H
KIME
26,40 €
Épuisé
EAN :9782841743162
C'est à travers différents types de reformulations que les enfants acquièrent leur langue. Ce postulat est, ici, largement démontré par les résultats convergents de 19 chercheurs travaillant dans 10 pays différents (Canada, Croatie, Etats-Unis, France, Italie, Pologne, Roumanie, Russie, Soudan, Togo) qui présentent des expériences menées selon le même protocole, la restitution d'un conte, avec des enfants de 4 à 12 ans, dans les langues maternelles, ou dans certains cas langues secondes, suivantes : français, italien, roumain ; polonais, croate, russe, anglais, arabe standard moderne, arabe palestinien, tunisien, gengbe. La thèse d'une acquisition fondée sur des procédures de reformulation constitue une explication à la fois linguistique et acquisitionnelle par rapport aux paradigmes théoriques existants. L'enfant acquiert sa langue en transformant, selon des règles repérables, soit la forme, soit le sens des énoncés qu'il entend. Dans tous les cas, c'est ce différentiel entre énoncé source et énoncé reformulé qui constitue l'objet analysé dans cet ouvrage. Les recherches exposées montrent dans le détail comment les enfants se sont appropriés selon des parcours différents mais parallèles et en définitive équivalents, des mécanismes linguistiques parfois fort complexes. Elles montrent aussi que ces mécanismes, souvent spécifiques à chaque langue, ne relèvent ni d'une logique rationnelle ni d'une psychologie universelle mais d'une authentique linguistique de l'acquisition dont ce livre inaugure l'immense chantier.
Résumé : De 1962 à 1968, Leonard Freed a sillonné les Etats-Unis pour réaliser un reportage éminemment personnel et engagé sur la vie quotidienne des Noirs dans le pays : des rues des villes, des prisons, des fanfares et des communautés rurales, vivant joyeusement, pacifiquement ou avec défiance durant cette période décisive de grande lutte sociale. Cette oeuvre, à ce jour inédite en France, dresse le portrait d'une population résiliente au sein d'un système inégalitaire et révèle une humanité ordinaire. Leonard Freed ne cherchait pas à provoquer l'indignation mais à élargir la compréhension de ses contemporains et à combler les divisions culturelles, offrant par là même un moyen de transcender la haine raciale. L'Amérique a oeuvré à résorber les divisions raciales depuis que Freed s'est penché sur la question dans les années 1960. Pourtant, cette exploration approfondie et évocatrice du passé collectif de l'Amérique trouve incontestablement des échos chez ceux qui s'y plongent aujourd'hui.
Résumé : Réunissant les voix d'hommes et de femmes de tous âges, les histoires contenues de cet ouvrage sont des expériences réelles de violence sexuelle, de violence et de harcèlement. Tu pourrais me remercier rappelle aux victimes qu'elles ne sont pas seules et à tous qu'aucune agression n'est anodine.
Kupper Claire ; Luntumbue Michel ; Martinot Pierre
Y'en a marre de rester les bras croisés." Le 16 janvier 2011, Dakar est plongée dans le noir. Cette nouvelle panne d'électricité sera la goutte de trop, l'étincelle qui fera bouger Thiat et Kilifeu, deux jeunes rappeurs, et leur ami journaliste, Cheikh Fadel Barro. Ce soir-là germe l'idée de créer un mouvement citoyen. Deux jours plus tard, Y'en a marre (YAM) est officiellement lancé. La capitale sénégalaise accueille alors le Forum social mondial, une formidable tribune pour dénoncer l'injustice sociale et la corruption, prôner une nouvelle culture politique... Le discours passe rapidement les frontières, touche d'autres jeunes du continent tout aussi révoltés par un contexte sociopolitique bloqué ; des initiatives similaires voient le jour. Voici venu le temps des "nouveaux contestataires". L'art et la musique font partie de leur arsenal de mobilisation, les réseaux sociaux et Internet permettent de propager rapidement les messages, de mettre en place tout un dispositif de "subversion" redoutable. Ce livre dresse le portrait de quatre mouvements : Y'en a marre (Sénégal), Le Balai citoyen (Burkina Faso), Filimbi et LUCHA (RD Congo). Quel est le contexte qui les a vus éclore ? S'inscrivent-ils dans une trajectoire d'engagement plus ancienne ? En quoi s'inspirent-ils de certaines figures historiques comme Lumumba, Sankara ou encore Amilcar Cabral et Mandela ? Quels rapports ces éveilleurs de consciences entretiennent-ils avec la classe politique ? Quelles sont les valeurs et la vision qui les animent ? Qu'en est-il des modes d'organisation et de leur financement ? Les auteurs s'efforcent de répondre à toutes ces questions tout en nous faisant découvrir une jeunesse indignée, en colère, mais debout, prête à s'engager pour une société plus juste, plus démocratique...
