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Nu vêtu et devêtu
Laurent Jacques
GALLIMARD
8,60 €
Épuisé
EAN :9782070292097
Le port du vêtement, l'homme se l'est imposé ; il avait besoin de se distinguer de la nature en démontrant son pouvoir, celui de se changer lui-même. Le besoin de se changer a créé le besoin de perpétuellement changer, c'est-à-dire la mode, suscitant de l'Egypte des pharaons jusqu'à nos jours l'extraordinaire histoire du costume, fait social lié physiologiquement et spirituellement au corps, au comportement, à l'habitude et au rêve. A travers une métamorphose continuelle ont joué aussi bien l'architecture que la religion, l'imagination que le conformisme, la passion de l'absolu et celle du superflu. Tels sont les thèmes que Jacques Laurent aborde avec la liberté et l'éclat qu'on lui connaît. Vagabondant d'un bout à l'autre de l'histoire, il construit un essai qui se lit presque à la manière d'un roman, le roman du corps se couvrant ou se découvrant, inventant pour les délaisser tour à tour les accessoires les plus imprévus, voiles, hennins, porte-jarretelles, drapés, vertugadins, corsets, crinolines, collants, aigrettes, etc. En notre fin de siècle l'homme et la femme inventent même le dévêtu, réussissent à retrouver la nudité ancienne pour en faire le plus moderne des vêtements.
Si Diderot, Stendhal et, d'une certaine manière, Dostoievski n'avaient pas existé, Jacques Laurent n'aurait peut-être pas écrit ce roman. Roman d'amour qui nous révèle, sous une lumière que la mort vient colorer d'une façon à la fois érotique et tragique, l'affrontement d'un homme et d'une femme, entre lesquels un secret inégalement partagé crée des liens pathétiques, marqués d'une générosité et d'une humanité qui leur confèrent une émotion et une grandeur classique, et en font une oeuvre dont la modernité prend dans l'ensemble de notre littérature romanesque une résonance singulière. En effet la manière de Jacques Laurent n'appartient qu'à lui, elle n'est pas seulement manière d'écrire, mais manière de mêler inextricablement - d'où le titre, qui, tiré des mathématiques, révèle partout son exactitude au lecteur - l'éternel et le passager. Le sujet est-il situé dans le diagnostic médical qui, limitant l'existence de Paul, crée entre lui et ceux qui l'aiment des relations rebelles à l'analyse? Est-il dans le portrait d'un homme aux prises avec les femmes qu'il a chéries ou qu'il chérit, les passants qu'il rencontre, ses fantasmes, son impatience et sa tendresse? Est-il dans le caractère de Juliette, partagée, elle aussi, entre le passé, une enfance tchèque qui a tourné à l'horreur, et un présent sensuel qui tourne à l'angoisse et se résout dans l'action? Ce livre, avant tout oeuvre de romancier, est donc lié à toutes les forces claires ou obscures qui soutiennent notre passage sur la terre.
Stendhal est scandaleux parce qu'il n'appartient à aucune époque, ce qui lui a permis de rester le contemporain des générations qui l'ont suivi : parce que aucune école littéraire ou politique ne peut légitimement le revendiquer ; parce qu'il pratiqua, dans bien des pays, bien des métiers sans en aimer aucun ; parce que d'une page à une autre il n'hésite jamais à soutenir deux opinions contradictoires ; parce que, pérorant dans un salon ou écrivant au coin d'un feu dans un logis de fortune ou un bivouac, il jetait tout naturellement des défis, comme on jette des sorts. Il aimait ça. Si j'ai entrepris ce livre, c'est que Stendhal est écrasé par une légende. De son temps - en dépit de cette légende -, il avait été beaucoup mieux compris que Goethe et Balzac. On oublie aujourd'hui qu'il est avant tout un romancier : rapportant ses souvenirs, il se laisse le droit de les inventer. Non, il n'a pas été un enfant martyr, victime d'un père et d'une tante également atroces. Non, il n'a pas été un guerrier impavide, ni un bretteur, ni un duelliste flegmatique. Non, il ne s'est pas heurté à l'indifférence des femmes : il a provoqué plus de passions qu'il n'en a éprouvé et les victoires du corps ont autant compté pour lui que les délices de l'âme. Il était voyeur et menteur : ces deux défauts conviennent à un romancier. Qu'on ait osé le subordonner à Marx ou à Freud suffit à justifier ma colère. Ce qui m'intéresse en Stendhal c'est qu'il est unique et qu'aucun lien ne peut être tendu entre lui et quiconque. J'ai cherché à fixer les moments où l'homme et l'écrivain, pareillement excités, enlaçaient la vie et l'écriture pour produire cette sorte de chef-d'oeuvre qui est propre à Stendhal, dans ses amours comme dans ses romans. Le chef-d'oeuvre imparfait. Que serait Achille sans son talon ? J. L.
Résumé : Arrivé à une certain point de sa carrière, tout romancier s'interroge sur la forme littéraire dont il a fait le choix. L'auteur des Corps tranquilles et des Bêtises se consacre à cette recherche dont le point de départ est fixé par quelques souvenirs de son enfance et de son adolescence : à partir d'eux, Jacques Laurent suscite une sorte de très vaste tissu de réflexion couvrant la production romanesque mondiale depuis l'Antiquité. Ainsi retrouvons-nous tout au long de son essai les noms prestigieux de Pétrone, Apulée, Homère, Cervantès, Rabelais, Mme de Lafayette et, plus près de nous, Balzac, Maupassant, Flaubert, Dickens, Joyce, Morand, Nimier, Sarraute. L'ouvrage illustre son titre : il est passionnant comme un roman à suspense intellectuel dont l'action, extraordinairement souple et vivante, révèle au lecteur la foule des "personnages" ayant joué un rôle dominant à travers l'histoire des sociétés, sur la scène de la littérature de fiction.
Une panthère qui refuse de dévorer une starlette et son producteur (inmangeables ! ), un peintre au grand coeur qui épargne la prison à son faussaire, un routier qui sauve une vendeuse du suicide... Sept histoires de Noël, ingénieuses, merveilleuses. Sept contes pour croire au miracle de la littérature. Sept cadeaux, en quelque sorte.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.