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POESIE COMPLETE
LORRAIN JEAN
SANDRE
49,00 €
Épuisé
EAN :9782358211017
En quelque vingt ans de vie littéraire, Jean Lorrain (1855-1906) ne publiera que cinq volumes de poésie, ce qui est bien peu comparé à son importante oeuvre en prose. Lorrain était pourtant un poète passionné. Les journaux et revues, son théâtre, ses contes, ses romans et nouvelles, ses chroniques, ses chansons, sa correspondance, les lectures publiques qu'il faisait de ses poèmes chez les uns et les autres témoignent de cet amour qui débuta dès l'enfance pour ne s'éteindre qu'avec lui. Ainsi, contrairement à l'impression donnée par la publication de ces cinq recueils, son activité poétique s'est non seulement inscrite dans la durée, elle s'est aussi manifestée par une intense production. Même si sa poésie n'a pas connu le même succès que ses romans, elle a su être appréciée de plusieurs de ses contemporains, notamment de François Coppée, Stanislas de Guaïta, Henri de Régnier, Jean Richepin, Joris-Karl Huysmans et Leconte de Lisle. Ce volume réunit Le Sang des dieux (1882), La Forêt bleue (1883), Modernités (1885), Les Griseries (1887), L'Ombre ardente (1897) ainsi qu'une soixantaine de poèmes, la plupart inconnus du public et des spécialistes.
Sous la thématique de l'horreur des grenouilles et des crapauds, Jean Lorrain décline en quatre contes une ambiguë fascination/répulsion faite de monstruosités en tout genre, d'abjections. Les contes de Lorrain mêlent féerie, magie noire, onirisme, transgressions et pulsions inavouables au point que, de l'homme ou de la bête, c'est avant tout la bête humaine que traque Lorrain.
Sur la Riviera, Jean Lorrain (1855-1906), chroniqueur satirique mais aussi dandy, brosse l'intimité luxueuse et luxurieuse d'une faune interlope en mal de villégiatures et d'amours. Stigmatisant les prétentions et les niaiseries, ces chroniques de la Belle Epoque, sensuelles et sadiques, parurent dans les journaux du temps et ne furent réunies par leur auteur qu'en 1905. Lorrain disait que "[...] les ménages du grand monde passant la porte d'un salon lui apport[aient], par la laideur des femmes, l'idée que dans ce monde, les hommes étaient les prostituées, tandis que dans le bas de la société, dans le peuple, c'étaient les femelles." (Journal des Goncourt, 13 mai 1884.) Lorrain croque, à la manière d'un Lautrec, des corps vitriolés par l'âge: "Le corps humain, quelle source de joies et de surprises inespérées pour l'oeil de l'artiste! Depuis quarante ans que je l'étudie, je découvre tous les jours en lui des aspects que j'ignore..." (Le Journal, 30 juillet 1899, Raitif de la Bretonne, pseudonyme de Jean Lorrain). Jamais l'art n'alla plus loin dans le dosage méticuleux de sucre et de piment, de la confiture de rose et du poivre rouge. Remy de Gourmont. Mon cher Lorrain, je crois très franchement que votre littérature reste Le plus sérieux de mes vices. J.-K. Huysmans. Il peignait le vice, s'y attarda, s'y complut: cela est incontestable car il percevait nettement que le vice fait plus de martyrs que la vertu [...] Octave Uzanne.
Sur la Côte d'Azur, au début du siècle, Viviane de Nalie - dans la réalité Liane de Pougy - est partagée entre son amour pur et naïf pour le sculpteur Georges d'Auricourt et une passion exclusivement charnelle, perverse pour le dramaturge Luc Favorsbourg, double romanesque d'Henry Bernstein. Il n'est question dans ce roman que de tromperies, de perfidies, de corruptions, de suicides, et d'étreintes fiévreuses. Les personnages, courtisanes, gigolos, actrices de petite vertu, littérateurs aux ambitions démesurées, évoluent dans une Riviera cosmopolite que Lorrain dépeint en moraliste acéré. Portraits au vitriol et dialogues cyniques font de ce Poison de la Riviera l'une des oeuvres les plus représentatives de la Belle Epoque. Mais Le Poison de la Riviera, c'est aussi l'histoire d'un scandale littéraire. En 1912, Georges Normandy, écrivain mineur et exécuteur testamentaire de Jean Lorrain (1855-1906), publie un roman, L'Automne d'une fille. En fait, il s'agit d'un inédit de Jean Lorrain. Son disciple Normandy se l'est approprié en censurant les passages les plus scandaleux.
