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Cézanne, Rodin, Picasso, Twombly... L'ouvert sans fin des peintres
Marcheschi Jean-Paul
ART 3 ED
24,00 €
Épuisé
EAN :9782909417172
Qu'est-ce que ce langage qui vient tourmenter les peintres ? Il faudrait étudier cette catégorie de l'écrit - journaux, lettres, traités - laissée par les artistes à travers les siècles. Ce sont le plus souvent des textes inconstitués, parfois aberrants, relevant plus du jeter que du penser. Les peintres se tiennent loin des lois du livre et de la grammaire et souvent les ignorent. De ces écritures digressives, de ces phrases lacunaires, je dirais qu'elles sont essentiellement du lisible porté par du visible. Fallait-il faire taire leur disparate, les regrouper par thèmes, leur trouver un ordre ? Si, au départ, parmi les nombreuses versions qu'a connues cet ouvrage, il y eut un désir violent, agressif, polémique, le caractère de pamphlet, s'il demeure encore, s'est beaucoup atténué. Ce livre est aussi et avant tout un chant d'amour à la peinture, cette forme particulière, et qui m'est chère, de la beauté.
Trois peintres sont réunis dans ce livre : le Pontormo (Pontormo, près d'Empoli, 1494 - Florence, 1557), le Rosso (Florence , 1494 - Paris ? 1540), Le Greco (Candie, 1541 Tolède, 1614). En lui, trois astres sont enclos ou alors trois feux. Au Pontormo, les " feux pâles ", au Rosso, les " feux rouges ", au Greco enfin, les " feux noirs ". Quel rapport y a-t-il entre les deux génies du maniérisme toscan et l'?uvre inclassable du Crétois ? Tous trois occupent une place centrale dans l'histoire intime de l'auteur. Ils eurent une grande influence sur son désir de peindre. Solitaires - au delà de toute imagination, rétifs, indépendants, exceptionnellement singuliers, ils empruntent chacun à leur façon, au risque de s'égarer, un chemin contraire. Pourquoi un artiste, engagé depuis plus de trente ans dans sa propre pratique, prendil la décision de les commenter à son tour ? C'est ce à quoi, se proposent de répondre ces " Notes d'un peintre ".
Quel singulier destin que celui de Piero della Francesca, " peintre sublime " - ainsi que le qualifièrent ses contemporains - sombré progressivement dans l'abandon puis dans l'oubli. Sa fortune critique ne commence vraiment qu'avec le XXe siècle. Il fut pour Matisse, De Chirico, les cubistes, pour Balthus, Hantaï et jusqu'à Tarkovski dans son cinéma, une source d'inspiration intense. Opera chiusa, œuvre fermée, c'est ainsi que Pasolini qualifiait son propre travail. C'est bien de cette catégorie que relève l'œuvre de Piero della Francesca. , en ce sens à la fois lumineux et rétif, qui semble se retirer et s'offrir, là est son mystère. C'est son secret.
Né le 17 février 1951 à Bastia, Jean-Paul Marcheschi, est l'auteur d'une oeuvre libre, singulière et puissante, où se mêlent peintures et écritures, sculptures, installations. Accueillie irrégulièrement par les institutions culturelles, mais pour de mémorables expositions parmi lesquelles Les Onze Mille Nuits à la Défense, Le Pharaon Noir à l'Hôtel des Arts de Toulon, Les Fastes au Musée de la préhistoire d'Île-de-France de Nemours, la Biennale de Louvain, son oeuvre n'en a pas moins attiré, depuis plus de trente ans, de grands écrivains et critiques d'art, mais aussi nombre d'universitaires, gens de théâtre et compositeurs, dont Pascal Quignard (Quartier de la Transportation, Éditions du Rouergue), Jacqueline Risset, Gérard Pesson, Nicolas Joel, Jacques Bonnaffé, Philippe Dagen, Dominique Noguez, plus récemment Jacques Roubaud qui lui a consacré deux livres: Les Fastes et Dans les forges du Daïmon aux éditions Lienart. Pourtant, l'art de Marcheschi demeure secret, et en grande partie inaperçu. Philippe Dagen, dès 1992, écrira de nombreux articles à son sujet. Dans une étude remarquable parue dans le catalogue de l'exposition Phâo, il décrit en ces termes Les Onze Mille Nuits: « Ce serait maintenant le moment de dire la beauté visible des Onze Mille Nuits, la puissance lyrique de l'ensemble, la sensualité des noirs, les pulsations qui agitent les lignes et soulèvent les feuilles comme une respiration qui ne veut pas finir. » Le 3 février 2000 dans le Monde, il revient sur cette oeuvre sans équivalent: Jean-Paul Marcheschi accomplit depuis une vingtaine d'années une oeuvre où tout est singulier, de l'emploi du flambeau en guise de pinceau à la présence de l'écriture manuscrite et à celle d'une mémoire poétique, musicale et picturale immense.
En décembre 2018 Toulouse rend hommage à Jean-Paul Marcheschi à travers l'exposition L'Alphabet des Astres, mais aussi avec La voie lactée qui domine avec grandeur la station Carmes de cette ville. Dans cet ouvrage Jean-Paul Marcheschi nous donne sa vision objective des grands ensembles exposés dans cette mini rétrospective. L'Origine du feu, Les Livres rouges, La voie lactée, L'Oiseau de feu, les Lacs, Dante, les Oracles, les Morsures de l'aube, le Grand ciel des étoiles fixes, Mondo Chiaro, les Immatériaux, autant de chapitres qui nous ouvrent à la compréhension de cette oeuvre et surtout à la profondeur de pensée qui nourrit les écrits de Jean-Paul Marcheschi.
La demeure et la veille présente les poèmes et écrits de Jean Damien Chéné - des années 1980 à nos jours - sur l'oeuvre plastique de Bernadette Chéné, son épouse, souvent exposée en France et à l'étranger - USA, Norvège, Tchéchoslovaquie - et présente dans les collections publiques Les reproductions se mêlent aux écrits comme si les deux ne faisaient plus qu'une oeuvre, entraînant le lecteur à suivre ce fil d'Ariane d'une page à l'autre.
Le tableau de Claude Monet intitulé Camille sur son lit de mort a connu un destin étrange. Aussitôt peint, il fut mis au secret par l'artiste lui même et littéralement "enfoui". Il ne réapparaîtra que quarante ans plus tard, rejoignant alors la pleine visibilité historique, à l'occasion du don fait par Katia Granoff à la galerie du Jeu de Paume - musée du Louvre en 1963. Camille Monet, première femme du peintre, meurt, après une longue agonie, le 5 septembre 1879. Il n'y a probablement pas de témoin lorsque Monet, dans la chambre funèbre de la maison de Vétheuil, s'apprête à accomplir l'acte terrible. Dans une confidence qu'il fera, bien plus tard à Clemenceau, Monet y fera allusion, mais à mots voilés, en prenant soin de ne pas nommer son modèle. Que signifie cette omission du nom ? Et cette oeuvre, que représente-t-elle dans la trajectoire du peintre ? N'est-ce pas là, dans la béance provoquée par le deuil, que le peintre va conclure - mais souterrainement - son pacte obscur avec l'eau ? Le peintre Jean-Paul Marcheschi revient sur cette "oeuvre de la honte", dans laquelle il voit l'origine de la grande aventure des Nymphéas.