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La Route de Samarcande
Loubes Jean-Paul ; Dubourg Vincent
SEXTANT
16,00 €
Épuisé
EAN :9782849780237
Mais qui est Stas? Entre les légendes de l'Orient, ses récits à faire dresser les cheveux sur la tête, et la réalité post-soviétique d'une république d'Asie centrale, le personnage de Stas se fraye un chemin parce qu'il faut bien continuer. Il y a des odeurs de bouillon de poule et des relents de KGB finissant dans ce récit où l'on avance sur une frontière floue entre la fiction et la réalité. Ici, nous prenons une leçon d'histoire et là, nous rencontrons un personnage de roman. Des villes désertes le soir, où l'on croise des soldats poussant des barrières de contrôle routier et de belles femmes blondes en chapkas. La Russie d'avant? Pas si simple. Il y a aussi les coupoles bleues de Samarcande, les rendez-vous furtifs sur les remparts de Kiva et des conciliabules inquiétants dans le Harem Bleu. Dans la lignée des Bouvier, Cendrars, White, c'est un regard particulier sur le monde, un regard de poète ethno-archéologue, que nous offre l'auteur, sur des contrées balayées par l'histoire contemporaine. Biographie: Jean-Paul Loubes poursuit depuis une vingtaine d'années un vaste parcours de l'espace asiatique, de la Terre jaune dans la Chine de Segalen jusqu'aux déserts d'Asie centrale. Architecte et anthropologue, il vit et écrit sur la côte atlantique à Andernos et enseigne à l'Ecole d'Architecture de Bordeaux ainsi qu'à l'EHESS (Paris). Vincent Dubourg est photographe et réside à Pau. Il a travaillé sur les hommes et les paysages des montagnes pyrénéennes avant de voyager en Chine et en Asie centrale.
Son formidable développement économique a propulsé la Chine comme la nouvelle puissance mondiale du XXIe siècle, présente sur tous les continents. Sur son territoire même, la soumission des cultures périphériques à un vaste mouvement de sinisation a bouleversé les équilibres. Cet ouvrage nous permet de comprendre le modèle chinois dans son efficience et son pouvoir de transformation de l'espace urbain, depuis les années 1990, au Xinjiang ouïghour et en Mongolie intérieure. Outil stratégique dans la sinisation des villes-oasis des Routes de la soie, de peuplement ouïghour et de confession musulmane, la régularité chinoise modèle les zones d'expansion que sont, avec le Tibet, le Xinjiang et la Mongolie. Cette réorganisation de l'espace, engagée en réalité au début de notre ère, connaît depuis une vingtaine d'années une rapidité et une radicalité exceptionnelles. Des scenarii inédits de destruction, de transformation ou d'édification de villes apparaissent : à Kashgar, Urumqi, Ordos. Un ouvrage essentiel pour comprendre les transformations de l'espace urbain dans cette partie du monde.
Au cœur de la Chine des origines, dans la région qui accueillit la capitale pendant plusieurs siècles et dont le rayonnement culturel fut considérable, trente à cinquante millions de personnes vivent dans des grottes. Parfois des " grottes construites ", des habitats creusés, dans le flanc des collines ou " en puits " dans le sol des plaines. Cette architecture très originale est liée à la qualité de la terre de la région du fleuve Jaune, le lœss. Mais c'est aussi la façon qu'ont trouvée les hommes de s'adapter à leur environnement, dans le respect des principes de leur mythologie. L'avenir de cet habitat traditionnel, dont les qualités sont indéniables, dépend largement d'une politique dont les revirements furent radicaux sur ce sujet. Le texte d'un architecte et plus de 100 photographies rendent compte de la diversité, et parfois de l'extraordinaire complexité de l'habitat troglodytique et de la vie qui s'y organise.
L'actualité jette périodiquement un coup de projecteur sur des révoltes meurtrières à Kashgar, à Urumqi, à Guldja, mais très vite le livre se referme sur ces contrées de la lointaine Asie centrale chinoise. Qui sont ces Ouïghours qui périodiquement secouent le joug que les Chinois font peser sur eux et sur leur culture ?" Extrait du texte de Jean-Paul Loubes "Ce va-et-vient entre une absence photographiée et une présence photographique est au centre du propos de l'artiste et de ce qu'elle entend par "documentaire conceptuel", à savoir un travail qui tout en documentant une réalité donnée, en l'occurrence sociale, territoriale et politique, interroge, sous forme de clins d'oeil, de mises en abîme ou d'accentuations de tel ou tel éléments constituant les dispositifs et acte photographiques, le processus de production des images". Extrait du texte de Erik Verhagen.
