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Etre un peuple en diaspora
Marienstras Richard ; Marienstras Elise ; Vidal-Na
AMSTERDAM
17,00 €
Épuisé
EAN :9782350960869
Des individus, des groupements, un parti politique, le Front national, parlent d'une " crise d'identité " : une menace pèserait sur " l'identité de la France ". Cette formulation s'est frayé un chemin dans une partie plus large de l'opinion qui ne saisit pas les conséquences néfastes que peut avoir sur le jeu normal de la démocratie l'idée que la nation serait une " personne " dont la culture ou le visage auraient une permanente uniformité. (...) Or, si elle est collective, l'identité, pour être nationale, doit tenir compte du caractère éminemment changeant de la population et de la culture nationales. Une nation doit pouvoir s'élargir, se diversifier, emprunter et prêter à d'autres cultures, sous peine de s'étouffer et de perdre, non seulement son rayonnement mais aussi sa vitalité. Il est aberrant de figer la nation dans une identité, terme qui ne convient qu'à la personne ou à un ensemble de personnes qui se reconnaissent entre elles. Aussi peu justifiée est l'expression "identité de la France ", aussi justifiable peut l'être l'identité des Français, des Bretons, des musulmans de France, des Tziganes, etc., dont l'appartenance à un groupe entrecroise d'autres appartenances au gré des circonstances et du choix des individus". R.M.
Résumé : Les Indiens existent ailleurs que dans nos mémoires. L'Amérique découvre aujourd'hui leur identité, leur obstination à survivre depuis quatre siècles, malgré la guerre et la maladie, les déplacements et la réserve. Ni bons sauvages, ni diables rouges, ni nobles guerriers, ils revendiquent leur histoire pour "continuer à continuer". Cette histoire commence à s'écrire aujourd'hui. Elise Marienstras présente ici les pièces fondamentales d'un dossier qui se reconstitue sous nos yeux : l'héritage retrouvé, les croyances et les actes d'un monde que nous avons failli perdre et qui s'entête à survivre.
Résumé : A la croisée de l'histoire des mentalités et de l'histoire politique, cet ouvrage présente l'action complexe et novatrice des révolutionnaires américains. Simultanément naissent une république fondée sur le contrat social et sur les principes universels, une nationalité établie sur une idéologie et des institutions plutôt que sur une histoire et une culture, et un nationalisme dont la première fonction est de souder le corps de citoyens et de pérenniser la nation. Ce modèle spécifique préfigure moins aux yeux de l'auteur l'Europe des nationalités qu'il ne s'apparente à l'émancipation des nations nées de la colonisation de peuplement. C'est l'originalité du livre de suivre, dans une quantité de matériaux inédits et variés, la formation du nationalisme américain aussi bien dans l'expérience des colons anonymes que dans la politique de leurs dirigeants. Dans quelle mesure et de quelle manière le sentiment d'appartenance des anciens sujets de la Couronne s'est-il enraciné ? De quoi s'est faite, au quotidien, l'allégeance à la nouvelle nation et à ses institutions ? Le livre montre comment la société américaine, depuis la guerre de Sept Ans jusqu'à l'élection du premier gouvernement des Etats-Unis, s'approprie un sol dont elle fera le territoire national, s'entoure de barrières qui la séparent de deux catégories de populations " étrangères ", et fonde un corps civil qui recouvre le conflit social du manteau idéologique consensuel.
La réédition de L'état, Le Pouvoir, Le Socialisme, "classique" de la théorie politique dont la première édition remonte à 1978, s'inscrit dans les débats concernant les crises simultanées de l'Union européenne, du néolibéralisme et du capitalisme en général. Lire cet ouvrage aujourd'hui permet de comprendre que ces crises plongent leurs racines dans la structure des sociétés occidentales de l'après-guerre. Plus la crise économique s'approfondit, et plus le système devient autoritaire au plan politique. C'est ce que Poulantzas appelle l'"étatisme autoritaire", que l'on constate à présent au niveau européen, où des décisions affectant des millions de personnes sont prises hors de tout contrôle populaire. La seule alternative possible à ce système est le "socialisme démocratique", à savoir un socialisme qui dépasse le capitalisme sans pour autant sacrifier les libertés publiques. Avec Michel Foucault, Gilles Deleuze, et Louis Althusser, auteurs dont il discute les thèses dans cet ouvrage, Nicos Poulantzas compte parmi les penseurs des années 1960-1970 dont le rayonnement international est aujourd'hui le plus important. Alors que l'édition de théories critiques françaises et étrangères a connu une grande vitalité depuis les années 2000, il était plus que temps de faire redécouvrir cet auteur majeur.
