Machinal Hélène ; Evette Jean-Baptiste ; Louvel Li
KIME
20,30 €
Épuisé
EAN :9782841744572
Mystères de Londres ? Comme au titre de cette saga criminelle que Féval imaginait, peuplant la cité londonienne de formes inquiétantes et terribles. Le mythe fantastique de Londres est bien ancré dans les imaginaires contemporains depuis le gothique victorien, les errances nocturnes de Jack l'éventreur et de Sherlock Holmes, celle de Mister Hyde ou de Dracula, il se répercute dans un ample réseau de réécritures et d'images qui voient dans ses motifs et ses figures privilégiés un théâtre fictionnel où se représentent les contradictions des groupes sociaux, des désirs privés et des formes les plus outrées de l'inégalité née du monde de la marchandise et du commerce. Brume et bas-fonds, East End et Mayfair, ordre edwardien et refoulement victorien contribuent à faire des bords de la Tamise un lieu fantastique majeur dans l'imaginaire européen. Cette livraison d'Otrante entend arpenter ce lieu essentiel en empruntant aussi bien le chemin des références fondamentales (Hogarth, Dickens, Mayhew) que le lacis de ses écritures policières et fantastiques (Stevenson, Stoker, Machen, Conan Doyle) tout en débusquant certaines configurations contemporaines (Rushdie ou Sebald). Mais ce parcours est aussi un ensemble d'images et de fictions, de voix d'écrivains, par le jeu de textes oubliés ou de paroles récentes que l'on voudra solliciter par l'illustration et l'entretien (Evette, Naugrette) ou grâce à une fiction inédite de Adam Thorpe. C'est également au cinéma, en Amérique comme en Europe, que les représentations de Londres ont dessiné un paysage fantastique spécifique, des reconstructions des studios de la Universal et de la Hammer jusqu'au renouveau du cinéma de genre anglais qui livre la cité à l'invasion des zombies, de la catastrophe virale et écologique.
Le monstre est un motif récurrent et inépuisable des histoires à faire peur ? il est tapi, secret, dans notre quotidien. Figure malléable à l'extrême, il peut prendre une infinité de formes, et autorise une créativité sans véritable limite. Sa monstruosité peut même consister en ce qu'il n'a pas une forme fixe. Aussi, dès lors qu'on se penche sur la question du monstrueux, s'impose la question des signes, si instables soient-ils, qui permettraient de le désigner comme tel, et celle de savoir si ces signes sont identifiables. L'objectif du présent ouvrage est d'analyser de quelles manières les différents arts s'emparent de l'altérité monstrueuse pour en penser les signes, et pour pousser ceux-ci vers leurs limites : littérature, sculpture, peinture, cinéma, bande dessinée, séries télévisées, jeux vidéos, installations et performances ont vocation à mettre en scène, et à interroger, les formes du monstrueux.
Depuis les années 2000, la fiction s'est peuplée de créatures artificielles et d'humains augmentés, de mondes virtuels ou parallèles, d'intelligences artificielles et de mondes postcataclysmiques qui renouvellent les questionnements sur l'identité humaine. Avec l'avènement des séries à narration complexe, la fiction explore à l'écran les possibles devenirs de l'humain. En s'appuyant sur des séries qui hybrident science-fiction et récit policier, ce livre étudie les représentations du posthumain à l'écran. De Fringe à Westworld, de Person of Interest à Sense8, Mr Robot ou The Expanse, des héros faisant office de détectives du futur croisent androïdes, cyborgs, robots et clones dans des séries télévisées qui nous interrogent sur l'avenir de l'être humain.
Résumé : Tout le monde connaît Sherlock Holmes, mais son créateur est moins connu et le restant de son ?uvre quasiment méconnu. Pourquoi un tel écart entre ce personnage de détective, qui est devenu un mythe littéraire, et le reste de l'?uvre de Conan Doyle ? En réinscrivant le cycle holmesien dans un parcours littéraire et spirituel, le présent ouvrage souhaite replacer sur le devant de la scène des textes fascinants tels que " Le Trou du Blue John " ou " Le Miroir d'argent ", Le Monde perdu ou " L'Horreur des altitudes ". Tout au long de sa carrière, Doyle présente la particularité d'avoir écrit des nouvelles qui se rattachent aux trois genres auxquels la presse périodique de l'époque ouvre ses colonnes : les récits policiers, fantastiques et de science-fiction. Que cache une telle versatilité ? Y a-t-il cohérence ou rupture entre ces différents modes narratifs ? Existe-t-il des passerelles, un fil rouge qui traverserait l'écheveau de l'imaginaire doylien ? L'objet du livre d'Hélène Machinal est de montrer les questionnements d'une plume en tension perpétuelle entre un ancrage dans la rationalité et une dynamique de découverte de l'inconnu.
L'idéologie américaine repose sur un principe : chacun peut réussir dans ce pays s'il s'en donne la peine. Cette assertion a inspiré un concept : le rêve américain. Cependant, comme dans tout autre pays, seule une minorité connaît le succès. Si l'essentiel du cinéma américain fait l'apologie des Etats-Unis, il existe un faible pourcentage de cinéastes qui ont choisi, dès la naissance du parlant au moins, d'offrir une image beaucoup plus sombre de leur pays. Ainsi est né un personnage paradoxalement très américain, le loser, celui qui, pour avoir cru au rêve, paye le plus souvent sa conviction au prix de sa déchéance et même de sa vie. En réalité, le loser est le produit de trois données : l'histoire, qui repose sur un quasi-génocide et sur l'esclavage ; le calvinisme, qui fait de l'élection divine le moteur de toute existence ; le capitalisme qui privilégie absolument la réussite économique au détriment de la loi sociale. Avec plus ou moins de constance, tous les genres cinématographiques ont montré des personnages de losers, mettant ainsi en évidence une véritable sociologie des laissés-pour-compte. Ce faisant, le cinéma américain, montrant les tares d'une société productrice d'individus trahis par l'illusion à laquelle elle incite à croire, démontre à la fois que l'Amérique n'est pas l'Eden dans lequel les Pèlerins ont pensé pénétrer, et qu'elle est condamnée, comme le loser, à l'échec, parce qu'elle contient dans ses fondements les tares qui auront raison d'elle.
A l'occasion du centenaire Proust, la maladie personnelle de Marcel Proust est venue occuper la scène biographique sans toujours apercevoir toute la dimension idiosyncrasique de l'oeuvre. Car l'asthme dont souffre Marcel Proust comme une maladie chronique est redoublé ici par celui du Narrateur : son corps souffre autant de la maladie d'amour que de la maladie physique, à moins que la première n'ait déclenché la seconde. Pour cela le thème de la maladie est essentiel car il vient manifester le temps dans le corps ; il met aussi en péril la permanence du moi au point d'apercevoir qu'il n'était constitué que du temps passé, incorporé. Notre étude nous conduira ainsi d'une critique de la médecine comme science du corps objet à l'avènement du thème de la guérison. L'écriture de A la recherche du temps perdu comme métamorphose de toute maladie, facilite cette conversion du vécu intime de l'amour en vécu phénoménologique dégageant l'essence de l'amour. Forme d'exorcisme, l'écriture permet à tout un chacun de se reconnaître. Le narrateur nous ressemble puisque son récit nous touche en atteignant la condition commune, celle de la souffrance.
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.