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L'emprise des signes. Débat sur l'expérience littéraire
Lecercle Jean-Jacques ; Shusterman Ronald
SEUIL
24,30 €
Épuisé
EAN :9782020495301
Ce livre a pour objet l?expérience littéraire : que fait-on quand on lit et qu?on interprète un texte littéraire ? A quoi sert une telle expérience ? La littérature est-elle en crise ? Faut-il encore la pratiquer et l?enseigner ? Ces questions ne sont pas nouvelles, mais la manière dont on y répond ici est tout à la fois inhabituelle et très savoureuse, car ce livre consiste en un véritable débat, contradictoire et sans concessions. Les deux auteurs, qui enseignent tous deux la littérature, attachent à cet enseignement une grande importance et tiennent l?expérience littéraire pour irremplaçable. Mais les arguments qu?ils avancent pour justifier ces sentiments, comme les cultures philosophiques d?où ils procèdent, sont fort différents et ce livre est ainsi le relevé et l?aboutissement de leur confrontation. On y trouvera peut-être, en fin de compte, des raisons convergentes pour comprendre la crise et la surmonter.
Comment devient-on un sujet ? D'abord en étant nommé, défini, singularisé, assigné à une place. On est, en quelque sorte, "recruté" comme sujet par une autorité. C'est ainsi que Louis Althusser définit l'interpellation dans un célèbre texte sur les "appareils idéologiques d'Etat" , où il prend l'exemple de l'agent de police hélant un individu ("Hé, vous là-bas ! ") qui se reconnaît immédiatement comme étant le sujet de l'interpellation. Etre sujet, c'est donc d'abord être l'objet d'un assujettissement idéologique qui nous fait exister dans un monde commun. Reprenant cet axe de réflexion, Jean-Jacques Lecercle en propose des prolongements originaux : là où Althusser privilégiait le discours, il insiste sur le caractère à la fois linguistique et sensoriel de l'interpellation, donc sur sa dimension fondamentalement corporelle. Il étudie en outre ses différentes formes que sont l'injure, le mot d'ordre ou encore la rumeur. Surtout, il élabore une théorie de la contre-interpellation, par où s'affirme l'autonomie du sujet, qui s'approprie la langue et détraque l'idéologie. A travers un parcours aussi rigoureux que ludique, étayé par une multitude d'exemples allant de Frankenstein à Alice au Pays des merveilles, Lecercle propose une stimulante théorie de la constitution du sujet.
Résumé : Comment penser la Révolution française lorsque l'on est anglaise et fille de william Godwin, le philosophe anarchiste, et de Mary Wollestonecraft, une des premières féministes ? La réponse est qu'on exprime à la fois son admiration et sa répulsion en créant un monstre, très bon et très méchant, qui participe du sans-culotte et de napoléon. Ce monstre, c'est la créature de Frankenstein, tel que l'imagina Mary Shelley en 1816. Le conte est un point de passage obligé pour qui se demande comment naît un mythe, quelle est sa fonction, comment il survit. La réponse proposée est qu'un mythe est une solution imaginaire à une contradiction réelle. Contradiction historique : soutenir et rejeter la Révolution ; contradiction discursive : le conte tient à la fois le discours philosophique des lumières et le discours religieux du diable ; contradiction subjective : l'objet de Frankenstein est aussi de répondre à cette question enfantine : comment fait-on les enfants ? Le glissement de l'une à l'autre de ces contradictions explique que le mythe ait si bien survécu, en passant au cinéma. Le livre analyse cette différence entre conte et films, qui est aussi une filiation.
L'oeuvre profuse du grand William Makepeace Thackeray, écrivain britannique contemporain de Charles Dickens, est aujourd'hui quasi oubliée. Telle est l'injustice que cet ouvrage vise à réparer en faisant valoir une écriture singulière, hantée par la notion d'instabilité. Au gré des fluctuations d'ethos créés par un moraliste volontiers ironiste et satiriste, la narration se perturbe de variations, de turbulences et de discordances. Elle multiplie détournements parodiques, grossissements caricaturaux, mises en crise des protocoles sociaux, dénudations ludiques, parfois cyniques, pour inquiéter le projet réaliste et célébrer le mensonge littéraire. La langue se trouble d'apports étrangers, de néologismes, de ruptures de ton imprévisibles et incongrues. Plurielle et fluide, peut-être elle aussi gagnée par l'instabilité, l'approche retenue mobilise les catégories de la rhétorique classique et sa taxonomie des figures, mais aussi la narratologie, les théories du style, de l'humour ou de l'ironie, l'esthétique de la réception, la philosophie du langage, la pragmatique, la linguistique, et s'inscrit dans les études stylistiques contemporaines.
