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L'autre N° 57/2019 : Morts ou vifs
Baubet Thierry ; Giraud François ; Mestre Claire ;
PENSEE SAUVAGE
24,99 €
Épuisé
EAN :9782859193300
Le dossier de ce numéro "Morts ou vifs" présente une perspective croisée entre anthropologues et psychanalystes au sujet des relations fictives, imaginaires, et rituelles entre les vivants et les morts. La question du deuil, mais aussi celle de la manière dont les morts sont convoqués, dans certaines sociétés, pour comprendre les tourments des vivants seront approfondies à travers plusieurs contextes : le génocide cambodgien, Madagascar, Burkina-Faso, les gitans d'Andalousie. Un sujet important qui est au coeur de toute la clinique et qui se trouve ici éclairé de manière originale et pluridisciplinaire. Le grand entretien de la revue est consacré à Marie-Pierre Ulloa, enseignante-chercheuse à l'université de Stanford où elle enseigne l'histoire intellectuelle et culturelle du monde francophone. Elle y présente notamment son travail sur le "nouveau rêve américain" de la diaspora du Maghreb en Californie. Bien d'autres sujets seront abordés dans ce numéro : la condition de psychologue expatrié, la rencontre surprenante d'un psychiatre algérien avec l'extrême-sud de son pays, les effets du processus d'interculturation sur la mémoire autobiographique. On retrouvera également les rubriques habituelles du supplément de l'autre : débats, actualités, notes de terrain, livres.
La psychopathologie transculturelle concerne tous les professionnels du soin. Chacun est amené à rencontrer des migrants, des réfugiés, leurs enfants nés ici, et de nombreux praticiens partent exercer à l'étranger. Cette discipline est peu enseignée, alors qu'elle nécessite des connaissances spécifiques. Cet ouvrage synthétise les problématiques actuelles du champ transculturel dans une optique théorique et pratique, afin de répondre aux questions que se posent les praticiens et aborde les différentes approches en psychopathologie transculturelle, les effets psychiques de la migration et de l'exil, la question de l'évaluation clinique, celle des tests psychologiques ainsi que certains aspects de la psychopathologie aux différents âges de la vie (de la périnatalité à la vieillesse), avant de donner quelques éléments pour la recherche. Cette nouvelle édition de Psychopathologie transculturelle a été revue et actualisée, et de nouveaux chapitres sont traités, comme les troubles du comportement alimentaire. Loin de tout universalisme rigide, de tout relativisme absolu et de toute fascination pour "l'exotisme", cette contrainte à penser l'altérité des patients est créatrice d'idées, de sens, de métissages et de nouvelles pratiques de soins.
Le monde contemporain est pluriel, métissé, créole, traversé de questions identitaires individuelles et collectives. L'autre, revue transculturelle et pluridisciplinaire, est un lieu de réflexion sur la diversité et les migrations et leurs effets en clinique et dans la société. Elle s'adresse à tous ceux qui, curieux ou professionnels, se sentent concernés par les rencontres, les métissages, l'altérité. Elle paraît trois fois l'an.
Voilà un livre de référence pour tous ceux qui s'intéressent au trauma, à l'interculturalité, aux situations de violence organisée et aux interventions humanitaires chez l'enfant et l'adolescent, qu'ils soient médecins, psychologues, travailleurs sociaux, paramédicaux, enseignants, juristes, etc. Cet ouvrage, écrit par des professionnels de terrain, est l'occasion de jeter un regard rétrospectif sur plus de dix années de pratique de soins psychiques en situation humanitaire. Une réflexion qui porte aussi bien sur des questions théoriques que sur le sens de nos interventions. Quel tribut psychique les bébés, enfants, et adolescents paient-ils aux situations de violence et de guerre ? Comment intervenir dans de tels contextes auprès d'eux ? Comment agir sans nuire, en respectant les mécanismes adaptatifs subtils qui se mettent en place ? Comment intervenir alors que la situation de violence continue ? Toutes ces questions sont abordées au travers d'exemples concrets, reflétant le quotidien du travail du soignant dans ces situations. Il est question de bébés, d'enfants, d'adolescents et de leurs familles... Au fil de cet ouvrage, dans lequel plusieurs psychothérapies sont relatées, le lecteur pourra rencontrer des enfants palestiniens, des bébés kosovars, des adolescents guatémaltèques, et bien d'autres... Autant de rencontres qui transforment patients et thérapeutes... On se doit d'agir et de penser en situation humanitaire : agir parce qu'au même titre que les interventions médicales, sanitaires, nutritionnelles, l'intervention psychologique peut, dans certains cas, s'avérer prioritaire. Penser aussi parce que nous sommes invités en permanence à mieux comprendre les effets du trauma sur les bébés, les enfants, les adolescents et leurs familles, afin d'ajuster nos dispositifs de soins.
