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Esquisse d'une philosophie de l'amour
Larroque Michel
L'HARMATTAN
15,50 €
Épuisé
EAN :9782296016828
L'expérience de l'amour se situe au carrefour de l'esprit et du corps. L'amour, en effet, est éprouvé comme révélation de valeur : il n'est irrésistible que dans la mesure où son objet lui apparaît irrécusable. Il découvre, à partir du visage aimé, la gloire poétique du monde. Il est donc saisi du bien et du beau à travers un être singulier, investi d'un caractère sacré, et parfois même, dans la passion, transfiguré en absolu vivant. Ainsi, le vécu amoureux est, essentiellement, une expérience spirituelle. Cependant, cette expérience prend sa source dans l'instinct : elle ne jaillit qu'à l'égard d'un être avec lequel l'union physique est envisageable, et, le plus souvent, tout à la fois désirée et entravée. Cette bivalence de l'amour explique qu'on ait pu en donner des interprétations opposées : avatar de la sexualité pour le freudisme, expérience mystique avortée pour la tradition platonicienne. Une réflexion sur l'amour doit donc s'attacher à comprendre le lien fondamental qui rattache son enracinement biologique à sa visée religieuse.
Un soir méditant sous un arbre, sur la rive d'un fleuve, Gotama atteignit l'éveil. Le zen est l'interprétation chinoise de cette illumination, source vivante du bouddhisme. E se présente comme une expérience informulable. Elle implique cependant un vécu temporel spécifique : l'intuition de la durée décrite par Bergson. C'est la voie d'accès à la doctrine. On doit, à partir de cette hypothèse, comprendre la spontanéité efficace propre au zen telle qu'elle se manifeste, par exemple, dans l'escrime, le tir à l'arc ou la peinture Sumiye. On peut aussi saisir par là sa parenté avec des spontanéités analogues, développées dans des contextes différents, comme 1e quiétisme chrétien- et l'activité hystérique, ou sa radicale opposition à la définition occidentale du comportement volontaire. Ainsi le zen n'est pas une originalité irréductible de r Orient mais une expérience que l'on peut cerner en la situant par rapport à d'autres, semblables ou opposées, de la pensée universelle.
L'hypnose n'est donc pas un phénomène isolé relevant d'une explication autonome. Elle est au contraire indissociable des lois générales du psychisme. Elle n'a pu apparaître comme un mystère que dans la mesure où l'on n'a pas rattaché cette conséquence aux prémisses qui la fondent et l'éclairent. Une théorie de l'hypnose dépasse donc la simple explication d'un fait rare et quelque peu marginal; elle enveloppe une interrogation plus ample sur la nature de la conscience et les conditions de son émergence. L'hypnose est un retour à la simplicité native dont l'effort nous avait éloignés. Dans cette perspective, l'être réaliserait à l'occasion de la suggestion une plongée dans la vie instinctive. De ce retour aux origines naturelles, on a surtout décrit les aspects négatifs: l'abolition de la synthèse réfléchie du temps interdit le jugement, la pesée des moyens et des fins qui caractérisent le comportement conscient et volontaire. L'homme redevient en quelque sorte un être instantané et irréfléchi. Mais il peut arriver que la finalité naturelle assure le relais d'une volonté qui renonce à prendre en charge le déroulement des choses. Nous l'avons vérifié chez les somnambules étudiés par Janet, dont le comportement témoigne d'une activité intelligente mais étrangère à la délibération et cependant capable de réaliser des tâches parfois fort compliquées. Il en est de même dans la suggestion. Baudoin souligne le caractère inventif de l'idée suggérée qui appelle et coordonne des moyens nombreux et complexes pour produire une fin, mais, à l'inverse de la volonté, de façon inconsciente. Il dégage de ses observations la « loi de la finalité subconsciente »: « l'idée qui fait l'objet de la suggestion agit comme un but ou une fin. L'activité subconsciente qui est en jeu dans la suggestion consiste dans une invention et adaptation de moyens propres à réaliser cette fin ». C'est en vertu de cette loi que dans l'autosuggestion il suffit de se concentrer sur une formule évoquant l'amélioration générale en laissant à l'inconscient la charge de la spécifier en bénéfices psychophysiologiques plus précis. Cette idée d'un abandon à la finalité naturelle se retrouve chez Erickson. Pour lui, l'idée d'un hypnotiseur tout-puissant imposant de l'extérieur des réponses à son patient est un mythe ridicule. Au contraire, tout ce qui peut apparaître dans l'hypnose existe déjà à l'état potentiel chez le sujet. Les phénomènes spécifiques de l'hypnose peuvent toujours se produire spontanément: ils sont donc en quelque sorte naturels. C'est le cas pour les réponses thérapeutiques: elles ne sont pas des créations artificielles de l'hypnotiseur car le sujet a déjà en lui sans le savoir les possibilités de résoudre ses difficultés. L'hypnose consiste seulement à réveiller et à cultiver ces puissances inconscientes. Ainsi le but commun des procédés de suggestion serait de retrouver la vie dont la pensée nous a progressivement détachés. L'homme qui réfléchit (et toute conscience implique réflexion) devient peu à peu étranger à la nature qu'il porte en lui. Pourtant, sa conscience qui la juge ne saurait complètement s'en séparer. Il est à la fois conscience et nature. C'est « l'animal malade » dont parlait Hegel. La suggestion endort la conscience pour retrouver la nature. Ainsi comprise, elle n'est pas un pouvoir artificiel acquis à la faveur de quelque gymnastique mentale, mais un retour aux sources.
