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Venise
Lorrain Jean ; Walbecq Eric
BIBLIOTHEQUE
10,00 €
Épuisé
EAN :9791093098302
Texte rare où retentit cet accord unique entre Venise, ses palais, ses lagunes et cette écriture fin de siècle, dite décadente. Saint- Marc précieux, gorgé comme une phrase de Huysmans ou de Lorrain. C'est la même orfèvrerie... Jamais auparavant Jean Lorrain n'avait écrit aussi longuement sur une ville. "La plus grande émotion de ma vie" , écrit Lorrain à sa mère en découvrant Venise. Venise est LA Ville, "Ma Ville" comme il le dit régulièrement à ses correspondants dans ses différentes lettres. Son enthousiasme n'est nullement feint, il est le reflet d'un dernier amour pour une ville, comme Paris fut pour lui au milieu des années 1880 un nouvel espoir. Venise marque donc une apothéose dans sa vie. Repris seulement en 1921 dans un volume de voyages à un tirage limité, ce texte fut originellement publié dans la Revue illustrée en deux livraisons en 1905. L'ouvrage comporte un choix de ses lettres vénitiennes. Publié en 1992 aux éditions La Bibliothèque, le revoilà en poche en 2024...
Sur la Riviera, Jean Lorrain (1855-1906), chroniqueur satirique mais aussi dandy, brosse l'intimité luxueuse et luxurieuse d'une faune interlope en mal de villégiatures et d'amours. Stigmatisant les prétentions et les niaiseries, ces chroniques de la Belle Epoque, sensuelles et sadiques, parurent dans les journaux du temps et ne furent réunies par leur auteur qu'en 1905. Lorrain disait que "[...] les ménages du grand monde passant la porte d'un salon lui apport[aient], par la laideur des femmes, l'idée que dans ce monde, les hommes étaient les prostituées, tandis que dans le bas de la société, dans le peuple, c'étaient les femelles." (Journal des Goncourt, 13 mai 1884.) Lorrain croque, à la manière d'un Lautrec, des corps vitriolés par l'âge: "Le corps humain, quelle source de joies et de surprises inespérées pour l'oeil de l'artiste! Depuis quarante ans que je l'étudie, je découvre tous les jours en lui des aspects que j'ignore..." (Le Journal, 30 juillet 1899, Raitif de la Bretonne, pseudonyme de Jean Lorrain). Jamais l'art n'alla plus loin dans le dosage méticuleux de sucre et de piment, de la confiture de rose et du poivre rouge. Remy de Gourmont. Mon cher Lorrain, je crois très franchement que votre littérature reste Le plus sérieux de mes vices. J.-K. Huysmans. Il peignait le vice, s'y attarda, s'y complut: cela est incontestable car il percevait nettement que le vice fait plus de martyrs que la vertu [...] Octave Uzanne.
Résumé : Mal famé, Jean Lorrain est surtout connu par ses analyses sarcastiques des m?urs de la Belle Epoque. Dans ses Princesses d'ivoire et d'ivresse, il a réussi ses histoires les plus magiques et les moins sordides, placées sous le mauvais signe de trois princesses qui ont pour nom : Cruauté, Illusion et Désespérance. Mais on n'échappe pas à son destin et Lorrain n'a pu s'empêcher de faire accoucher une reine d'une grenouille, de flétrir le corps des belles endormies dans l'attente du prince charmant, ou de faire noyer un jeune roi et dieu dans un cloaque, victime d'une curiosité perverse. La présente édition est augmentée d'une douzaine de contes de la même veine, que leur dispersion dans des plaquettes et revues rares rendait inaccessibles.
Jean Lorrain (1855-1906) fut un chroniqueur, un écrivain et un esthète ; il fut aussi un grand voyageur. Il a effectué plusieurs voyages au Maghreb ; ses chroniques furent publiées dans les journaux de son époque et réunies dans un recueil intitulé "Heures d'Afrique". "Lorrain tombe chez moi de retour d'Alger, de Tunis. Il parle avec passion de ces pays qui apportent une espèce d'assoupissement à la nervosité parisienne. Mais son admiration enthousiaste est surtout pour le désert du soir, et il le peint tout d fait en peintre-poète. Dans la journée, la terre, le ciel, les burnous sont d'une couleur rougeâtre de vilaine poterie ; mais le soir, mais au crépuscule le ciel se fait rose, les montagnes de l'horizon, apparaissant plus légères, moins denses que le ciel, ressemblent d des vapeurs mauves, et la terre du désert se voit bleue comme la mer, avec des ondulations du sol ayant l'air de vagues et sous le souffle d'une brise vous mettant du .sel sur les lèvres." Edmond de Goncourt. Journal. Mercredi 5 avril 1893. "Il jouait volontiers au corsaire et s'il aimait â ce point faire de longs séjours en Tunisie ou en Tripolitaine, c'était par une singulière nostalgie des époques barbaresques." Edmond Jaloux.
L'histoire commence comme un conte de fées et finit comme un chapitre de Suétone avec, intercalées dans les marges, des annotations de Saint-Simon", annonce, en préambule, l'auteur du récit qui va suivre. Plus loin, commentant le rôle de l'intendant du prince Wladimir Noronsoff, héros du roman, le narrateur demande : "Vous voyez-vous chargé d'organiser une fête sous Néron ou de distraire Héliogabale en plein XIXe siècle, en respectant les préjugés du monde et les règlements de police ?" Le héros de ce roman est une projection paroxystique de Jean Lorrain. Parmi les fastes étourdissants de la Décadence finissante, l'auteur a choisi d'évoquer l'agonie d'un prince russe, pervers et débauché, auquel son immense fortune permet les caprices les plus fous. Avec la Riviera pour décor, Jean Lorrain nous convie aux ultimes bacchanales de la fin de siècle, véritables fêtes de l'imaginaire éclairées aux rayons obliques d'un soleil couchant.