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Quoi qu'il en soit
Madeleine-Perdrillat Alain ; Cousseau Jean-Yves ;
ART 3 ED
24,00 €
Épuisé
EAN :9782909417530
: Quoi qu'il en soit marque l'opposition entre deux choses liées ou entre deux aspects d'une même chose Quoi qu'il en soit du refoulement, le désir laisse des traces. Elles peuvent être tardives, comme cette toile de son père que Jean Yves Cousseau a choisie pour boucler une série photographique consacrée au fatum. Dans l'aveu d'un désir de peinture longtemps tu, cette toile esquisse "un autoportrait en paysage" . Autoportrait de celui qui s'efface, de ce père qui n'est plus et qui s'était saisi pour lui-même dans l'effacement. Mais portrait du fils aussi qui a choisi d'être photographe, à savoir : celui qui rend visible tout en restant caché. Sans être effacé, Jean Yves Cousseau n'est jamais là qu'en creux dans ses photographies... La naissance de Quoi qu'il en soit s'arrime au même punctum de la disparition qui est aussi rencontre de deux projets parallèles. L'un porte sur ce père, ouvrier cheminot qui a osé la peinture à la fin de sa vie. A son départ à la retraite, il avait demandé un appareil photographique pour l'offrir à son fils dont il avait toujours soutenu la vocation, de l'entrée aux Beaux-Arts aux vernissages d'exposition qu'il ne manquait jamais. A sa mort, Jean Yves Cousseau avait découvert sa peinture, et notamment cet autoportrait de l'addendum réalisé à partir d'une photographie aujourd'hui disparue. L'autre projet semble sans lien avec le premier : né de Petite épopée urbaine, livre d'artiste créé en 2013, il rassemble des photographies que Jean Yves Cousseau a placées en séries pour établir, comme par métonymie, une relation du tout de l'image à sa partie. Plus récemment, disposant ces images côte à côte, les travaillant par déchirures, est apparue la récurrence de silhouettes d'hommes qui ne sont pas celles de son père, mais qui réactivent le souvenir de la photographie perdue, modèle de l'autoportrait peint. Comme l'écrit Alain Madeleine-Perdrillat dans son poème, "celui qui marche de dos" porte un nom sans visage. C'est alors que les deux projets ont fusionné en un livre palindrome : du point d'arrivée au point de départ, et réciproquement. Ce point trouve une autre définition dans La Chambre claire, lorsque Barthes définit le punctum : Car punctum, c'est aussi : piqûre, petit trou, petite tache, petite coupure - et aussi coup de dés. Le punctum d'une photo, c'est ce hasard qui, en elle, me point (mais aussi me meurtrit, me poigne) Les photographies de Jean Yves Cousseau connaissent la piqûre : celle du temps qui parsème arbitrairement les gris de ses pointes sépia. A certains endroits, les petites taches s'intègrent au récit de l'image photographique : elles viennent ici nourrir des pigeons, là dessiner des allées de graviers. A d'autres, le mouchetage est tel qu'il recouvre l'image et lui ajoute une seconde vie : celle organique des cellules qu'un microscope aurait grandies, celle d'un ocre mycélium qui aurait gagné la partie. Ne croyons pas qu'elles ne soient que le fruit du hasard : Jean Yves Cousseau les travaille en leur imposant la géométrie des formes élémentaires : on discerne parfois le triangle et le cercle.
Pour l'ouvrage "RODIN. De la main à l'airain " Jean Yves Cousseau qui a eu accès en 2001 aux réserves du musée Rodin, celles de la Galerie des plâtres de Meudon avec ses ateliers de restauration, revient sur sa plongée dans les fonderies d'art de la région parisienne, moments privilégiés et sur ses archives photo-graphiques proposant une approche l'oeuvre sculptée, mettant en lumière la face cachée de la sculpture. C'est un hommage à Rodin ainsi qu'à l'art et à l'excellence de ses artisans. Antoinette Le Normand-Romain analyse les relations que Rodin, "sculpteur des mains" , entretenait lui-même avec ses fondeurs. Alain Madeleine-Perdrillat nous éclaire avec "Vers une autre beauté" , sur l'approche photographique de Jean Yves Cousseau.