Résumé : Qui, de nos jours, contesterait que les symphonies de Beethoven, les concertos de Schumann et les sonates de Schubert sont des oeuvres musicales ? L'on découvre pourtant dans cet ouvrage que penser la musique en termes d'oeuvres ne va pas de soi : il n'en a pas toujours été ainsi, et le concept d'oeuvre lui-même varie au gré des époques. Cette enquête sur les origines de notre "musée imaginaire des oeuvres musicales" retrace les développements esthétiques, musicaux, politiques et sociaux qui, à partir de la fin du XVIIIe siècle, ont contribué à sa formation, puis à son institution. Pour répondre aux interrogations modernes sur la nature et les implications de la production d'oeuvres dans le champ musical, Lydia Goehr revendique un concept d'oeuvre ouvert, historique, immanent aux pratiques elles-mêmes. Il s'étend alors aux formes contemporaines de la musique désormais intégrées dans notre "musée", comme celles de John Cage, en rébellion contre l'oeuvre, et jusqu'aux genres tenus pour populaires, comme le jazz.
A l'occasion du centenaire Proust, la maladie personnelle de Marcel Proust est venue occuper la scène biographique sans toujours apercevoir toute la dimension idiosyncrasique de l'oeuvre. Car l'asthme dont souffre Marcel Proust comme une maladie chronique est redoublé ici par celui du Narrateur : son corps souffre autant de la maladie d'amour que de la maladie physique, à moins que la première n'ait déclenché la seconde. Pour cela le thème de la maladie est essentiel car il vient manifester le temps dans le corps ; il met aussi en péril la permanence du moi au point d'apercevoir qu'il n'était constitué que du temps passé, incorporé. Notre étude nous conduira ainsi d'une critique de la médecine comme science du corps objet à l'avènement du thème de la guérison. L'écriture de A la recherche du temps perdu comme métamorphose de toute maladie, facilite cette conversion du vécu intime de l'amour en vécu phénoménologique dégageant l'essence de l'amour. Forme d'exorcisme, l'écriture permet à tout un chacun de se reconnaître. Le narrateur nous ressemble puisque son récit nous touche en atteignant la condition commune, celle de la souffrance.
L'idéologie américaine repose sur un principe : chacun peut réussir dans ce pays s'il s'en donne la peine. Cette assertion a inspiré un concept : le rêve américain. Cependant, comme dans tout autre pays, seule une minorité connaît le succès. Si l'essentiel du cinéma américain fait l'apologie des Etats-Unis, il existe un faible pourcentage de cinéastes qui ont choisi, dès la naissance du parlant au moins, d'offrir une image beaucoup plus sombre de leur pays. Ainsi est né un personnage paradoxalement très américain, le loser, celui qui, pour avoir cru au rêve, paye le plus souvent sa conviction au prix de sa déchéance et même de sa vie. En réalité, le loser est le produit de trois données : l'histoire, qui repose sur un quasi-génocide et sur l'esclavage ; le calvinisme, qui fait de l'élection divine le moteur de toute existence ; le capitalisme qui privilégie absolument la réussite économique au détriment de la loi sociale. Avec plus ou moins de constance, tous les genres cinématographiques ont montré des personnages de losers, mettant ainsi en évidence une véritable sociologie des laissés-pour-compte. Ce faisant, le cinéma américain, montrant les tares d'une société productrice d'individus trahis par l'illusion à laquelle elle incite à croire, démontre à la fois que l'Amérique n'est pas l'Eden dans lequel les Pèlerins ont pensé pénétrer, et qu'elle est condamnée, comme le loser, à l'échec, parce qu'elle contient dans ses fondements les tares qui auront raison d'elle.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
La figure du voyageur-philosophe est volontiers associée aux récits de l'âge classique, qu'elle emprunte la forme de la fiction ou celle du témoignage autobiographique. Descartes fonde sa philosophie de la méthode sur l'expérience de l'errance et de l'exil ; jusqu'au XVIIIe siècle, le Voyage philosophique accompagne les grandes découvertes et l'ambition encyclopédique de recenser tous les territoires, les modes de gouvernement et les aires linguistiques. Les liens entre voyage et philosophie semblent ensuite se distendre, au fur et à mesure que s'autonomise la littérature et que se développent la promenade romantique et le voyage d'agrément. Mais peut-on réellement parler d'une fin, ou du moins d'une éclipse du voyage philosophique, et ce phénomène coïncide-t-il avec la fracture historique qui fait éclater le système des Belles-lettres où littérature, histoire et philosophie étaient encore unies ? Le présent ouvrage se propose d'interroger le devenir du voyage philosophique à partir du XIXe siècle et les formes de sa résurgence, à la fois du côté de la littérature et de la philosophie, dans un esprit de dialogue entre les disciplines. De Friedrich Nietzsche, qui élabore sa philosophie de l'esprit libre à partir de ses voyages, à Bruce Bégout, qui revisite la figure du philosophe-voyageur sous la forme du nomade motorisé, la pensée philosophique ne cesse d'être stimulée par l'errance ou d'orienter celle-ci. Y a-t-il lieu de distinguer une écriture philosophique et une écriture littéraire du voyage, et quelle est la place de l'expérience et du vécu, de la description ou de la conceptualisation, selon l'identité ou le champ de compétences que revendique le voyageur ? Voyager en philosophe renvoie aux multiples façons de décentrer l'écriture et la pensée, y compris pour proposer ce que Pierre Macherey appelle une "philosophie littéraire" : que fait la littérature de voyage à la philosophie, et inversement, que fait la philosophie à la littérature de voyage ?