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Décadence : Homère. Décadence et modernité, Tome 1
Lebiez Marc
L'HARMATTAN
28,01 €
Épuisé
EAN :9782747534413
Quand l'Histoire bascule, qu'un monde ancien meurt et qu'un monde nouveau apparaît, cette mort n'est jamais totale, cette nouveauté jamais radicale. Certaines coupures paraissent n'être que des pertes, comme lorsque la brillante culture antique laisse place au sombre Moyen-Age, ou de lumineuses créations, comme le miracle grec. Les uns redoutent la décadence tandis que les autres applaudissent à la modernité, sans voir que re sont parfois les mêmes faits qui tantôt effraient et tantôt enthousiasment. La fin de l'Empire romain n'est pas une décadence pure, ni le miracle grec une naissance absolue ; la réalité est plus complexe que les slogans ou les hantises. On ne peut négliger cette complexité, mais qui se fixe sur elle seule perd de vue la réalité des ruptures, recouverte qu'elle est par l'infinie poussière des faits. La pensée cède alors à un continuisme qui en est la négation ; tout est vrai mais on ne dit plus rien qui ait du sens. On tait ici le pari inverse et, sans ignorer ce qui persiste quand tout semble changer, on cherche en quel sens cela change. Nul ne doute que la réalité entrelace continuité et rupture, mais reste à décrire comment les articulations de l'Histoire sont pensées par ceux qui les vivent. Il n'est pas indifférent que la tin de l'Antiquité, notre archétype de la décadence, soit aussi l'époque qui inventa l'idée de modernité, ni que le livre fondateur de la culture grecque ait eu pour sujet la douloureuse prise de conscience que les civilisations sont mortelles. Ce ne sont pas que de curieux paradoxes, le sens de ces époques décisives s'est joué dans la conscience ainsi prise de leur historicité. Cette conscience a aussi poussé Homère à former une entreprise qui n'avait jamais eu d'exemple et qui devait avoir une infinité d'imitateurs, choisir parmi les légendes que lui avait transmises la tradition orale et, avec cette matière, écrire la première œuvre littéraire.
Résumé : Les Romains de l'extrême fin de l'Antiquité ont forgé le mot modernus quand ils ont pris conscience que leur temps était devenu très différent de celui des Anciens. Pour nous, la modernité est moins un fait qu'une valeur. Mais que dit-on quand on s'y réfère, que l'on s'affiche moderne ou que l'on proclame sa détestation de la modernité ? Ce pourrait n'être qu'une autre manière de revendiquer les vertus de la jeunesse, moyennant quoi la modernité put, dans les années trente du siècle dernier, être du côté du fascisme mussolinien ou du bolchevisme, et pas des vieilles démocraties. D'aucuns la voient maintenant du côté des incessantes innovations techniques, d'autres dans l'inquiétude écologiste, d'autres encore dans la religion. Peu après la Seconde Guerre mondiale, Eric Voegelin l'a caractérisée comme une "résurgence gnostique". La gnose avait été à la mode dans les décennies précédentes et la comparaison parut séduisante. Elle suscita en Allemagne et aux Etats-Unis un débat intellectuel dont on n'eut guère d'échos en France avant la traduction des livres de Blumenberg, en particulier son Légitimité des Temps modernes qui s'y opposait. Quoi que l'on pense de cette thèse, elle aura eu le mérite de montrer qu'il pouvait être fructueux de chercher à dégager une essence de la modernité. La religion gnostique est loin de nous à tout point de vue, et pourtant il se pourrait qu'à en reconstituer l'inspiration on retrouve certaines des questions, voire des réponses, qui importent à notre temps. Le culte du nouveau ne témoigne-t-il pas d'une insatisfaction profonde devant l'ordre du monde ? Ne sommes-nous pas, nous aussi, en l'attente d'un Sauveur ? Nos sociétés fracturées ne produisent-elles pas une dualité entre les dépositaires de la Connaissance et la foule de ceux qui peuvent bien se contenter de la télévision, son délire sécuritaire et ses complaisances pour les intégrismes religieux ?
