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Les lettres de l'éphémère
Makhlouf Georgia ; Corvaisier Laurent ; Haji Golan
PORT A JAUNI
11,00 €
Épuisé
EAN :9782494753051
Nouveau titre de la nouvelle collection Racines autour d'un champ lexical et sonore : ici, nous avons choisi la racine 3-b-r, qui nourrit les mots 3âbir, éphémère, fugace, passager ; 3oubour, la traversée, le passage, le franchissement ; 3abra, la larme ; 3ibriy, hébreu ; 3ibâra, la phrase, la façon d'exprimer quelque chose, la formulation ; i3tibâr, la considération, le respect. Il est intéressant de voir le mot "hébreu" entouré de tous ces mots de la même famille : la traversée, la larme, le sens de la formule, le respect, l'éphémère. Nous avons confié cette racine éloquente et périlleuse à Georgia Makhlouf, écrivaine libanaise qui a depuis toujours une histoire commune avec la langue arabe, la langue française. Qui vient et vit en partie dans un pays pour lequel les mots éphémère, hébreu, traversée, etc. prennent un sens vaste et particulier du fait de son histoire contemporaine. Qui est en relation avec les livres et l'édition pour enfants depuis ses débuts d'écrivaine, puisqu'elle a participé à la première maison d'édition spécifiquement dédiée aux livres pour enfants, Dar el Fata el Arabi (créée à Beyrouth en 1975), et plus récemment écrit des albums pour les éditions Onboz à Beyrouth, maison de création contemporaine majeure et novatrice. Pour l'illustration, nous avons choisi les peintures sur bois de Laurent Corvaisier : les couleurs suivent la veine du bois, elles traversent des paysages naturellement écrits par la matière, conduisent le sens sans le maîtriser.
Le Liban incarne depuis longtemps ce rêve d'Orient qui a poussé les écrivains romantiques à entreprendre le voyage. Lamartine, Nerval, Maurice Barrès et d'autres ont célébré avec lyrisme ses beautés souvent empreintes de spiritualité. Les grandes voix de la littérature libanaises ont elles aussi arpenté ce Liban éternel, mêlant avec brio réel et imaginaire, mémoire et poésie. Si les tourmentes de l'histoire n'ont guère épargné ce pays, elles n'ont pas entamé sa force d'attraction, ni la fascination qu'il exerce sur les écrivains. Ses guerres ont été lues de façon autant réelle que symbolique, ses paysages, ses hommes et ses déchirures ont continué d'inspirer des textes puissants et de magnifiques poèmes. Le Liban contemporain est plus que jamais terre de contrastes. De Dominique Eddé à Hanan el Cheikh, de Samir Kassir à Rabih Alameddine, de Salah Stétié à Vénus Khoury-Ghata, le goût du Liban se cultive entre bruit de pelleteuses et effluves douces-amères de fleurs d'oranger.
Il était une fois, ou peut-être pas..."Pendant de longues années, Najla Jraissaty Khoury a sillonné le Liban afin de constituer le corpus le plus exhaustif possible de contes populaires dans leurs différentes versions, rurales et urbaines. Elle les a fidèlement consignés tels qu'elle les avait entendus de la bouche des conteurs qui, eux-mêmes, tenaient à les lui rapporter à la façon de leurs parents ou grands-parents. Ce livre en compte trente, uniquement des histoires racontées par des femmes à l'adresse d'autres femmes, et où le beau rôle revient le plus souvent à des personnages du même sexe. Les héroïnes les vengent en quelque sorte en parvenant à résister à l'oppression des hommes avec beaucoup d'intelligence et de patience. En lisant ces contes, on constate d'emblée leur enracinement dans une tradition proprement arabe de l'étrange et du merveilleux, mais aussi la parenté thématique de certains d'entre eux avec le patrimoine d'autres peuples. La traduction de Georgia Makhlouf restitueNotes Biographiques : Najla Jraissaty Khoury est née à Beyrouth. Parallèlement à des activités d'enseigne-ment, elle a fondé et dirigé, pendant la guerre du Liban, la troupe théâtrale "San-douq el-Ferjeh" (La Boîte à images), dédiée au répertoire populaire des contes, des marionnettes et du théâtre d'ombres. Depuis 1997, elle collabore avec l'ONG Assabil Libraries, dédiée à la création de bibliothèques publiques dans tout le Liban. Né à Damas, Farouk Mardam-Bey a travaillé comme conseiller culturel à l'Institut du monde arabe. Il dirige la collection "Sindbad" chez Actes Sud. Il vit en France depuis 1965.