Ville globale, ville créative, ville multiculturelle, ville intelligente... Autant de slogans à la mode qui imposent et diffusent une vision aseptisée et consensuelle des réalités urbaines. Les villes doivent au contraire être bousculées, chahutées, contestées. C'est précisément ce que ce recueil se propose de faire en réunissant pour la première fois un ensemble d'auteurs dont la réflexion n'épargne ni les espaces urbains, ni les élites qui les façonnent et les gouvernent. Par la radicalité de leurs analyses, qui portent entre autres sur la financiarisation de la production urbaine, sur les trompe-l'oeil que représentent le développement durable, la mixité sociale ou le multiculturalisme, sur les dispositifs de surveillance et de contrôle des populations, et plus globalement sur les formes de domination qui régissent les rapports sociaux en ville, les onze textes réunis dans ce recueil parviennent à identifier, et par là à contester, les nombreuses contradictions spatiales et urbaines que le système capitaliste produit et reproduit. Ils nourrissent ainsi une géographie critique de l'urbain et, indirectement, une critique en profondeur des sociétés contemporaines.
En ce début de XXIe siècle, vingt ans après la chute des vieilles bastilles, à Berlin puis en Afrique du Sud, des murs sont construits frénétiquement aux quatre coins du monde: en Palestine, entre le Mexique et les Etats-Unis, l'Inde et le Pakistan, l'Arabie Saoudite et l'Irak, l'Afrique du Sud et le Zimbabwe, la Thaïlande et la Malaisie, l'Ouzbékistan et la Kirghizie... Sans compter tous les murs intérieurs, gated communities et autres checkpoints qui partitionnent et régulent les espaces nationaux. Alors que le XXe siècle avait prétendu se clore sur la promesse d'une ère d'échanges et de prospérité, des tensions nouvelles sont apparues, entre la fermeture et l'ouverture, l'universalisation et la stratification. Et ce monde qui se pensait en termes de flux et de circulations n'a depuis cessé de mettre en place des filtres et des dispositifs, largement dématérialisés, de surveillance et de contrôle. Dans ce contexte, que peuvent bien signifier ces murs terriblement concrets, d'acier et de béton, grillagés ou couverts de barbelés, sortes de survivances d'un autre âge? S'ils se révèlent largement inefficaces sur le plan fonctionnel, leur pouvoir discursif, symbolique et théâtral est incontestable: ils fonctionnent comme les icônes d'un pouvoir souverain et d'une nation préservée. Mais là où l'interprétation dominante en déduit que ces murs sont les symptômes d'États-nations renforcés, Wendy Brown y décèle au contraire un déclin avancé de la souveraineté étatique. Et selon elle, celle-ci se redistribue au profit d'autres entités désormais plus puissantes: le capital et la religion.
Brève histoire du néolibéralisme retrace un processus de redistribution des richesses, une "accumulation par dépossession". La financiarisation, l'extension de la concurrence, les privatisations et les politiques fiscales des États redirigent les richesses du bas vers le haut de la hiérarchie sociale. Les néolibéraux se moquent de l'enrichissement collectif. Ils lui préfèrent celui de quelques-uns, dont ils font partie. Plaider en faveur d'un "socialisme libéral" n'a aucun sens. Le néolibéralisme n'est pas une pensée du bien commun. Et pourtant, c'est de cette conception de l'action publique que nous sommes aujourd'hui à la fois héritiers et prisonniers. Le néolibéralisme s'est transformé en institutions. Ces dernières ont produit des dispositifs d'intervention publique, construits sur la durée, qui façonnent des manières d'agir et de penser. À commencer par cette quasi-règle de nos sociétés contemporaines, selon laquelle le marché serait le meilleur outil de satisfaction des besoins humains. Formulée de la sorte, la proposition étonne peut-être. Elle est pourtant le principal pilier de l'édifice. Celui que David Harvey nous invite, en priorité, à abattre.