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Déboire
Marquet Jean-François
JOCA SERIA
18,00 €
Épuisé
EAN :9782848093017
Déboire est un rapport aussi intime que clinique sur une expérience humaine peu commune. Après de longues années de dépendance, Jean-François Marquet décide d'en finir avec l'alcool et entame une cure de désintoxication d'une quarantaine de jours. Son journal tenu sur le vif est un témoignage obstiné et sensible, un documentaire en immersion tantôt pathétique et tantôt burlesque, une tentative thérapeutique par l'écriture, un exercice pudique et radical. Dans ce sevrage aussi souhaité que subi, l'auteur évolue entre la privation d'alcool et le trop plein de chimie, entre la routine obsédante du quotidien de l'hôpital psychiatrique et l'angoisse d'en sortir... il s'en sortira. Bref, Déboire est un livre sur la difficile liberté de choix mais sur le choix résolu de la liberté.
L'aphorisme est un peu le couteau suisse des belles lettres. Court comme un canif, il peut aussi bien trancher dans des considérations communes que dépolir des vérités faciles. Cette piquante polymorphie l'autorise, successivement et avec un culot égal, à prétendre tout et son contraire voire mieux et plus. Ainsi, pour divertir le moraliste, l'aphorisme lui permet de se fâcher, d'un commun désaccord, avec tout le monde sans favoritisme aucun. Toutefois, pour susciter une colère bien sanguine chez le lecteur, il faut savoir s'y prendre et lui déplaire avec tact. Car la mauvaise foi ne se paye pas que de bons mots. En effet, elle a besoin d'éveiller cette clémence trop humaine qui pardonne le pire dès qu'il se présente sous ses plus beaux atours.
Résumé : Ernest profite du départ de sa compagne pour les Etats-Unis pour entamer une cure de désintoxication dans une clinique spécialisée. Il y fait la connaissance d'une théorie de personnages qu'il interpelle par leurs numéros de chambre. Se noue entre eux au fil du temps une profonde complicité malgré la rudesse de l'expérience et face à la brutalité de l'administration. C'est le portrait d'une humanité blessée mais résiliente qui se dessine dans ce roman, une attention aux petits bonheur de la vie quand on a décidé de vaincre ses démons.
Résumé : Jean-François Marquet est l'auteur d'une oeuvre inclassable, aussi érudite qu'élégante, aussi puissante qu'inexplicablement claire, dont le propos aristocratique et rare fait résonner, à l'époque même des spécialistes exorables et patauds, le timbre d'une voix d'exception. Chapitres est le dernier livre et le testament d'un pèlerinage pensant commencé il y a près de soixante ans. En l'origine latine de son étymologie le "chapitre" , qui se dit capitulum, désigne la tête, et plus précisément l'homme de tête ou l'individualité, autrement dit la singularité, thème majeur de la pensée de Marquet, mais le capitulum, et cette signification est ici indissociable de la précédente, dit également le chapiteau dans la langue des architectes, et le capitulum désigne la tête ornée sur quoi repose la partie supérieure de l'édifice. Dans les trente-deux chapitres que réunit le somptueux jeu d'écho dont est constituée l'architecture de ce livre, Jean-François Marquet récapitule ainsi en un ultime ouvrage les singularités capitulaires dont les figures accompagnèrent sa méditation ininterrompue : de Pascal à Schelling, de Schopenhauer à Heidegger, de Dante à Bergson, de la thématique trinitaire à celle de la fin de la philosophie, ces récapitulations soutiennent au-dessus d'elles-mêmes le dôme d'une Histoire posée sur le pensif chapiteau des siècles. Le caractère imperturbable et souverain du regard et de la pensée de Jean-François Marquet, la limpidité de son langage cependant au constant contact de l'exigence verbale des réalités les plus fondamentales, font de chacune de ses pages un chemin vers l'essentiel dans la grâce des phrases les plus pures et des références les plus heureuses - où l'on voit la complexité d'une phrase de Hegel soudainement éclairée par un alexandrin de Verlaine. L'oeuvre de Jean-François Marquet cultive la singularité : décalage et paradoxe, elle se détache par nature de l'institution au milieu de laquelle elle est née ainsi que de tous ces codes dont ne cesse de se jouer la sereine marginalité d'un auteur inclassable. Refusant la stérilité des morcelantes cloisons entre la littérature, la théosophie, l'art et la philosophie, il a créé une lumière dont la teneur permet un éclairage ouvrant l'histoire en chacune, singulière, de ses hautes figures. C'est en effet la rougeoyante lumière du couchant, cette lueur testamentaire que comporte encore le jour, qui éclaire le plus vivement un paysage : et c'est ainsi la lumière du crépuscule qui éclaire chacun de ces Chapitres dont ici se tisse un destin qui fut le nôtre. Maxence Caron.
