Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
De l'interpellation. Sujet, langage, idéologie
Lecercle Jean-Jacques
AMSTERDAM
18,00 €
Épuisé
EAN :9782354801892
Comment devient-on un sujet ? D'abord en étant nommé, défini, singularisé, assigné à une place. On est, en quelque sorte, "recruté" comme sujet par une autorité. C'est ainsi que Louis Althusser définit l'interpellation dans un célèbre texte sur les "appareils idéologiques d'Etat" , où il prend l'exemple de l'agent de police hélant un individu ("Hé, vous là-bas ! ") qui se reconnaît immédiatement comme étant le sujet de l'interpellation. Etre sujet, c'est donc d'abord être l'objet d'un assujettissement idéologique qui nous fait exister dans un monde commun. Reprenant cet axe de réflexion, Jean-Jacques Lecercle en propose des prolongements originaux : là où Althusser privilégiait le discours, il insiste sur le caractère à la fois linguistique et sensoriel de l'interpellation, donc sur sa dimension fondamentalement corporelle. Il étudie en outre ses différentes formes que sont l'injure, le mot d'ordre ou encore la rumeur. Surtout, il élabore une théorie de la contre-interpellation, par où s'affirme l'autonomie du sujet, qui s'approprie la langue et détraque l'idéologie. A travers un parcours aussi rigoureux que ludique, étayé par une multitude d'exemples allant de Frankenstein à Alice au Pays des merveilles, Lecercle propose une stimulante théorie de la constitution du sujet.
À un moment où le capitalisme pourrissant mène à une vitesse sans cesse accélérée l?humanité vers la catastrophe écologique et anthropologique, il faut continuer à lire Lénine, car « Lénine » est le nom de la première interruption durable de la reproduction du capital et de la mise en dépérissement de l?appareil de l?État bourgeois. Mais on ne lira pas Lénine seulement pour un rappel de ces principes stratégiques, mais aussi, ce qui a été le thème central de ce livre, pour ce qu?il a à nous dire sur la conduite de la lutte idéolo- gique. Nous avons encore beaucoup à apprendre de Lénine et de sa pratique discursive, de cette lutte constante qu?il a menée avec les mots, pour les mots, mais aussi contre les mots. Cette pratique exemplaire repose sur une philosophie du langage qui reste implicite, que l?on décrira dans la dialec- tique du juste et du vrai : le langage est une arme, et il faut que les énoncés (par exemple les mots d?ordre) soient justes, c?est-à-dire ajustés à la conjoncture historique, pour y intervenir e cace- ment, mais le langage est aussi expression de la vérité, car il faut toujours dire la vérité aux masses. À travers la lecture des 45 volumes de son ?uvre, Jean-Jacques Lecercle célèbre un style d?intervention, en faisant l?éloge des cinq vertus de Lénine : la solidité (on ne cède jamais sur les principes, on n?oublie jamais le programme maximum, la révolution socialiste), la fermeté (on « tient le point », on ne cède pas aux consensus organisés par l?idéologie dominante, par exemple l?hystérie patriotique du début de la guerre impérialiste en 1914), la dureté (Lénine est un redoutable polémiste et n?hésite pas à vilipender ceux qu?il qualifie de « conciliateurs »), la lucidité (Lénine a toujours su, dans une conjoncture donnée, voir l?essentiel ? qui lui est donné par l?analyse de classe, essentiel que l?idéologie dominante a pour fonction de masquer) et enfin la subtilité, (Lénine est le penseur de la conjoncture, celui qui perçoit le moment où il faut changer de ligne, par exemple en avril 1917, où le mot d?ordre devient caduc et doit être remplacé). Un style qui reste une inspiration un siècle après la mort du leader bolchevique.
Résumé : On se rappelle l'insulte lancée par The Sun à l'adresse de Jacques Chirac au temps du fameux débat onusien sur l'Irak. Pourquoi rate-t-elle sa cible ? Parce que, quoique formulée en français (" Chirac est un ver "), elle est pensée en anglais, dans la langue de l'impérialisme. Pour comprendre ce qu'est la langue de l'impérialisme, l'auteur soutient qu'il faut construire une philosophie marxiste du langage, qui a fait jusqu'ici cruellement défaut. Cette construction passe par une critique des philosophies du langage de Chomsky et de Habermas, et par un examen des bribes de la tradition marxiste en matière de langage. L'auteur formule quelques propositions sur ce qu'est le langage pour un marxiste : un phénomène social, matériel, historique et politique.