Résumé : Qu'est-ce que la politique peut apprendre des sciences des systèmes complexes comme la biologie, la théorie des jeux, la physique statistique ou la thermodynamique loin de l'équilibre ? En quoi les concepts d'évolution, de membrane, d'entropie, de structures dissipatives, de lois d'échelle ou de transition de phase permettent-ils d'éclairer des questions politiques aussi essentielles que celles du progrès, des frontières, de la coopération et de la compétition, du développement durable, de la pluralité ou de la subsidiarité ? Un dialogue renouvelé entre les Deux cultures, les sciences et les humanités, permet-il d'aborder de grandes questions de philosophie politique sous un jour nouveau et fécond ? Vincent Le Biez en fait le pari, avec, sous l'égide de Snow et Prigogine, Platon et Darwin, Hobbes et Bichat, Rousseau et Dawkins, Bergson et Clausius, Arendt et Carnot, Tocqueville et Ising...
Boulnois Olivier ; Lebiez Marc ; Trémolières Franç
Jadis les voies du sacré étaient réputées impénétrables. Vers la fin du siècle dernier, elles apparaissaient plutôt délaissées, abandonnées à quelques essayistes paradoxaux. Mais en ce début du XXIe siècle, ce qui frappe, c'est au contraire la richesse des travaux philosophiques, littéraires et historiques, qui se ressaisissent de la question. Quatre auteurs, venus de disciplines et de cultures différentes, nous proposent ici leurs analyses de ce sacré revisité. Olivier Boulnois commente le livre important de Jean-Pierre Batut sur la notion d'un Dieu Pantocrator et sur les contresens et oublis dont elle a été l'objet dans la tradition chrétienne. Marc Lebiez retrace pour nous la forte figure de Jacob Taubes et d'une singulière tentative d'eschatologie pour les temps modernes. François Trémolières évoque le dernier ouvrage de Jacques Le Brun, consacré aux abdications en leur dimension sacrificielle, et associe à son commentaire une relecture d'un beau livre de Pierre Pachet récemment réédité. Serge Zenkine, enfin, fin connaisseur et traducteur en russe de l'?uvre bataillienne, analyse les nouveaux usages, post-modernes et inattendus, qui sont faits outre-Atlantique de l'?uvre, décidément plus vivante que jamais, du fondateur de Critique.
Résumé : La fin de l'Antiquité est plus que l'archétype de la décadence: une relation de synonymie s'est instaurée. Employé absolument, le mot décadence désigne cette époque, les autres lui étant assimilées par métaphore. Il serait donc vain de se demander s'il est justifié de qualifier ainsi ce que les historiens actuels préfèrent nommer "Antiquité tardive". S'y hasarderait-on, d'ailleurs, que les ouvrages de Montesquieu et de Gibbon seraient opposés au présomptueux. Ces classiques témoignent aussi de ce que la méditation sur le déclin et la chute de l'Empire romain est un des thèmes constitutifs de la conscience occidentale. On n'en peut donc contester le bien-fondé. Mais cette raison même justifie qu'on y regarde de plus près, pour évaluer la réalité de cette décadence sur le rejet de laquelle une large part de nos évidences se sont solidifiées, et aussi pour comprendre ce que l'on voulait rejeter en s'opposant à cela. Il est troublant que l'époque que nous appelons "la décadence" soit aussi celle qui inventa la notion et la revendication de modernité. Non par cette absence de lucidité qu'on attribue aux Byzantins à la veille de l'assaut turc, mais de la manière la plus consciente qui soit, dans les écrits des penseurs les moins indifférents à leur temps. C'est parfois cela même qui paraissait à certains des traits de décadence qui a été applaudi comme heureuse nouveauté. Les désaccords portaient moins sur la valeur de ceci ou de cela, que sur l'apparition d'une valeur que nul n'avait jamais défendue: la nouveauté. En disputant ainsi du progrès ou de la régression, on mit en ?uvre puis on développa le concept d'Histoire. Le sens de cette époque décisive s'est joué dans la conscience ainsi prise de son historicité. Quant à nous, c'est le sens de l'Histoire que nous cherchons dans une méditation sur cette époque-là.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.