On peut admettre qu'un être humain soit défini par trois coordonnées : sa biologie, son psychisme et sa culture. Si les métis constituent une catégorie sociologique relativement bien définie et même, dans certaines sociétés, bénéficient d'un statut spécifique, en revanche aucune étude ne nous renseigne sur la façon dont se combinent deux univers culturels hétérogènes à l'intérieur d'un même sujet. Les patrimoines génétiques s'entremêlent, les identifications psychiques s'entrecroisent ; en va-t-il de même des systèmes culturels ? Jusqu'à quel point peuvent-ils se "métisser" tout en gardant leur cohérence interne et leur efficience ? A l'heure des déplacements massifs de populations et des émigrations généralisées, il s'agit d'une question première tant sur le plan théorique que sur celui des implications concrètes. La culture d'un sujet est partie constituante de son être-même ; du fait de sa cohérence, elle ordonne son univers du vrai et structure son fonctionnement cognitif. Y a-t-il un risque psychologique à mélanger ses références culturelles ? Pour soi-même ? Pour ses descendants ou les descendants de ses descendants ? Ou au contraire peut-on faire l'hypothèse d'une créativité délibérément choisie dans tout métissage culturel ? Au delà du métissage peut-on même aller jusqu'à penser que toute technique thérapeutique serait par essence syncrétique ?
De simple militant, j'ai bien vite été élu chef de cellule, puis chef de groupe, puis chef de la kasma de notre région. Je ne faisais pratiquement que militer dans le Parti. Au grand désespoir de ma grand-mère qui ne comprenait pas que je ne sois pas comme les autres militants du village. Un jour elle s'en plaignit auprès d'un ami, Yantren Chabane : - Pourquoi vous ne l'aidez pas un peu? Ali est tout le temps pris par le Parti, alors que vous vous occupez bien des travaux de vos champs ! - Mais Yemma Hadjila, il travaille pour son pays ! lui répondit Yantren. - Je ne comprends pas comment on peut travailler pour son pays et abandonner ses propres terres ! lui dit elle alors. En kabyle, la terre et le pays porte le même nom : Tamurt. Logiquement, je devais commencer par m'occuper de nos propres parcelles plutôt que du pays tout entier ! "
Il existe en Occident des "niches thérapeutiques" abritant des guérisseurs usant de pratiques comparables à celles qu'on peut observer dans les pays en voie de développement. Il arrive parfois à ces guérisseurs d'assurer la prise en charge psychologique de la population de tout un quartier ou d'un village entier. Ce phénomène est aussi fréquent dans les grandes métropoles occidentales que dans les milieux ruraux. Ce dossier met en regard leur efficacité et celle de la psychopathologie institutionnelle. Les guérisseurs, médiateurs auprès des dieux, démons, esprits, ancêtres, médiateurs entre le monde profane et l'univers ésotérique, opérateurs incarnés de théories étiologiques complexes, sont-ils comparables aux soignants (psychiatres, psychanalystes, psychologues, infirmiers) dans leur utilisation des techniques psychothérapiques, dans leur maniement du transfert ?
Qu'y a-t-il de commun entre le rituel de puberté chez les Beti du Cameroun et la prostitution homosexuelle des jeunes garçons dans les faubourgs parisiens ? Peut-on comparer le fonctionnement de l'initiation dans les rituels "thérapeutiques" du Candomblé de Bahía et la modification de la personnalité de jeunes gens engagés dans les sectes charismatiques en Occident ? Dans toutes ces situations, l'on observe une modification radicale de l'identité : une métamorphose. Ces transformations mettent-elles en oeuvre des processus fondamentaux de nature psychique ou mémo biologique ? Question insolite ! Pourtant les fourmis Raptiformica réussissent à maquiller leur odeur chimique pour mener à bien, incognito, leur entreprise de colonisation des Serviformica. La Nouvelle revue d'ethnopsychiatrie propose ici une idée originale née au confluent de disciplines diverses : toute entreprise de modification de la mémoire, psychique et biologique, se construit sur une utilisation systématique d'expériences traumatiques.