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OEUVRES COMPLETES T X-1
MAINE DE BIRAN
VRIN
31,01 €
Épuisé
EAN :9782711620692
On trouvera dans ce volume des textes qui reflètent certains aspects de la " dernières philosophies " de Maine de Biran, ainsi que de nombreux témoignages de ses lectures entre 1818 et 1823. Sa pensée se développe selon trois perspectives : une redéfinition de la philosophie à l'occasion d'une critique détaillée de Bonald (sur l'origine du langage et la définition de l'homme, notamment), une réflexion sur la morale (qui s'efforce de trouver une troisième voie à partir de Condillac et Kant), et une reprise de la tradition religieuse (Lamennais, Bossuet, Fenelon, commentaire de l'Evangile de saint Jean). Son évolution vers un platonisme de plus en plus marqué, la présence croissante du christianisme peuvent se lire à travers de nombreux textes et appendices - tous inédits (sur Plotin, Proclus, saint Augustin) - où s'élabore plus nettement le thème de la " troisième vie ".
Depuis 1820, l'intérêt de Maine de Biran pour la physiologie connaît un nouveau développement ; c'est qu'il s'agit, maintenant qu'il a développé sa philosophie de l'absolu, d'harmoniser tous les domaines de son anthropologie. A cet effet, il s'appuie sur d'anciens textes, mais le fait dans un esprit nouveau, stimulé qu'il est par l'aliéniste Royer-Collard, pour qui il écrit les Nouvelles considérations sur les rapports du physique et du moral de l'homme, et par la lecture de physiologistes qu'il découvre alors, Reil, dont l'analyse de la coenesthèse l'intéresse beaucoup, Bérard, dont l'ouvrage, Doctrine des rapports du physique et du moral suscite la rédaction des Considérations sur les principes d'une division des faits psychologiques et physiologiques, ainsi que Bertrand et Magendie. Ces deux textes sont accompagnés d'opuscules traitant de sujets de même nature, l'un particulièrement, discutant la notion d'âme sensitive chez Van Helmont
Avec le Mémoire sur la décomposition de la pensée, écrit en 1804 et couronné par l'Institut en 1805, on a à faire au premier exposé complet de la philosophie biranienne constituée. Maine de Biran a pris la pleine mesure des implications de sa théorie du fait primitif, et s'emploie à les faire valoir dans toute leur originalité. Nous publions ici pour la première fois dans son intégralité le mémoire couronné, et nous le faisons suivre de la version remaniée durant l'année 1805, et laissée inachevée par l'auteur. La Décomposition de la pensée est précédée du Mémoire sur les rapports de l'idéologie et des mathématiques, rédigé à la demande de Cabanis dans le dernier trimestre de 1802.
Second volet de ce qu'il est convenu d'appeler la dernière philosophie de Maine de Biran, ce volume consacré à l'anthropologie de 1823-1824 donne l'état final d'un projet élaboré dans ses grandes lignes une vingtaine d'années auparavant, mais repensé largement à partir de 1815-1818. A la " vie animale " et à la " vie humaine ", s'ajoute désormais une " vie de l'esprit " qui contraint le philosophe à réévaluer l'organisation de l'ensemble. Derniers efforts du philosophe pour " fermer son cercle ", la Note sir l'idée d'existence et les Nouveaux essais d'anthropologie, édités ici sur de nouvelles bases, permettent de mesurer le champ parcouru par lui depuis l'époque où il se croyait disciple des Idéologues.
Voici réunis les commentaires de Maine de Biran sur les philosophes du XVIIe siècle : Descartes, Locke, Malebranche, Leibniz, Bossuet et Pascal. L'ensemble ne compose pas pour autant un cours d'histoire de la philosophie : car, à travers la lecture critique des grands textes, l'auteur cherche à définir correctement et à surmonter les problèmes que lui pose la conversion de la psychologie de l'effort à la philosophie de l'absolu. De nombreux textes inédits viennent compléter les oeuvres déjà connues, et l'on peut ainsi suivre avec précision, de 1812 à 1823, les mouvements d'une pensée toujours en devenir.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.