Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Liberté et existence. Etudes sur la formation de la philosophie de Schelling
Marquet Jean-François
CERF
61,00 €
Épuisé
EAN :9782204077019
Schelling est le moins connu des "grands" philosophes : c'est que, sans doute, dans l'oeuvre qu'il nous propose, il n'y a rien justement à connaître, aucun sens ultime et autonome qui puisse désormais se représenter, se résumer pour lui-même, se diffuser dans une quelconque postérité - rien d'autre que l'oeuvre elle-même et le travail toujours recommencé de son impossible perfection. Pendant soixante années - 1794 - 1854 - qui sont les plus riches peut-être (parce que les dernières) de l'histoire de la philosophie, une pensée a cherché à se clore, à se comprendre, à s'arrêter, sans cesser de se voir rouverte par l'effondrement (le retournement) des structures où elle avait cru s'équilibrer. Il a semblé à l'auteur de cette étude que ces ruines successives finissaient par présenter un tracé signifiant, comme si le véritable "système" de Schelling s'écrivait peu à peu, hors de la vue du philosophe, dans un autre espace qui est celui de l'histoire même de son oeuvre, jusqu'au moment où, dans sa "dernière philosophie", tout le passé contradictoire se récapitule et redevient contemporain au sein d'une construction qui se présente elle-même comme dédoublée et interminable. On trouvera ici l'histoire de cette formation, de ce destin que Schelling a patiemment enduré sans jamais chercher à l'interrompre de manière prématurée, et qui fait de lui une figure proprement exemplaire. Grâce à cette oeuvre en effet, où la pensée apparaît perpétuellement replongée dans la profondeur parfois désespérante de son travail, il devient possible d'approcher d'un peu plus près "l'acte et le lieu" de la philosophie, partout ailleurs masquée par la perfection superficielle de son résultat ; par là même, au-delà de l'individu Schelling, c'est une question plus vaste qui se trouve posée - la question : Qu'est-ce qu'une oeuvre philosophique ?
Depuis toujours, l'homme est en quête d'un miroir dans lequel il pourrait trouver, enfin ramassée et comprise, l'image de sa propre identité éparse. L'élément d'une telle recherche, il le trouve dans le langage, et avant tout dans deux formes privilégiées de celui-ci: la philosophie et la littérature; la première cherchant à tout enclore dans un seul concept, et la seconde dans une forme unique. Mais, dans ses manifestations les plus hautes, chacune de ces deux tentatives reste secrètement hantée par l'autre, comme tentent de le montrer, à propos de la littérature, les essais ici réunis. On pourra trouver différentes versions de cette image récapitulatrice dans laquelle se condensent, pour l'homme, non seulement ce qu'il est, mais plus généralement (ou plus singulièrement?) ce qui est. Elle pourra être l'image d'une chose, d'un infiniment petit résumant tout - la terre de l'alchimiste (cet écrivain involontaire, mais absolu), le point de Pascal, l'atome séminal de Diderot ou de Hugo. Elle pourra être aussi l'image d'un acte sacré - soit bénéfique, soit transgressif - d'une fête liturgique dont Wagner, Mallarmé, Proust tenteraient de fixer le rituel, alors que Barbey ou Gracq y maintiendront l'obsession fasciné du sacrilège. Elle pourra enfin me mettre en présence de quelqu'un, d'une individualité souveraine qui est simultanément toutes les autres et dont on peut donc dire qu'elle est divine: l'Homme-Dieu de Hdlderlin et Kierkegaard, apparemment si étrangers l'un à l'autre, l'Ange de Rilke. Dans ce dernier type d'exemples, ce n'est du reste plus à une image que le lecteur a affaire, mais au miroir lui-même devant lequel (et dans lequel) il se trouve traduit et où il rencontre la mesure de son destin comme l'assignation de sa tâche. De ces miroirs beaucoup sont aujourd'hui brisés - les images évanouies, les fêtes éteintes. Ce recueil est un hommage modeste, mais nostalgique, aux minutieux microcosmes dans lesquels une humanité plus ambitieuse avait essayé peut-être avec succès - de cerner son énigme. Biographie de l'auteur Jean-François Marquet est professeur émérite de philosophie à l'université Paris-IV.
Plutôt qu'une étude sur la Phénoménologie de l esprit, cet ouvrage propose une visite complète et commentée du plus imposant et du plus labyrinthique monument de la philosophie moderne. La Phénoménologie de l "esprit est le premier ouvrage philosophique qui ne présente pas des affirmations sur ce qui est (sur Dieu, sur l'âme, sur le monde), mais qui prétend décrire comment ça se présente à une conscience qui fait l'expérience du monde dans son savoir, et qui voit ce savoir se transformer suivant une logique qu'initialement elle ne maîtrise pas. Autrement dit (sur ce point Fichte avait peut-être été le précurseur), pour Hegel nous sommes dès notre naissance, dès notre premier regard sur le monde, jetés dans le savoir, et ce que nous avons à faire, chacun de nous, mais cela vaut également pour l'humanité entière, c'est amener son savoir du dedans, de l'intérieur jusqu'à sa formation ultime. Il ne s'agit donc pas, comme le faisait Kant, d'examiner du dehors ce qu'est le savoir, jusqu'où il va, sur quoi il porte, etc.; il s'agit au contraire de voir comment une conscience, jetée dans le savoir sous ses différents aspects (sensation, perception, entendement, raison, moralité, religion...) parcourt tous ces étages du savoir jusqu'à son sommet, jusqu'à ce point d'arrêt que Hegel désigne par l'expression plus ou moins énigmatique de savoir absolu. Je ne voudrais cependant pas que vous en tiriez la conclusion que la Phénoménologie de l'esprit est un ouvrage tellement riche qu'il en est désordonné: en fait, la Phénoménologie de l'esprit, même si elle donne au premier abord une impression un peu chaotique, est une oeuvre très construite, une oeuvre dotée d'une architecture interne que nous nous attacherons à souligner."
L'aphorisme est un peu le couteau suisse des belles lettres. Court comme un canif, il peut aussi bien trancher dans des considérations communes que dépolir des vérités faciles. Cette piquante polymorphie l'autorise, successivement et avec un culot égal, à prétendre tout et son contraire voire mieux et plus. Ainsi, pour divertir le moraliste, l'aphorisme lui permet de se fâcher, d'un commun désaccord, avec tout le monde sans favoritisme aucun. Toutefois, pour susciter une colère bien sanguine chez le lecteur, il faut savoir s'y prendre et lui déplaire avec tact. Car la mauvaise foi ne se paye pas que de bons mots. En effet, elle a besoin d'éveiller cette clémence trop humaine qui pardonne le pire dès qu'il se présente sous ses plus beaux atours.
Résumé : Ernest profite du départ de sa compagne pour les Etats-Unis pour entamer une cure de désintoxication dans une clinique spécialisée. Il y fait la connaissance d'une théorie de personnages qu'il interpelle par leurs numéros de chambre. Se noue entre eux au fil du temps une profonde complicité malgré la rudesse de l'expérience et face à la brutalité de l'administration. C'est le portrait d'une humanité blessée mais résiliente qui se dessine dans ce roman, une attention aux petits bonheur de la vie quand on a décidé de vaincre ses démons.