Les pays capitalistes reconstruisent leur économie sur un espace social fracturé, où richesse et pauvreté se côtoient. Travail, logement, accès à la santé, aux loisirs... sont autant de signes d'appartenance au centre, la périphérie devient synonyme de ruptures multiples, de précarité, d'exclusion, de survie. Dans ce contexte dominé par le paradigme de la ségrégation, nombreuses sont les professions exposées à un écart croissant entre les demandes sociales urgentes et les réponses institutionnelles disponibles, écartelées entre la tendance à la pérennité et la nécessité de l'innovation. D'où, pour les salariés, le développement d'un sentiment d'impuissance, d'un désinvestissement, d'une lassitude générale... et de maladies psychosomatiques, autant d'indicateurs d'un phénomène d'épuisement professionnel. Dualisation de la société et emprise institutionnelle sont analysées ici comme deux des ressorts de ce phénomène social touchant de plus en plus les organisations. L'individu "pris" dans un système qu'il vit comme bloqué, soumis au stress permanent de la performance, ne perçoit plus d'autre issue que la fuite sous toutes ses formes...
Résumé : Dans un palace démodé d'une station balnéaire vit un jeune homme solitaire, Didier, qui passe ses journées à dévorer des romans. Un écrivain célèbre, Martin Zwiemann, arrive à son tour dans l'hôtel pour se reposer après une attaque cardiaque. Entre le jeune homme, qui se nourrit de littérature, et l'écrivain, qui désire profiter de son séjour au Bellevue pour travailler à une nouvelle, va se dérouler un étrange ballet : étrange parce qu'ils se croiseront parfois dans les couloirs ou la salle à manger sans se remarquer l'un l'autre ; étrange parce que le jeune lecteur vient d'être séduit par un ancien roman de Zwiemann et que celui-ci désire écrire sur un "héros" qui ressemble à Didier ; étrange enfin parce que le seul témoin en est un mystérieux client de l'établissement dont nous ignorerons tout jusqu'au bout. Zwiemann succombera à une nouvelle attaque sans avoir trouvé ce qu'il cherchait avec sa nouvelle. Didier quittera l'hôtel sans savoir qu'il était un personnage littéraire. Quant au troisième homme, l'espion anonyme et silencieux, peut-être faut-il y voir le seul lien possible entre l'auteur et sa créature, puisqu'il est celui qui regarde. Mais qui sait si ce n'est pas lui, lui aussi, qui a raconté cette histoire, lui ôtant in extremis son goût d'échec pour nous en livrer toute la signification ?
Résumé : Il pleut interminablement sur la ville au bord du fleuve. Le narrateur, modeste employé de banque, connaît l'amour auprès de Claire qu'il a su détacher un an plus tôt de son cousin Christophe dont elle était la maîtresse. Mais sa passion pour la jeune femme est décuplée par sa fascination pour le spectacle montant de l'eau, puissance à la fois prodigieusement belle et maléfique, envahissante, recouvrant non seulement la ville mais les campagnes environnantes. Le narrateur subjugué fuit avec Claire et Christophe ainsi qu'un jeune garçon rencontré sur leur chemin. Seront-ils sauvés après avoir été recueillis par un vieux couple dont la demeure est située au sommet d'une montagne ? Non. L'inondation continue, irrésistible, effrayante pour tous les fuyards, puisque la mort les attend au bout du voyage. Seul le narrateur - qui s'est mis à écrire la chronique du déluge universel - accepte la catastrophe dont il sera la dernière victime. Son engloutissement coïncide avec l'éblouissante éternité de la création littéraire. Une fois son manuscrit terminé, il l'enfermera dans une bouteille avant de le lancer sur l'infinité des flots recouvrant le dérisoire univers des hommes.
Résumé : Un riche seigneur d'Orient projette d'enlever la fille du préfet Ajmer. Mais celui-ci déjoue ses plans, et le séducteur, attiré dans une série d'embuscades, finit par se perdre dans un labyrinthe souterrain. Son esclave, le jeune Douma, invente en chemin des histoires qui embrouillent encore la réalité, une réalité qui n'est peut-être qu'un conte. L'agencement diabolique de ce roman attachant comme une histoire des Mille et Une Nuits le rapproche des plus étonnantes fictions de Borges.
Résumé : Mariés depuis six ans, Richard et Elisabeth Belloy s'adorent. Sont-ils heureux ? Non. Le démon Psychologie possède le mari, tatillon, ratiocineur et soupçonneux. Ayant intercepté une lettre adressée à sa femme où le signataire, un certain Georges, employé dans la compagnie d'assurances La Cuirasse, avoue un amour délirant et réclame un premier rendez-vous, Richard est saisi d'un accès de folie ombrageuse. Muni d'un revolver, il commence une enquête du haut en bas de l'immeuble de La Cuirasse pour abattre ce Georges susceptible de le cocufier. Quel Georges ? Car il y en a deux. Il finit par choisir Georges Burlard qui non seulement prouve son innocence mais devient son complice... Nous allons suivre le déroulement de cette enquête d'une jalousie, menée par l'insupportable Richard. Ses rebondissements et ses détours nous plongent tour à tour dans un fol amusement et dans l'anxiété. Va-t-on assister à un crime abominable ? L'auteur de la fameuse lettre, qui est-il en réalité ? Et Richard Belloy tuera-t-il Georges ? Ou bien la simple et pure honnêteté d'une épouse fidèle saura-t-elle triompher de la pire des machinations ?
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.