Aspiration universelle, la liberté est de tous les discours et de toutes les revendications. Définie par les philosophes, perpétuellement remise en perspective par le cours de l'histoire, cette notion est aussi un ferment essentiel de la littérature. Après les philosophes, les écrivains ont mis le concept à l'épreuve : chaque roman, chaque poème n'est-il pas une manière d'exercer sa liberté ? Exercer et, surtout, conquérir, car si l'on ne naît pas libre on peut sans doute le devenir. Dire la liberté, c'est décrire les chaînes qui souvent l'empêchent, c'est dessiner l'horizon des combats à mener pour la gagner. Aventures collectives autant qu'individuelles : les chemins vers la liberté passent aussi par des quêtes intérieures - introspection, méditation, spiritualité... Evocations en compagnie d'Epictète, Rousseau, Montesquieu, Hugo, Dostoïevski, Sartre, Camus, Aimé Césaire, Frantz Fanon, Jorge Semprun, Virginia Woolf, Germaine Tillion, Mahmoud Darwich, Marguerite Yourcenar, Khalil Gibran, Krishnamurti, Dany Laferrière et bien d'autres...
LIBAN : Terre de lait et de miel des temps bibliques, carrefour de cultures et de civilisations, le Liban occupe une place à part entre Orient et Occident. Son histoire multimillénaire — des Phéniciens à l'Empire byzantin, des califats successifs à l'Empire ottoman et au Mandat—, sa géographie d'une grande diversité, point de rencontre de la route de la soie et de la Méditerranée orientale, sa mosaïque de religions, tout cela ne pouvait que marquer durablement sa littérature, arabophone et francophone, écrite par les Libanais résidents comme par ceux de la diaspora. Plus de dix millions d'entre eux sont disséminés partout dans le monde. La réalité de cette terre aujourd'hui est celle d'un pays meurtri et déchiré et lorsque la réalité se fait menaçante ou tout simplement indicible, les Libanais savent recourir à la magie du verbe, avec force. Ce recueil en est un témoignage supplémentaire.
Abracadabra est l'histoire d'un magicien peu commun. Pas un lapin ne sort de son chapeau, pas une colombe de sa manche. Le magicien Chahbandour n'a pas de chapeau mais sait des tours qu'aucun autre ne connaît... D'une boîte d allumettes, il fait surgir une palmeraie qui aussitôt se met à pousser, d'un mouchoir une autruche gigantesque ou un serpent à tête d'humain. Jamais il ne fait deux fois le même tour, toujours sa magie est renouvelée, alors une grande clameur s'élève pour le magicien Chahbandour... Le livre est bilingue en français et en arabe, il se lit à double sens, les tours de Chahbandour se croisent et la clameur s'élève, au début et à la fin. Ainsi un sens de lecture ne prévaut pas sur l'autre, et les illustrations, inspirées de l'art populaire soudanais, servent de support aux deux langues.
De Mane à Marseille, le père Albert se lance dans un long périple. Maintes fois, il croit reconnaître son poisson rouge, mais c'est toujours un leurre. Feuille d'automne, pomme rouge, bonbon cerise ou soleil couchant, le père Albert en perd la boule et son errance dure, longtemps, jusqu'à ce qu'il se résolve entamer le chemin du retour. Tandis que l'illustration représente ce qui est imaginé par le père Albert, le texte joue sur les mots et se moque de ses hallucinations successives. L'histoire est bilingue en français et en arabe. Lorsque le père Albert renonce à sa quête chimérique, l'album change de sens de lecture : l'aller du voyage se lit dans le sens français et le retour dans le sens arabe, d'autant qu'à l'arrivée, à l'entrée du village, une surprise... renversante attend le père Albert.