Un homme devant la page blanche revoit le temps de l'enfance. Le début de ce qu'il nomme la traversée. Il y eut ce " coup de dague dans la hanche " qui fit de lui un petit infirme allongé dans La carriole, cette " mauvaise voiture, légère et médiocre ", bricolée dans l'atelier d'un grand-père. Durant toute une année le char de ce petit roi fainéant qu'ils appelaient " le polio ", lui permit, tel Camus à Tipasa, de " célébrer les noces avec le monde " : la " première femme " ou encore " l'irremplaçable ", les beautés de l'Art, les livres de Jules Verne... une idée du bonheur. L'enfant couché dit comment cet Amour a aussi consisté à déposer dans son âme d'enfant un pessimisme salutaire, celui qui lui permit un jour de grandir et de passer sans trop de dégâts des Contes de Perrault au Docteur Mengele. C'était quand, rétabli sur ses deux pattes et à l'âge du lycée, une mère aimante ne lui enleva pas des mains ce best-seller des temps d'apocalypse qu'était alors Mein Kampf. Quand aujourd'hui le vieil homme à la barbe de sel se rase devant sa glace, il est étonné de voir en face de lui le petit avorton, le boiteux d'autre fois, qui le regarde en rayonnant de joie comme au temps de la carriole. Que s'est-il donc passé depuis ce temps de l'enfance ? " Je revoyais ma vie du temps de la carriole en même temps que je me demandais ce que je transmettrais à ceux que j'aime. Une tenace lucidité m'assurait que je ne serai d'aucune utilité pour les prévenir de la barbarie que je voyais s'avancer ".
La vie passionnante d'Élisée Reclus, (1830-1905), un des plus grands géographes français, précurseur de l'écologie, auteur de la Géographie universelle (dix tomes!), anarchiste, libertaire, amoureux de la terre, homme de passion et de rigueur, raconté dans un style vivant, empathique par Hélène Sarrazin, spécialiste de son oeuvre. Avec Reclus, on parcourt la terre par la route:- la Dordogne dans une famille protestante (son père est pasteur), la Sierra Nevada dans sa jeunesse, Paris, Sicile, Lugano, etc. On vit le bouillonnement d'une époque pleine d'utopie généreuse: Reclus est un homme engagé dans sa société, un homme politique (c'est un ami de Bakounine) et c'est toute une traversée, aux multiples remous, de la société européenne de la seconde moitié du 19è siècle que nous vivons à travers le destin singulier de cet homme. Biographie: Hélène Sarrazin, historienne et romancière, vit à Bordeaux. Elle a publié notamment Le Pont de la Garonne (Aubéron), Les Chevaux de bronze (La Découverte)
Garibaldi Giuseppe ; Saint Victor Jacques de ; Gon
Giuseppe Garibaldi (1807 - 1882) est surtout connu en France pour son combat pour l'unification de l'Italie et on sait moins que le marin niçois s'engagea avec passion dans plusieurs révolutions d'Amérique latine ou qu'il fut élu député de Paris. Capitaine corsaire au Brésil, révolutionnaire républicain en Argentine, combattant habile en Europe, Garibaldi, mit, chaque fois qu'il le put et partout où on avait besoin de lui, son énergie et son courage au service de la justice sociale et de l'émancipation des peuples. Même si son grand combat resta l'unité de l'Italie - un succès grâce notamment à l'incroyable expédition des Mille -, le guerillero à la chemise rouge fut un vrai héros romantique, insensible aux honneurs et acclamé par les foules du monde entier. Écrites sur l'île de Caprera, ses Mémoires se lisent comme un grand roman d'aventures.
Je repérai un embranchement de rail. Avec l'aide de mes compagnons, je plaçai cinq ou six charges dans les aiguillages en les fixant avec du sparadrap, comme j'avais appris à le faire, de manière à produire le plus de dégâts possible. J'enfonçai les détonateurs profondément dans les explosifs et les reliai entre eux par du cordeau détonant. Enfin, après avoir placé des crayons à retardement d'une demi-heure à l'extrémité des cordons Bickford, j'écrasai les ampoules des crayons. Un dernier regard pour voir si tout était en ordre et nous nous éclipsâmes sans bruit. Nous n'allâmes pas loin. Nous nous mîmes à l'abri d'une haie et nous restâmes là. Les minutes passaient, lentes. La demi-heure approchait. Toujours rien. C'est raté, dit un de mes compagnons. À ce moment même retentit une explosion formidable qui réveilla la campagne endormie. Sans attendre, le c?ur en fête, nous rejoignîmes notre véhicule.