Larroque Dominique ; Margairaz Michel ; Zembri Pie
Paris et ses transports XIXe-XXe siècles déroule le panorama de la longue histoire des transports publics en Île-de-France. Pour tenter d'expliquer cet enchaînement aux étapes contrastées, Dominique Larroque et Michel Margairaz, historiens, et Pierre Zembri, géographe, ont choisi d'étudier les décisions grandes et petites qui font notre quotidien. En suivant les détours de la réflexion et de l'action qui ont décidé des réseaux de transports parisiens, en mettant en scène les acteurs qui ont conduit ces évolutions, leurs motifs et parfois leurs illusions, cet ouvrage d'histoire ? qui est aussi une réflexion sur la décision publique ? constitue un instrument d'analyse original des politiques d'aménagement. Quels sont la nature, les développements et les effets des décisions publiques en matière de transports ? Ces décisions ont-elles tendance à suivre, à accompagner ou à déterminer l'évolution de l'espace régional et de la demande sociale ?
Il y a entre les expériences d'involonté que nous avons étudiées de nombreuses analogies. On peut distinguer des ressemblances de vécu, de procédés et de problèmes. Ressemblance de vécu d'abord. Tous les états étudiés se caractérisent par la passivité. Tel est le sens de l'invitation au sommeil dans l'hypnose qui ne crée pas un authentique sommeil physiologique mais l'état d'abandon correspondant à la représentation subjective que le patient a du sommeil. Mais l'abolition de l'effort est aussi la clé d'une autosuggestion réussie, la condition d'accès à l'expérience mystique et sans doute même le propre de toute mentalité religieuse qui « tourne autour du pivot de la passivité ». C'est pourquoi des consignes identiques d'abandon se retrouvent dans le Quiétisme et dans le Zen même s'il est précisé qu'un effort préalable doit préparer l'accueil de la grâce. La suppression de l'effort entraîne la disparition du clivage qu'il institue. Identifié à lui-même, coïncidant avec sa nature, l'être est unifié. C'est pourquoi il ne réfléchit pas sur ses états, il ne contrôle pas ses actes. Ces caractères sont manifestes dans l'hypnose; ils font l'objet de prescriptions dans l'autosuggestion. Mais on les retrouve aussi dans les spontanéités spirituelles. À l'aphorisme oriental selon lequel le véritable esprit est absence d'esprit, Wu Shin (c'est-à-dire absence d'esprit second), fait écho la condamnation du retour sur soi et de la réflexion par le Quiétisme. Il s'ensuit que dans ces perspectives l'activité est purement instinctive, aux antipodes du comportement volontaire qui s'efforce de justifier des buts et de peser les moyens. L'être s'abandonne une finalité naturelle étrangère à la délibération et au calcul. Madame Guyon rédige son commentaire du « Cantique des cantiques » dans une disposition d'esprit analogue à celle de l'adepte Zen maniant l'épée, l'arc ou le pinceau, comparable à celle des hystériques de Janet capables de conduites complexes à condition de n'y pas réfléchir. Dans tous ces cas, comme dans les thérapeutiques visant à rétablir une fonction naturelle, il s'agit de s'abandonner à un dynamisme impersonnel, à une spontanéité créatrice étrangère à la pensée d'un plan. Il s'ensuit que les modes de conscience étudiés excluent le jugement. Ainsi, c'est par une incapacité à penser les idées de rapport, c'est-à-dire à juger, que Janet définit l'étroitesse du champ mental, clef de la suggestion. Le Zen méprise les aspects conceptuels et discursifs de la vie intellectuelle, condamne l'érudition, se moque du discours. De même les mystiques opposent la voie parfaite de la contemplation à la méditation bonne seulement pour ceux qui débutent dans la vie spirituelle. Dans tous ces états, on constate la disparition de l'ego. Le sentiment du moi très affaibli dans l'hystérie, annihilé dans l'hypnose, est dénoncé par le Zen comme l'illusion majeure. Il en va de même dans le Quiétisme où la désappropriation n'est pas seulement renoncement à l'amour-propre mais abolition de la conscience propre, dépersonnalisation. Le sujet éprouve qu'une puissance supérieure prend le relais du moi disparu: c'est la volonté de l'hypnotiseur, la nature à laquelle on s'abandonne avec confiance, un « quelque chose », qui tire la flèche ou manie le pinceau, le Tao ou Dieu. Enfin l'hystérie, hétéro et auto hypnose, mystique orientale ou chrétienne, se caractérisent par un rapport au temps identique. La durée n'est pas objectivée par une sorte de mise à distance qui permettrait d'en embrasser la totalité; le sujet coïncide avec sa mouvance même. C'est ce qui explique la fascination par le présent, l'oubli du passé et de l'avenir dans l'hystérie ou l'hypnose, l'invitation à vivre « ici et maintenant » dans le Zen, l'absence de souvenir « des actes simples et directs » chez les mystiques, le refus commun à l'adepte du Zen et au Quiétiste de s'assurer de l'avenir, et aussi une certaine efficacité gestuelle dans la mesure où le sujet s'identifie au « se faisant » de l'acte au lieu d'en forger une représentation extérieure paralysante car en figeant la mobilité.
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.