La Révolution française a été taraudée par une question : comment transmettre l'événement inouï aux générations qui ne l'auront pas vécu ? Les révolutionnaires ont alors cherché à inventer des institutions civiles qui permettraient d'entretenir le souvenir, mais surtout une tenue, une manière révolutionnaire d'être au monde. Cette question, ces institutions, les lieux et les pratiques qu'elles ont fait surgir, sont autant de laboratoires sociaux sensibles pour comprendre comment l'événement depuis 1789 a été régulièrement réinvesti mais aussi dénié, renié, travesti, désinvesti, au point de devenir une sorte de "trésor perdu" pour des héritiers sans testament. La Restauration, les années 1830-1848, le Second Empire, la Commune de Paris, la Troisième République, le début du XXe siècle socialiste, les années sombres, ont métabolisé cette séquence brève dans de grandes discontinuités. Et les affrontements mortifères ont perduré de la Seconde Guerre mondiale à aujourd'hui. Loin d'une signalétique ambiguë faite de bonnets phrygiens, de bastilles à prendre et autres constituantes, ce livre invite à ne rien imiter mais aussi à ne rien négliger d'une histoire qui n'a pas été seulement libérale, d'une transmission qui n'a pas été seulement historiographique. Il invite, plus simplement, à retrouver la Révolution comme référence émancipatrice.
Brève histoire du néolibéralisme retrace un processus de redistribution des richesses, une "accumulation par dépossession". La financiarisation, l'extension de la concurrence, les privatisations et les politiques fiscales des États redirigent les richesses du bas vers le haut de la hiérarchie sociale. Les néolibéraux se moquent de l'enrichissement collectif. Ils lui préfèrent celui de quelques-uns, dont ils font partie. Plaider en faveur d'un "socialisme libéral" n'a aucun sens. Le néolibéralisme n'est pas une pensée du bien commun. Et pourtant, c'est de cette conception de l'action publique que nous sommes aujourd'hui à la fois héritiers et prisonniers. Le néolibéralisme s'est transformé en institutions. Ces dernières ont produit des dispositifs d'intervention publique, construits sur la durée, qui façonnent des manières d'agir et de penser. À commencer par cette quasi-règle de nos sociétés contemporaines, selon laquelle le marché serait le meilleur outil de satisfaction des besoins humains. Formulée de la sorte, la proposition étonne peut-être. Elle est pourtant le principal pilier de l'édifice. Celui que David Harvey nous invite, en priorité, à abattre.
Comment, au milieu du XIXe siècle, Paris a-t-elle pu devenir l'incarnation urbaine de la modernité ? Pour répondre à cette question, David Harvey a exploré les mutations connues par la ville à cette époque : transformation physique, avec les grands projets d'Haussmann, qui remplace le plan médiéval par les grands boulevards ; transformation économique, avec une nouvelle forme de capitalisme dominée par les puissances financières et industrielles ; transformation culturelle, avec l'irruption de ce qu'on appellera plus tard le modernisme ; transformation sociale, avec l'émergence de violents antagonismes de classes qui atteignent leur paroxysme dans les révolutions de 1848 et de 1871. En présentant la ville moderne comme le produit instable de forces hétérogènes et contradictoires, David Harvey nous offre une image vivante du fonctionnement de Paris ainsi qu'une vision panoramique de la période décisive que fut le Second Empire. Mais cette analyse de la ville moderne est aussi l'occasion d'une réflexion magistrale sur la ville contemporaine - sur la part de la population dans l'urbanisation, sur son accès aux ressources, en somme sur le "droit à la ville".
La réédition de L'état, Le Pouvoir, Le Socialisme, "classique" de la théorie politique dont la première édition remonte à 1978, s'inscrit dans les débats concernant les crises simultanées de l'Union européenne, du néolibéralisme et du capitalisme en général. Lire cet ouvrage aujourd'hui permet de comprendre que ces crises plongent leurs racines dans la structure des sociétés occidentales de l'après-guerre. Plus la crise économique s'approfondit, et plus le système devient autoritaire au plan politique. C'est ce que Poulantzas appelle l'"étatisme autoritaire", que l'on constate à présent au niveau européen, où des décisions affectant des millions de personnes sont prises hors de tout contrôle populaire. La seule alternative possible à ce système est le "socialisme démocratique", à savoir un socialisme qui dépasse le capitalisme sans pour autant sacrifier les libertés publiques. Avec Michel Foucault, Gilles Deleuze, et Louis Althusser, auteurs dont il discute les thèses dans cet ouvrage, Nicos Poulantzas compte parmi les penseurs des années 1960-1970 dont le rayonnement international est aujourd'hui le plus important. Alors que l'édition de théories critiques françaises et étrangères a connu une grande vitalité depuis les années 2000, il était plus que temps de faire redécouvrir cet auteur majeur.