Résumé : Vincent Bebert suit son mouvement intérieur qui le pousse vers la peinture et la nature. Il a posé tout son " barda " dehors et a travaillé avec jubilation en Bavière, dans les Alpes, au bord de l'Atlantique ou en Ardèche... Cette résidence d'été à la Fabrique du Pont d'Aleyrac permet de découvrir ses dernières toiles. Alain Madeleine-Perdrillat, historien de l'art, analyse et décrit avec attention le travail de ce peintre de plein air dans une tradition de " la peinture toujours recommencée ". Vincent Bebert, né en 1980, suit son mouvement intérieur qui le pousse vers la peinture et la nature. Le monde du dehors, la nature, lui apparaissent comme des défis à relever. Il a posé tout son " barda " dehors et a travaillé avec jubilation en Bavière, dans les Alpes, au bord de l'Atlantique ou en Ardèche, au pont d'Aleyrac... En lutte avec les éléments, avec la pluie, le vent, l'espace et aussi avec lui-même. Les échanges entretenus avec des " aînés " durant son cheminement l'ont nourri, notamment avec Alexandre Hollan depuis 2005 et avec Sam Szafran de 2013 à 2019. Plusieurs galeries parisiennes lui ont consacré des expositions personnelles. Cette résidence d'été à la Fabrique du Pont d'Aleyrac permet de découvrir ses dernières toiles. Alain Madeleine-Perdrillat, historien de l'art, analyse et décrit avec attention le travail de ce peintre de plein air dans une tradition de " la peinture toujours recommencée ". " Partout se perçoit une véhémence, sinon même une sorte d'acharnement de l'artiste, non à l'égard du motif, qui paraît n'importer que secondairement, mais avec la peinture elle-même, comme si celle-ci l'emportait irrésistiblement, sans qu'il cherche à lui opposer beaucoup de résistance... " Alain Madeleine-Perdrillat
Alain Madeleine-Perdrillat met son érudition au service d'une peinture exposée au musée des beaux-arts d'Arras: La Mort des enfants de Béthel de Laurent de La Hyre. Le titre est incertain mais qu'importe, car si la scène apparaît étrangement paisible, c'est que La Hyre s'est attaché à peindre une "impression poétique" de la mort, seule représentation possible de son caractère inéluctable et mystérieux. L'auteur exprime avec justesse son émotion devant ces ruines et ces corps sans vie qui, s'ils suggèrent la fuite du temps, conservent à jamais la mémoire des défunts.
Né le 17 février 1951 à Bastia, Jean-Paul Marcheschi, est l'auteur d'une oeuvre libre, singulière et puissante, où se mêlent peintures et écritures, sculptures, installations. Accueillie irrégulièrement par les institutions culturelles, mais pour de mémorables expositions parmi lesquelles Les Onze Mille Nuits à la Défense, Le Pharaon Noir à l'Hôtel des Arts de Toulon, Les Fastes au Musée de la préhistoire d'Île-de-France de Nemours, la Biennale de Louvain, son oeuvre n'en a pas moins attiré, depuis plus de trente ans, de grands écrivains et critiques d'art, mais aussi nombre d'universitaires, gens de théâtre et compositeurs, dont Pascal Quignard (Quartier de la Transportation, Éditions du Rouergue), Jacqueline Risset, Gérard Pesson, Nicolas Joel, Jacques Bonnaffé, Philippe Dagen, Dominique Noguez, plus récemment Jacques Roubaud qui lui a consacré deux livres: Les Fastes et Dans les forges du Daïmon aux éditions Lienart. Pourtant, l'art de Marcheschi demeure secret, et en grande partie inaperçu. Philippe Dagen, dès 1992, écrira de nombreux articles à son sujet. Dans une étude remarquable parue dans le catalogue de l'exposition Phâo, il décrit en ces termes Les Onze Mille Nuits: « Ce serait maintenant le moment de dire la beauté visible des Onze Mille Nuits, la puissance lyrique de l'ensemble, la sensualité des noirs, les pulsations qui agitent les lignes et soulèvent les feuilles comme une respiration qui ne veut pas finir. » Le 3 février 2000 dans le Monde, il revient sur cette oeuvre sans équivalent: Jean-Paul Marcheschi accomplit depuis une vingtaine d'années une oeuvre où tout est singulier, de l'emploi du flambeau en guise de pinceau à la présence de l'écriture manuscrite et à celle d'une mémoire poétique, musicale et picturale immense.
Trois peintres sont réunis dans ce livre : le Pontormo (Pontormo, près d'Empoli, 1494 - Florence, 1557), le Rosso (Florence , 1494 - Paris ? 1540), Le Greco (Candie, 1541 Tolède, 1614). En lui, trois astres sont enclos ou alors trois feux. Au Pontormo, les " feux pâles ", au Rosso, les " feux rouges ", au Greco enfin, les " feux noirs ". Quel rapport y a-t-il entre les deux génies du maniérisme toscan et l'?uvre inclassable du Crétois ? Tous trois occupent une place centrale dans l'histoire intime de l'auteur. Ils eurent une grande influence sur son désir de peindre. Solitaires - au delà de toute imagination, rétifs, indépendants, exceptionnellement singuliers, ils empruntent chacun à leur façon, au risque de s'égarer, un chemin contraire. Pourquoi un artiste, engagé depuis plus de trente ans dans sa propre pratique, prendil la décision de les commenter à son tour ? C'est ce à quoi, se proposent de répondre ces " Notes d'un peintre ".