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Goya, les peintures noires. Voir l'obscur
Marcheschi Jean-Paul
ART 3 ED
24,00 €
Épuisé
EAN :9782909417066
Né le 17 février 1951 à Bastia, Jean-Paul Marcheschi, est l'auteur d'une oeuvre libre, singulière et puissante, où se mêlent peintures et écritures, sculptures, installations. Accueillie irrégulièrement par les institutions culturelles, mais pour de mémorables expositions parmi lesquelles Les Onze Mille Nuits à la Défense, Le Pharaon Noir à l'Hôtel des Arts de Toulon, Les Fastes au Musée de la préhistoire d'Île-de-France de Nemours, la Biennale de Louvain, son oeuvre n'en a pas moins attiré, depuis plus de trente ans, de grands écrivains et critiques d'art, mais aussi nombre d'universitaires, gens de théâtre et compositeurs, dont Pascal Quignard (Quartier de la Transportation, Éditions du Rouergue), Jacqueline Risset, Gérard Pesson, Nicolas Joel, Jacques Bonnaffé, Philippe Dagen, Dominique Noguez, plus récemment Jacques Roubaud qui lui a consacré deux livres: Les Fastes et Dans les forges du Daïmon aux éditions Lienart. Pourtant, l'art de Marcheschi demeure secret, et en grande partie inaperçu. Philippe Dagen, dès 1992, écrira de nombreux articles à son sujet. Dans une étude remarquable parue dans le catalogue de l'exposition Phâo, il décrit en ces termes Les Onze Mille Nuits: « Ce serait maintenant le moment de dire la beauté visible des Onze Mille Nuits, la puissance lyrique de l'ensemble, la sensualité des noirs, les pulsations qui agitent les lignes et soulèvent les feuilles comme une respiration qui ne veut pas finir. » Le 3 février 2000 dans le Monde, il revient sur cette oeuvre sans équivalent: Jean-Paul Marcheschi accomplit depuis une vingtaine d'années une oeuvre où tout est singulier, de l'emploi du flambeau en guise de pinceau à la présence de l'écriture manuscrite et à celle d'une mémoire poétique, musicale et picturale immense.
Qu'est-ce que ce langage qui vient tourmenter les peintres ? Il faudrait étudier cette catégorie de l'écrit - journaux, lettres, traités - laissée par les artistes à travers les siècles. Ce sont le plus souvent des textes inconstitués, parfois aberrants, relevant plus du jeter que du penser. Les peintres se tiennent loin des lois du livre et de la grammaire et souvent les ignorent. De ces écritures digressives, de ces phrases lacunaires, je dirais qu'elles sont essentiellement du lisible porté par du visible. Fallait-il faire taire leur disparate, les regrouper par thèmes, leur trouver un ordre ? Si, au départ, parmi les nombreuses versions qu'a connues cet ouvrage, il y eut un désir violent, agressif, polémique, le caractère de pamphlet, s'il demeure encore, s'est beaucoup atténué. Ce livre est aussi et avant tout un chant d'amour à la peinture, cette forme particulière, et qui m'est chère, de la beauté.
En décembre 2018 Toulouse rend hommage à Jean-Paul Marcheschi à travers l'exposition L'Alphabet des Astres, mais aussi avec La voie lactée qui domine avec grandeur la station Carmes de cette ville. Dans cet ouvrage Jean-Paul Marcheschi nous donne sa vision objective des grands ensembles exposés dans cette mini rétrospective. L'Origine du feu, Les Livres rouges, La voie lactée, L'Oiseau de feu, les Lacs, Dante, les Oracles, les Morsures de l'aube, le Grand ciel des étoiles fixes, Mondo Chiaro, les Immatériaux, autant de chapitres qui nous ouvrent à la compréhension de cette oeuvre et surtout à la profondeur de pensée qui nourrit les écrits de Jean-Paul Marcheschi.
La peinture a son ombre, et son nom est Goya. Le voyage au bout de la nuit, lui seul le fait. Imaginons, un instant, le monde sans sa peinture. Toute la nuit disparaît. Étrange que l'Espagne ait recueilli tant de ténèbres alors qu'à l'Italie, à la Grèce, à Rome échurent tant de lumière. Si c'est au carme déchaux Jean de la Croix qu'il revient d'avoir, le premier, nommé La Nuit obscure, à Goya incombera, deux siècles plus tard, de là traduire en peinture. Ce n'est pas la seule nuit d'Espagne qu'il attire dans son oeuvre, mais toute la part d'obscur que l'homme avant lui avait tenue cachée. Et beaucoup de la pensée occidentale se verra entraînée vers ces confins. [...]
