Figure de proue de la peinture figurative française, Guillaume Bresson met en scène des personnages saisis dans la violence des zones périurbaines, avec des références à la peinture d'histoire. La première exposition rétrospective que lui consacre le château de Versailles confronte ses oeuvres avec les grandes scènes de batailles des salles d'Afrique peintes notamment par Horace Vernet. Elles invitent le visiteur à se questionner sur la notion de mise en scène de la violence en peinture. A leading figure in French figurative painting, Guillaume Bresson creates scenes in which the characters are captured amidst the violence of peripheral suburban zones, drawing on references to history painting. This inaugural retrospective of his work, hosted by the Palace of Versailles, juxtaposes his paintings with the great battle scenes of the Africa Rooms, particularly those by Horace Vernet. This encourages visitors to reflect on the representation of violence in painting.
Durant plusieurs décennies, avec enthousiasme et perspicacité, Karen B. Cohen a rassemblé une remarquable collection d'oeuvres d'Eugène Delacroix. Cet ensemble de dessins et d'esquisses peintes force l'admiration, par sa qualité et sa variété mais aussi par la passion qu'il a fallu à son auteur pour réunir tant d'oeuvres au fil des ans depuis New York? cette collection ne se limite pas aux aspects les plus évidents du génie de Delacroix; elle couvre tous les domaines, des carnets de croquis aux grandes feuilles, des copies d'après Raphaël ou Rubens aux recherches pour les grands décors muraux, des sujets religieux aux illustrations d'après Shakespeare ou George Sand, des combats d'animaux sauvages aux flamboyantes scènes marocaines. C'est ainsi qu'elle nous permet de retracer un panorama très complet de la carrière de l'artiste, nous offrant également l'occasion de nous interroger sur la place de Delacroix dans la constitution des musées et des grandes collections aux Etats-Unis depuis le XIXe siècle.
Biographie de l'auteur Dominique Kalifa est professeur de l'Université Panthéon-I-Sorbonne et de l'IEP de Paris. Jean-Claude Yon est professeur de l'Université de Versailles Saint-Quentin. Pierre Citti est professeur de littérature française à l'université Paul-Valéry. Myriam Chimènes est directrice de recherche au CNRS. Dominique Lobstein est historien de l'art. Patrice Higonnet est professeur à Harvard. Laure Troubetzkoy est professeur à l'UFR d'études slaves.
Leribault Christophe ; Aubenas Sylvie ; Heilbrun F
Confronté comme toute sa génération à l'irruption de la photographie, Delacroix s'est impliqué dans ce domaine sans la méfiance qui caractérisa nombre de peintres. Curieux de ses progrès techniques, il compta même parmi les membres fondateurs de la Société héliographique en 1851. Il réunit également une riche documentation photographique, d'après les fresques de Raphaël, les toiles de Rubens, ou encore les sculptures des cathédrales. Mieux, à défaut de manier lui-même l'objectif, Delacroix fit poser et photographier par Eugène Durieu en 1854 une série de modèles nus, masculins et féminins. On sait par sa correspondance et son journal qu'il emportait parfois avec lui ces photographies pour s'exercer au dessin là où il ne pouvait pas disposer de modèles vivants. L'ouvrage rassemble l'intégralité des photographies et des dessins retrouvés, ainsi qu'une galerie de ses propres portraits. En fait, Delacroix se prêta avec plus de réserve à cet exercice, dont témoignent cependant de rares daguerréotypes d'une incroyable présence et des clichés célèbres de Carjat et de Nadar.
