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Pascal. La clé du chiffre
Magnard Pierre
TABLE RONDE
14,20 €
Épuisé
EAN :9782710330103
Prisonnier sans barreaux d'un univers infini, l'homme a perdu ses marques. Tel un condamné attendant son arrêt, il est dans le désarroi. Pourtant ses compagnons, voués au même sort, se divertissent en cherchant dans le jeu une manière d'abolir le hasard et de rouvrir espace et temps perdus. Etrange contraste. N'y aurait-il pas moyen de voir le dessous du jeu ? Oui, répond Pascal, l'Ecriture. Question alors d'herméneutique, car si la Nature est un chiffre , l'Ecriture en est un autre. Le grand livre des créatures, écrit de la main de Dieu, est-il plus lisible que la Bible inspirée par l'Eternel aux patriarches et aux prophètes ? Disposés en miroirs, les deux livres s'entrexpriment et dénouent leurs énigmes respectives, comme si l'un était la clé de l'autre. Le palimpseste des deux graphies divines se retrouve dans le rapport entre les deux Testaments, le face-à-face des deux miroirs donnant lieu à une mise en abîme qui délivre le sens caché et en développe la puissance infinie. Le génial déchiffreur des deux cryptogrammes divins laisse cependant derrière lui un livre auquel ne cessent de se heurter les interprètes. Nous en aurait-il confié la clé ? . . Pierre Magnard, professeur émérite à la Sorbonne (Paris-IV), après avoir enseigné l'histoire de la philosophie du Moyen Age et de la Renaissance, tout en poursuivant ses recherches sur les prodromes de l'humanisme moderne, voudrait renouer avec Pascal, auquel il avait consacré sa thèse de doctorat d'Etat, et tenter de répondre à des questions laissées alors sans réponse.
«J'ai un dictionnaire tout à part moi». On «passe le temps» quand il est mauvais, voire on le «court», on le «reste», «s'y tient» ou «s'y rassoit» quand il est bon, et selon l'humeur on le «coule», «échappe», «gauchit», «ignore» ou «fuit». Diversité de la palette, richesse de la tablature. Les notations sont parfois de terroir, quand on se fait une «galimafrée» de ces «patissages» ou de ces «farcissures» que sont nos jeux d'écriture, ou que plus modestement on «connille» en son terrier. Tout y passe : «le jargon de nos chasses et celui de nos guerres... généraux terrain à emprunter». Il est alors «assez d'étoffe en notre langage», pour que l'on n'ait à craindre de le voir «succomber à une puissante conception» ; si c'était le cas, il n'y faudrait que de la façon», ce travail de «jardinage» qui sait comment «transplanter» les mots en un nouveau «solage», le travail même des Essais, dont ce Vocabulaire voudrait, de semis en repiquages successifs, distinguer les opérations.
Un parler ouvert ouvre un autre parler et le tire hors, comme fait le vin et l'amour" (III, 1, p. 794). Un parler ouvert est un parler affranchi et non pas retenu par la crainte, inhibé par l'avarice du coeur, contrôlé par les conventions; un parler affranchi est un parler qui affranchit. Montaigne nous interpelle, il nous provoque à la parole, non certes pour que nous ajoutions encore au "fourmillement" de commentaires académiques qui aujourd'hui finissent par étouffer son propos - "ce livre en a assez, il n'y a meshuy plus que dire" (III, 13, p. 1o67) - mais pour que nous nous découvrions à l'épreuve des Essais et que nous nous exprimions, à la faveur de cette "entreglose". On ne lit pas les Essais, ce sont eux qui nous lisent et nous déchiffrent. Tel est le "suffisant lecteur"; qu'il inventorie son âme au miroir de celle de Montaigne, comme Montaigne découvrait la sienne propre à travers ses auteurs favoris, et c'en est fait du doctus cum libro si chacun n'est savant que de soi-même. La véritable "suffisance" n'est pas l'autorité donnée par un savoir accumulé, mais cette fécondité acquise d'une ouverture à qui nous interpelle. Ainsi les Essais, inachevés par essence, font leur jeu de cette mise en abyme de mille et une intériorités, qui se creusent en cet entretien infini. Le privilège de ceux qui aujourd'hui s'expriment ne saurait leur donner qu'un devoir, celui de ne se point départir d'une grande humilité.