À un moment où le capitalisme pourrissant mène à une vitesse sans cesse accélérée l?humanité vers la catastrophe écologique et anthropologique, il faut continuer à lire Lénine, car « Lénine » est le nom de la première interruption durable de la reproduction du capital et de la mise en dépérissement de l?appareil de l?État bourgeois. Mais on ne lira pas Lénine seulement pour un rappel de ces principes stratégiques, mais aussi, ce qui a été le thème central de ce livre, pour ce qu?il a à nous dire sur la conduite de la lutte idéolo- gique. Nous avons encore beaucoup à apprendre de Lénine et de sa pratique discursive, de cette lutte constante qu?il a menée avec les mots, pour les mots, mais aussi contre les mots. Cette pratique exemplaire repose sur une philosophie du langage qui reste implicite, que l?on décrira dans la dialec- tique du juste et du vrai : le langage est une arme, et il faut que les énoncés (par exemple les mots d?ordre) soient justes, c?est-à-dire ajustés à la conjoncture historique, pour y intervenir e cace- ment, mais le langage est aussi expression de la vérité, car il faut toujours dire la vérité aux masses. À travers la lecture des 45 volumes de son ?uvre, Jean-Jacques Lecercle célèbre un style d?intervention, en faisant l?éloge des cinq vertus de Lénine : la solidité (on ne cède jamais sur les principes, on n?oublie jamais le programme maximum, la révolution socialiste), la fermeté (on « tient le point », on ne cède pas aux consensus organisés par l?idéologie dominante, par exemple l?hystérie patriotique du début de la guerre impérialiste en 1914), la dureté (Lénine est un redoutable polémiste et n?hésite pas à vilipender ceux qu?il qualifie de « conciliateurs »), la lucidité (Lénine a toujours su, dans une conjoncture donnée, voir l?essentiel ? qui lui est donné par l?analyse de classe, essentiel que l?idéologie dominante a pour fonction de masquer) et enfin la subtilité, (Lénine est le penseur de la conjoncture, celui qui perçoit le moment où il faut changer de ligne, par exemple en avril 1917, où le mot d?ordre devient caduc et doit être remplacé). Un style qui reste une inspiration un siècle après la mort du leader bolchevique.
Résumé : " Ce livre n'est pas un manuel d'éthique destiné aux candidats bacheliers. Il ne parle ni des auteurs importants ni des grands courants historiques de la théorie morale. Et je n'ai pas cherché à mettre l'impératif catégorique à la portée de tous les publics. Ce n'est pas non plus un catalogue de réponses moralisatrices aux problèmes que nous rencontrons tous les jours dans le journal ou dans la rue, de l'avortement à l'objection de conscience en passant par les préservatifs. L'éthique n'a jamais permis de trancher un débat, même si son rôle est de les ouvrir tous. Ce livre ne prétend pas être autre chose qu'un livre personnel et subjectif, comme les rapports existant entre un père et son fils ; et par là-même universel, comme la relation père-fils, la plus ordinaire. Il a été pensé et écrit pour être lu par des adolescents : il n'apprendra sans doute pas grand-chose à leurs maîtres. Son objectif n'est pas de fabriquer des esprits bien-pensants (et encore moins mal tournés), mais de stimuler une pensée libre ".
Chacun de nous, dit un proverbe chinois, va se coucher chaque nuit auprès d'un tigre. On ne peut savoir si, au réveil, il voudra nous lécher ou nous dévorer. C'est une belle image de la relation que nous avons avec nos propres limites. Mais ce tigre peut-il devenir un sage? Il faudrait qu'il cultive son adresse et approfondisse ses connaissances. À cet égard, on pourrait lui conseiller de lire ce livre. Il y prendra connaissance des trois principales traditions qui nous proposent des stratagèmes pour atteindre nos objectifs: la tradition grecque de l'intelligence rusée (celle d'Ulysse), l'art chinois de la guerre, et la rhétorique de la persuasion, des Sophistes à Pascal. De ces stratagèmes, Giorgio Nardone s'est efforcé de saisir la structure, car ce ne sont pas de simples recettes à copier, mais des principes à partir desquels on peut construire des interventions particulières. Ils nous aideront à surmonter les obstacles et à dénouer les inextricables enchevêtrements de la vie avec une élégance. toute orientale et, pourquoi pas? un brin de légèreté Biographie: Giorgio Nardone, psychothérapeute, psychologue, dirige le Centre de thérapie stratégique d'Arezzo (Italie) et enseigne la psychologie clinique à l'université de Florence. Il est l'un des principaux représentants de la thérapie brève stratégique, dans la lignée de l'école de Palo Alto. Auteur notamment de L'Art du changement (L'Esprit du temps, 1993) et de Stratégie de la thérapie brève (Seuil, 2000), écrits en collaboration avec Paul Watzlawick
1 450 000 morts, 3 à 4 millions de blessés, 600 000 veuves, 760 000 orphelins : c'est le bilan, rien que pour la France, de la guerre de 1914-1918, celle que l'on appelle la Grande Guerre.Pour expliquer à un enfant de huit ans ce terrible massacre, un historien reconnu répond aux questions de son petit-fils : qu'est-ce que la mobilisation ? Qu'est-ce qu'une tranchée ? Comment vivaient - et mouraient - les poilus ? Comment fonctionnaient les usines pendant la guerre ? Qu'est-ce qu'ont fait les femmes ? Pourquoi les Etats-Unis sont-ils entrés dans la guerre en 1917 ?... Et enfin : comment est-on parvenu à la paix ?