Pomerand Gabriel ; Baratier Jacques ; Dussert Eric
Résumé : Ecrit en 1949, publié l'année suivante, ce "grimoire" nous vie à la traversée d'un quartier incorruptible au sein d'un monde qui s'écroule : celui de Saint-Germain-des-Prés. C'est sous des oripeaux poético-sociologiques que se révèle ce ghetto halluciné et déroutant, "bague au doigt de Paris". En une vision quasi mythologique, Pomerand en restitue les beuglants, les voyous, les ivrognes, l'église "l'unique sauvage du quartier" , les putains intellectuelles, le jazz et les "pouètes" (on y croise notamment Cocteau, Vian ou encore Sartre). En regard de ce long poème ardent qui préfigure les expérimentations de la beat generation, "L'Archange" Pomerand donne quarante-sept planches métagraphiées : manières de rébus faisant chanter les signes, elles viennent habiller le texte et lui insuffler une symbolique nouvelle, donnant à cette oeuvre majeure le ton d'"un cran d'arrêt dans le verbiage".
Cet essai pose la question de notre condition géographique à la faveur de la redécouverte de deux figures de l'Angleterre du premier XIXe siècle : William Gilpin (1724-1804) et John Thelwall (1764-1834). Le premier, qui, avec sa théorie de la beauté pittoresque, cherche à faire valoir l'atmosphère des sites tourmentés, influença Thoreau et les peintres américains de la nature. Le second, lecteur de Gilpin, marqua la sensibilité romantique anglaise, notamment ses compagnons Coleridge et Wordsworth. Si Gilpin inaugure une nouvelle façon de considérer l'espace, lequel cesse de n'être qu'un panorama — l'émotion naît du contact physique avec la nature et non plus seulement de sa représentation artistique —, Thelwall insuffle une dimension supplémentaire : ses observations, à la fois sensibles à la nature et attentives à ceux qui l'habitent, conduisent ce poète-paysan excentrique à développer une perception où philosophie de la nature et philosophie sociale sont inséparables.
Bernd Manuel Weischer est un orientaliste allemand. Né en 1937, disciple de l'illustre arabisant Cari Brockelmann, il est un des derniers représentants éminents de l'école orientaliste allemande, possédant une formation philologique irréprochable et une maîtrise parfaite tant de l'arabe que du persan. Il a publié de nombreux essais sur Attar, sur Kirmani, sur la mystique musulmane ainsi qu'un volumineux corpus de textes protochrétiens traduits du vieil éthiopien et un autre corpus traduit du grec sur la symbolique chrétienne. Il a passé sa vie dans plus d'une dizaine de pays musulmans où il a enseigné dans les universités, donné des conférences et travaillé comme conseiller pour divers organismes allemands et internationaux. C'est ce parcours qui va de l'Indonésie en passant par les Emirats, l'Afghanistan, le Sénégal jusqu'au Maroc où il vit aujourd'hui dont il nous relate les étapes dans ce livre à la fois savant et personnel.
Emile Zola n'est guère réputé pour sa mélomanie, et il ne s'est lui-même pas privé d'ironiser sur sa supposée ignorance en matière musicale. Pour autant, il est indéniable que sa plume fut souvent virulente à l'encontre de la musique en vogue : Offenbach et l'opérette, genre alors très couru, en furent les victimes régulières, pour la raison que, selon lui, celle-ci est le symbole même de la corruption politique, financière et morale du Second Empire. Zola se méfiait aussi du grand Opéra, car il établissait une séparation nette entre la littérature et la musique : alors que la première réclame de ses lecteurs de la réflexion et une attention soutenue, la seconde se contenterait d'une écoute superficielle, car elle ne parlerait qu'aux sens, et non à la raison. L'auteur de Germinal s'en prenait en outre à une certaine forme de romantisme frelaté, faite d'idéalisme souffreteux et de mièvrerie, véhiculée par les oeuvrettes alors à la mode dans les salons. Son jugement semble sans appel. Pourtant, tout n'est pas si simple... Zola sera notamment un fervent partisan de Wagner, Verdi, Bizet ou encore Berlioz ; et, à partir de 1888, il mènera une fructueuse collaboration artistique avec Alfred Bruneau, imprimant à sa carrière une orientation nouvelle. Même s'il prétendait ne rien connaître à la musique, ses écrits témoignent du contraire : les textes que nous réunissons ici une centaine d'articles de critiques qu'il a livrés à la presse entre 1865 et 1897, ainsi que plusieurs entretiens donnés dans les années 1890 comportent maintes références à des compositeurs et à des oeuvres musicales. Corrigeant l'image d'un homme réfractaire à l'art d'Euterpe, ces documents donnent à voir la richesse des goûts et des conceptions musicales de Zola.