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Princesses d'ivoire et d'ivresse
Lorrain Jean ; Fauvin Virginie
GALLIMARD
7,20 €
Épuisé
EAN :9782070423927
Elles ont des noms magnifiques et hautains : Ilsée, Illys, Simonetta, Ottilia, Mandosiane, Neigefleur... Elles traversent les palais avec la grâce due à leur rang et contemplent leur image princière dans de beaux miroirs. Pourtant, dans cet univers admirable, quelque chose se dégrade. On voit les miroirs s'obscurcir, on sent les lys se déliter, on entend les têtes tomber. Il ne fait pas bon aimer les contes... à moins de se réjouir de ce qu'ils finissent mal ! L'accompagnement critique s'organise autour de plusieurs thèmes : le genre du conte et de la nouvelle ; le registre du fantastique ; l'intertextualité et les questions de réécriture, l'étude de la décadence comme mouvement littéraire fin de siècle. Un groupement de textes présente des écritures diverses autour de la figure de Salomé (Huysmans, Wilde, Flaubert, Apollinaire).
Jean Lorrain (1855-1906) fut un chroniqueur, un écrivain et un esthète ; il fut aussi un grand voyageur. Il a effectué plusieurs voyages au Maghreb ; ses chroniques furent publiées dans les journaux de son époque et réunies dans un recueil intitulé "Heures d'Afrique". "Lorrain tombe chez moi de retour d'Alger, de Tunis. Il parle avec passion de ces pays qui apportent une espèce d'assoupissement à la nervosité parisienne. Mais son admiration enthousiaste est surtout pour le désert du soir, et il le peint tout d fait en peintre-poète. Dans la journée, la terre, le ciel, les burnous sont d'une couleur rougeâtre de vilaine poterie ; mais le soir, mais au crépuscule le ciel se fait rose, les montagnes de l'horizon, apparaissant plus légères, moins denses que le ciel, ressemblent d des vapeurs mauves, et la terre du désert se voit bleue comme la mer, avec des ondulations du sol ayant l'air de vagues et sous le souffle d'une brise vous mettant du .sel sur les lèvres." Edmond de Goncourt. Journal. Mercredi 5 avril 1893. "Il jouait volontiers au corsaire et s'il aimait â ce point faire de longs séjours en Tunisie ou en Tripolitaine, c'était par une singulière nostalgie des époques barbaresques." Edmond Jaloux.
L'histoire commence comme un conte de fées et finit comme un chapitre de Suétone avec, intercalées dans les marges, des annotations de Saint-Simon", annonce, en préambule, l'auteur du récit qui va suivre. Plus loin, commentant le rôle de l'intendant du prince Wladimir Noronsoff, héros du roman, le narrateur demande : "Vous voyez-vous chargé d'organiser une fête sous Néron ou de distraire Héliogabale en plein XIXe siècle, en respectant les préjugés du monde et les règlements de police ?" Le héros de ce roman est une projection paroxystique de Jean Lorrain. Parmi les fastes étourdissants de la Décadence finissante, l'auteur a choisi d'évoquer l'agonie d'un prince russe, pervers et débauché, auquel son immense fortune permet les caprices les plus fous. Avec la Riviera pour décor, Jean Lorrain nous convie aux ultimes bacchanales de la fin de siècle, véritables fêtes de l'imaginaire éclairées aux rayons obliques d'un soleil couchant.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.