Le tableau de Claude Monet intitulé Camille sur son lit de mort a connu un destin étrange. Aussitôt peint, il fut mis au secret par l'artiste lui même et littéralement "enfoui". Il ne réapparaîtra que quarante ans plus tard, rejoignant alors la pleine visibilité historique, à l'occasion du don fait par Katia Granoff à la galerie du Jeu de Paume - musée du Louvre en 1963. Camille Monet, première femme du peintre, meurt, après une longue agonie, le 5 septembre 1879. Il n'y a probablement pas de témoin lorsque Monet, dans la chambre funèbre de la maison de Vétheuil, s'apprête à accomplir l'acte terrible. Dans une confidence qu'il fera, bien plus tard à Clemenceau, Monet y fera allusion, mais à mots voilés, en prenant soin de ne pas nommer son modèle. Que signifie cette omission du nom ? Et cette oeuvre, que représente-t-elle dans la trajectoire du peintre ? N'est-ce pas là, dans la béance provoquée par le deuil, que le peintre va conclure - mais souterrainement - son pacte obscur avec l'eau ? Le peintre Jean-Paul Marcheschi revient sur cette "oeuvre de la honte", dans laquelle il voit l'origine de la grande aventure des Nymphéas.
Rêver le Monde présente l'oeuvre inclassable de Jean Fléaca, poète et artiste. Il nous invite à voir la beauté du monde, à lâcher notre univers quotidien pour nous laisser entraîner dans la joie d'une redécouverte joyeuse et poétique.
La demeure et la veille présente les poèmes et écrits de Jean Damien Chéné - des années 1980 à nos jours - sur l'oeuvre plastique de Bernadette Chéné, son épouse, souvent exposée en France et à l'étranger - USA, Norvège, Tchéchoslovaquie - et présente dans les collections publiques Les reproductions se mêlent aux écrits comme si les deux ne faisaient plus qu'une oeuvre, entraînant le lecteur à suivre ce fil d'Ariane d'une page à l'autre.
On a pu remarquer dans mes peintures des mots à moitié lisibles, des dates, des nombres quelquefois, des esquisses aussi. Ce peu de langage, jamais relu, souvent jeté avec violence au fond de mes nuits, se situe au plan le plus éloigné de la vue. Ces fragments issus du sommeil et du feu qui n'ont ni sens, ni centre, ni direction, semblent n'aller nulle part. Ils furent notés très tôt, dans la somnolence du matin ou bien à des heures avancées de la nuit, souvent dans l'insomnie. Ca et là, cependant, ces filets de mots grossissent jusqu'à former des blocs, des semblants de réponses ; mais ces fusées s'éteignent vite, déçoivent le langage et retombent autour de cette île aberrante - ma peinture - entourée de sommeil et qui occupe la masse principale de ma vie. " JP Marcheschi
Le tableau de Claude Monet intitulé Camille sur son lit de mort a connu un destin étrange. Aussitôt peint, il fut mis au secret par l'artiste lui même et littéralement "enfoui". Il ne réapparaîtra que quarante ans plus tard, rejoignant alors la pleine visibilité historique, à l'occasion du don fait par Katia Granoff à la galerie du Jeu de Paume - musée du Louvre en 1963. Camille Monet, première femme du peintre, meurt, après une longue agonie, le 5 septembre 1879. Il n'y a probablement pas de témoin lorsque Monet, dans la chambre funèbre de la maison de Vétheuil, s'apprête à accomplir l'acte terrible. Dans une confidence qu'il fera, bien plus tard à Clemenceau, Monet y fera allusion, mais à mots voilés, en prenant soin de ne pas nommer son modèle. Que signifie cette omission du nom ? Et cette oeuvre, que représente-t-elle dans la trajectoire du peintre ? N'est-ce pas là, dans la béance provoquée par le deuil, que le peintre va conclure - mais souterrainement - son pacte obscur avec l'eau ? Le peintre Jean-Paul Marcheschi revient sur cette "oeuvre de la honte", dans laquelle il voit l'origine de la grande aventure des Nymphéas.