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Philosophies du secret. Etudes sur la gnose et la mystique chrétienne (XVIe-XIXe siècle)
Marquet Jean-François
CERF
42,00 €
Épuisé
EAN :9782204081276
Sous la surface ordonnée de la philosophie et de la théologie classiques court depuis la Renaissance une parole plus secrète, mythique, mystique, qui est comme leur inconscient le plus souvent refoulé, mais revenant parfois éclater en pleine lumière. Souvent ce discours s'origine dans un regard sur le mystère le plus central du christianisme, qui est celui d'une structure - la structure du noeud trinitaire. Dans ce soubassement gnostique se mêlent inextricablement les ruines d'une prisca theologia, d'un antique savoir absolu supposé aboli dans un désastre obscur, et les promesses d'une apocalypse parfois envisagée comme celle de la raison même. L'hermétisme dévot d'un Ficin ou d'un Pic, la quête paracelsienne de la signature des choses, les grandes synthèses baroques d'un Boehme ou d'un Fludd, l'alchimie intérieure des quiétistes, l'exégèse visionnaire de Swedenborg, la hiéro-histoire de Postel ou de Ballanche - autant d'aspects dans le parcours de ce fleuve profond qui, après 1850, va peu à peu s'abîmer dans l'océan d'un syncrétisme orientalisant. Entre la philosophie diurne et son ombre ou son underground ésotérique, il y a du reste un échange constant qui n'est pas sans rappeler la dialectique du moi et du ça : tantôt des matériaux mythiques ou théosophiques sont élevés à l'élaboration secondaire du concept, tantôt au contraire des notions philosophiques sont restituées au processus primaire ("condensation et transfert") de l'imagination productrice. C'est ainsi que la physique de Descartes emprunte à Fludd (connu au moins à travers Mersenne et Gassendi), que Henry More "kabbalise" Descartes avant d'être lui-même retraduit par Leibniz en langage profane, que Swedenborg fascine Kant jusqu'au malaise et inspire discrètement Fichte, ou que Hegel et Schelling transposent en philosophèmes les mythèmes boehmistes. Maintenant que ces deux mouvements semblent bien avoir atteint leur point mort, il devient possible de dresser leur bilan et de pointer ainsi le moteur secret de l'histoire de la pensée occidentale. C'est la voie où s'engage le présent ouvrage, à travers l'étude de quelques oeuvres singulières issues de cette "part maudite" de la pensée."
Schelling est le moins connu des "grands" philosophes : c'est que, sans doute, dans l'oeuvre qu'il nous propose, il n'y a rien justement à connaître, aucun sens ultime et autonome qui puisse désormais se représenter, se résumer pour lui-même, se diffuser dans une quelconque postérité - rien d'autre que l'oeuvre elle-même et le travail toujours recommencé de son impossible perfection. Pendant soixante années - 1794 - 1854 - qui sont les plus riches peut-être (parce que les dernières) de l'histoire de la philosophie, une pensée a cherché à se clore, à se comprendre, à s'arrêter, sans cesser de se voir rouverte par l'effondrement (le retournement) des structures où elle avait cru s'équilibrer. Il a semblé à l'auteur de cette étude que ces ruines successives finissaient par présenter un tracé signifiant, comme si le véritable "système" de Schelling s'écrivait peu à peu, hors de la vue du philosophe, dans un autre espace qui est celui de l'histoire même de son oeuvre, jusqu'au moment où, dans sa "dernière philosophie", tout le passé contradictoire se récapitule et redevient contemporain au sein d'une construction qui se présente elle-même comme dédoublée et interminable. On trouvera ici l'histoire de cette formation, de ce destin que Schelling a patiemment enduré sans jamais chercher à l'interrompre de manière prématurée, et qui fait de lui une figure proprement exemplaire. Grâce à cette oeuvre en effet, où la pensée apparaît perpétuellement replongée dans la profondeur parfois désespérante de son travail, il devient possible d'approcher d'un peu plus près "l'acte et le lieu" de la philosophie, partout ailleurs masquée par la perfection superficielle de son résultat ; par là même, au-delà de l'individu Schelling, c'est une question plus vaste qui se trouve posée - la question : Qu'est-ce qu'une oeuvre philosophique ?
Déboire est un rapport aussi intime que clinique sur une expérience humaine peu commune. Après de longues années de dépendance, Jean-François Marquet décide d'en finir avec l'alcool et entame une cure de désintoxication d'une quarantaine de jours. Son journal tenu sur le vif est un témoignage obstiné et sensible, un documentaire en immersion tantôt pathétique et tantôt burlesque, une tentative thérapeutique par l'écriture, un exercice pudique et radical. Dans ce sevrage aussi souhaité que subi, l'auteur évolue entre la privation d'alcool et le trop plein de chimie, entre la routine obsédante du quotidien de l'hôpital psychiatrique et l'angoisse d'en sortir... il s'en sortira. Bref, Déboire est un livre sur la difficile liberté de choix mais sur le choix résolu de la liberté.
Professeur émérite à l'université de Paris-Sorbonne, l'auteur, depuis plus d'un demi-siècle, a poursuivi des recherches dans différents champs - la métaphysique allemande. le rapport philosophie/littérature, la gnose et la mystique chrétienne. Ces travaux ont été recueillis jadis et naguère dans différents recueils thématiques. Mais plus important peut-être que les champs, il y a le chemin sinueux qui les traverse, les relie. et assez souvent s'en écarte. sans jamais cesser d'être secrètement orienté par une unique étoile dont le nom philosophique pourrait bien être singularité. Les textes composant ce recueil représentent autant de bornes et d'étapes sur ce "sentier de pensée", avec notamment l'ensemble des études consacrées par l'auteur à la philosophie française. Le lecteur bénévole est amicalement invité à suivre ce parcours et, si tel est son plaisir, à en dégager le fil.