Quiconque eut la chance d'assister aux cours de Jean-François Marquet (1938-2017) se rappelle l'autorité sereine qui émanait de sa parole, la richesse de ses références, et la fécondité des associations qu'il opérait au gré d'improvisations maîtrisées. Ces trois vertus, pleinement apparentes dans les remarquables Leçons sur la Phénoménologie de l'esprit (Ellipses, 2009), se retrouvent dans ce cours consacré à Schopenhauer et à son oeuvre la plus connue, Le Monde comme volonté et représentation ; Jean-François Marquet déploie sous nos yeux ce livre imposant, en explique les concepts fondamentaux, en expose les articulations et offre un impressionnant jeu de va-et-vient avec nombre de références littéraires qui illustrent avec bonheur les passages les plus ardus de l'ouvrage tout en rendant hommage à sa langue flamboyante. Edité à partir de notes d'une étudiante de Jean-François Marquet, ce cours offre une reconstruction minutieuse de la parole de celui-ci et constitue un document exceptionnel tant par la clarté de son contenu que par sa contribution à la mémoire du grand professeur que fut Jean-François Marquet.
La troupe errante des guérilleros avec le Che dans les forêts de Bolivie. Trois points de vue, trois types d'écriture viennent restituer la fin du parcours héroïque d'Ernesto Guevara dans le réseau complexe et contradictoire des relations humaines et des enjeux politiques de l'époque. Personnages de fiction et personnages historiques peuplent ce roman d'aventures politique. Extrapolations qui content les gloires et les déboires d'une utopie
1941: un drôle de paquebot, l'Admiral Tromp, rapatrie, des îles de la Sonde vers l'Europe, un fort contingent d'épouses de coloniaux - sans compter quelques "dérangés". La guerre est aux deux bouts; le Tromp revient, repart, pour d'improbables navettes. A bord, mère au loin, un jeune garçon avec un père qui, aux escales, dés qu'il peut, fugue avec fils et bagages jusqu'au passage suivant du navire. Les accompagne une grand mère française qui ne survivra pas à une des relâches paternelles et Njei, jeune bonne javanaise que l'adolescent s'approprie, pour partie. Ainsi va le dés-orient. Mais tout cela a-t-il bien été? Des doutes, des fissures apparaissent, se multiplient. Un trio de psychiatres se retrouve ainsi, à ne plus savoir démêler le réel de la fiction, embarqué dans un suivi où ils deviennent parfois vaisseau, écueil, équipage, épave et cargaison. Balisée de trois langues: français, néerlandais et indonésien, la géographie bourgeonne et se noue, avant de rejeter, tel Ulysse en Phéacie, le père puis le fils sur une terre d'utopie: l'Illyrie, "haut lieu commun" d'un monde méditerranéen. Depuis, en tout port, un navire attend une lecture qui l'affrète. Choisir alors les pavillons de ses complaisances
Philippe Cognée est né en 1957. Il vit et travaille à Nantes. De nombreuses expositions de ses ?uvres ont été présentées en France et à l'étranger depuis 1982. Il est en 1990, lauréat de la Villa Médicis à Rome. " Ma première visite de l'atelier de Philippe Cognée date d'il y a tout juste un an. Nous avions, un peu par hasard, fait connaissance quelques semaines plus tôt dans une galerie parisienne où, au fil de la conversation, il m'avait parlé de ses peintures à l'encaustique à l'aspect brouillé si particulier. Nous en avions regardées ensemble quelques unes. Celle représentant un immeuble de Montparnasse situé tout près de la gare et qu'il avait, à plusieurs reprises, filmé en descendant de son TGV. D'autres aussi, au format très allongé, réalisées au retour d'un voyage au Caire. Il avait également évoqué une série de grands portraits sur papier dont les minuscules reproductions qu'il avait sur lui m'avaient fait penser aux caprices de Goya. " Goya, c'est un peintre important pour moi " avait-il simplement déclaré. Dans les jours qui ont suivi, les quelques photographies de ses peintures que Philippe m'avait données ne m'ont pas quitté. En les regardant, je pensais à l'impression que m'avait laissée cette brève rencontre. Ce qui m'avait frappé, c'était ce mélange de simplicité frisant la timidité et d'assurance tranquille qui émanait de sa personne. Cette façon qu'il avait eue de rester en retrait de ses couvres et à distance des commentaires qu'elles suscitaient. De ne pas non plus laisser son regard s'arrêter sur les toiles d'autres peintres (certains de tout premier plan pourtant) qui nous entouraient, non par indifférence bien sûr mais par modestie. Et en même temps d'accueillir nos regards comme des confirmations de son talent, comme autant de raisons de continuer à avancer sur la voie étroite et périlleuse qu'il savait être la bonne. Je n'ai pas mis longtemps à décider de la revoir et, sachant qu'il vivait près de Nantes, n'ai eu aucun mal à retrouver sa trace. " Olivier Weil.