Moreau Gustave ; Forest Marie-Cécile ; Fauriac Lil
Résumé : L'histoire commence comme l'un de ces contes qui ont bercé notre enfance. Il était une fois un collectionneur, Antony Roux (1833-1913), natif de Marseille et grand amateur d'art, qui commanda à Gustave Moreau (1826-1898), peintre d'histoire fameux, des illustrations pour les Fables de La Fontaine (1621-1695). Réservés, à l'origine, à la seule jouissance du collectionneur et destinés à composer un unique livre, soixante-quatre chefs-d'oeuvre à l'aquarelle virent le jour à Paris, au 14, rue de La Rochefoucauld, entre 1879 et 1884. Exposées, pour vingt-cinq d'entre elles, en 1881 dans le salon particulier que la Société d'Aquarellistes français occupait chez Durand-Ruel, au 16, rue Laffitte, puis, dans leur ensemble, à la galerie Boussod et Valadon (ancienne maison Goupil), au 9, rue Chaptal, et à Londres dans la succursale londonienne de cette même galerie en 1886, ces aquarelles furent réunies dans leur quasi-totalité une ultime fois en 1906 sous l'égide de Robert de Montesquiou et de la comtesse Greffulhe. Trente-cinq d'entre elles - les vingt-neuf autres ayant disparu - reviennent aujourd'hui, à l'occasion de l'exposition qui leur est dédiée au musée national Gustave Moreau, autrefois atelier qui les vit naître. Notre souhait, en publiant, à l'orée du XXIe siècle, ces trente-cinq fables et les illustrations qu'en fit Gustave Moreau, est de les rendre aussi populaires que celles de Gustave Doré en leur temps et de retrouver ce bonheur d'enfance de la seule illustration en regard du texte de La Fontaine.
L'objet de ce catalogue est l'étude des soixante- quatre aquarelles illustrant les Fables de la Fontaine par Gustave Moreau (1826-1898) à la demande d'Antony Roux (1833-1913), l'un de ses principaux collectionneurs. Jamais exposées depuis 1906, trente-cinq d'entre elles reviennent aujourd'hui au musée Gustave Moreau où elles ont été créées dans ce qui était alors l'atelier de l'artiste. Cette publication, qui rend compte dans le plus grand détail de la genèse de cette extraordinaire série, est une avancée majeure dans la connaissance de l'artiste. Grâce à un sujet populaire s'il en est, on découvre un Moreau rare et inédit, tout en lumière et en simplicité, qui sut, après Jean-Jacques Grandville et Gustave Doré au XIXe siècle, renouveler de manière magistrale l'illustration de ces chefs- d'oeuvre de la littérature française.
Avec pour fil rouge le lien entre la couleur et la lumière, cet ouvrage offre un regard sur l'ensemble du parcours de Pierre Bonnard, de sa période nabie à ses tableaux des années 1920 et 1930 où son style s'affirme pleinement, jusqu'aux chefs-d'oeuvre de la fin de sa vie. Les différents thèmes abordés permettent d'explorer les lieux qui l'inspirent - Paris, la Normandie, la Méditerranée - et ses sujets de prédilection : les intérieurs avec personnages, les nus, les paysages, les natures mortes, avec une attention toute particulière portée à la lumière, naturelle ou artificielle, qui était l'essence même de sa peinture. Traversé par une douce mélancolie à laquelle l'âge donne peu à peu une plus grande gravité, l'art de Bonnard demeure avant tout une ode à la beauté du monde et à celle du corps féminin. C'est aussi l'une des rares oeuvres du XXe siècle à offrir autant de bonheur à ceux qui la découvrent.
Maleszko Anna Katarzyna ; Aitken Geneviève ; Pawli
Reconnue internationalement pour sa richesse et sa qualité, la collection d'estampes japonaises ukiyo-e de Georges Leskowicz est l'une des plus importantes au monde. L'Hôtel de Caumont-Centre d'art en présente pour la première fois en France plus de cent cinquante xylogravures signées Hokusai, Hiroshige, Utamaro, Harunobu, Koryusai, Hokkei, Kunisada, entre autres, dont un ensemble extraordinaire de surimono. Grâce aux textes d'Anna Katarzyna Maleszko et de Geneviève Aitken, spécialistes internationales d'art japonais, cet ouvrage retrace tout l'éventail des thèmes caractéristiques de la vie et de la culture japonaises de l'époque Edo (1600-1868), que les artistes ukiyo-e ont si finement décrits : les motifs naturels et les scènes de la vie quotidienne ; la représentation des acteurs du théatre kabuki et des courtisanes ; les objets liés à la célébration du Nouvel An ; les scènes de genre et érotiques ou, encore, les héros et les légendes traditionnelles.