Qu?est-ce que l?humanisme : volà une question complexe. Comment définir ces termes liés à l?homme, à l?humain, à l?humanité? Leur emploi est de plus en plus fréquent, souvent galvaudé ou mal compris, équivoques, servant les ambiguïtés et les malentendus les plus surprenants. Pierre Magnard s?est lancé dans une vaste entre prise : remettre les choses à leur place, redéfinir des mots dont le sens originel a été oublié tout en étudiant le pouquoi de ce phénomène. Chaque époque a ses préocupations. Le XXIè siècle se préoccupe de l?humain. Voici un livre qui vous permettra de revenir à des notions plus justes et à des mots vrais...
Etude des mots qui, dans les Essais font preuve d'un ancrage sémantique nouveau, car la langue de Montaigne est avec celle de Rabelais, la plus riche de son temps et témoigne d'une vigueur jamais atteinte.
Au début des années 1990, Mark Senders, dessinateur bohème et amateur de paradis artificiels, se retrouve vautré comme un SDF dans un parc new-yorkais. Il écoute un homme qui décrit le crépuscule sur la baie de l'Hudson. C'est parce que la précision des termes employés le frappe qu'il s'approche de l'inconnu et assiste à son assassinat. Pour percer le secret du "sourire contenu" - expression la plus difficile à rendre pour un dessinateur - d'une femme aux yeux violets qu'un tueur s'est juré de crever, Mark va se lancer dans une enquête, du New York des médiums au Cambodge déchiré par les coups d'Etat, en passant par Hong-Kong à la veille de la rétrocession à la Chine. Dans ce roman noir qui s'attache autant à un monde finissant qu'au sort des cochons en Asie du Sud-Est, Serge Quadruppani est en quête d'une "Shelter Island", d'une île-abri. Inutile de dire qu'il ne l'a pas encore trouvée, vingt ans après la première parution de cette errance géostratégique et sentimentale.
«C'est étrange, il me semble que les touristes qui regagnent leurs véhicules m'observent comme si, soudain, une veste recouvrait mes épaules, comme si mes galoches écrasaient encore les cailloux du chemin. Car si nous ne savons pas comment s'établit en nous le contact entre passé et présent, il n'en est pas moins vrai qu'un fluide imperceptible et puissant nous traverse parfois et que la proximité de cette atmosphère inhabituelle, insolite, fait tressaillir les autres comme une barque sur une vague soudaine. Il est peut-être resté sur moi quelque chose des jours d'autrefois.» Quarante ans après sa déportation dans le camp de concentration de Struthof, un Slovène, mêlé à la foule anonyme des touristes, revient sur les lieux de son martyre. Ce récit convoque, avec pudeur et humanité, des souvenirs douloureux. Au-delà du témoignage, ce livre est aussi un hymne à l'espérance.
Ce volume réunit trois grands reportages que Manuel Chaves Nogales a réalisés en Andalousie pour son journal Ahora, à diverses étapes de la Seconde République. "Avec les paysans andalous" date de novembre 1931, "Semaine sainte à Séville" d'avril 1935, et le récit qui donne son titre au recueil, "L'Andalousie rouge et "la Blanche Colombe"" , de juin 1936. Ce sont d'amples pièces où se mêlent les thématiques andalouse, ethnographique, religieuse, socio-économique et politique. Le journaliste met en lumière l'évolution d'un climat hautement politique, qui va de l'atmosphère pré-révolutionnaire - lors de ses journées avec les paysans -, à une atmosphère annonçant clairement le conflit - lors de son pèlerinage d'El Rocío -, en passant par des pages magistrales dédiées à une Semaine sainte bouleversée par cet élan républicain. Dans chacun des trois récits, le contexte historique et actuel impose sa loi et met à mal tout présage, parfois même d'authentiques réalités d'avant guerre. Mais seule une plume avertie comme celle de Chaves Nogales a su faire de son travail de journaliste une oeuvre intemporelle dont la lecture, aujourd'hui, est un exercice que personne ne devrait négliger.
Quand débute la Seconde Guerre mondiale, Muguet vient à peine de découvrir les plaisirs de la chair et de quitter le nid familial. Bientôt prisonnier des Allemands, il s'évade malencontreusement puis cherche à nouveau le gîte et le couvert, sillonnant l'Europe de cachots en salons princiers, de rencontres fortuites en insolentes conquêtes. Une foule de personnages parcourt les aventures débridées de ce Don Quichotte, qui revient de la guerre comme d'une escapade. L'Europe buissonnière, premier roman d'Antoine Blondin, a reçu le prix des Deux Magots en 1950.