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Hypnose, suggestion et autosuggestion
Larroque Michel
L'HARMATTAN
13,50 €
Épuisé
EAN :9782738418296
L'hypnose n'est donc pas un phénomène isolé relevant d'une explication autonome. Elle est au contraire indissociable des lois générales du psychisme. Elle n'a pu apparaître comme un mystère que dans la mesure où l'on n'a pas rattaché cette conséquence aux prémisses qui la fondent et l'éclairent. Une théorie de l'hypnose dépasse donc la simple explication d'un fait rare et quelque peu marginal; elle enveloppe une interrogation plus ample sur la nature de la conscience et les conditions de son émergence. L'hypnose est un retour à la simplicité native dont l'effort nous avait éloignés. Dans cette perspective, l'être réaliserait à l'occasion de la suggestion une plongée dans la vie instinctive. De ce retour aux origines naturelles, on a surtout décrit les aspects négatifs: l'abolition de la synthèse réfléchie du temps interdit le jugement, la pesée des moyens et des fins qui caractérisent le comportement conscient et volontaire. L'homme redevient en quelque sorte un être instantané et irréfléchi. Mais il peut arriver que la finalité naturelle assure le relais d'une volonté qui renonce à prendre en charge le déroulement des choses. Nous l'avons vérifié chez les somnambules étudiés par Janet, dont le comportement témoigne d'une activité intelligente mais étrangère à la délibération et cependant capable de réaliser des tâches parfois fort compliquées. Il en est de même dans la suggestion. Baudoin souligne le caractère inventif de l'idée suggérée qui appelle et coordonne des moyens nombreux et complexes pour produire une fin, mais, à l'inverse de la volonté, de façon inconsciente. Il dégage de ses observations la « loi de la finalité subconsciente »: « l'idée qui fait l'objet de la suggestion agit comme un but ou une fin. L'activité subconsciente qui est en jeu dans la suggestion consiste dans une invention et adaptation de moyens propres à réaliser cette fin ». C'est en vertu de cette loi que dans l'autosuggestion il suffit de se concentrer sur une formule évoquant l'amélioration générale en laissant à l'inconscient la charge de la spécifier en bénéfices psychophysiologiques plus précis. Cette idée d'un abandon à la finalité naturelle se retrouve chez Erickson. Pour lui, l'idée d'un hypnotiseur tout-puissant imposant de l'extérieur des réponses à son patient est un mythe ridicule. Au contraire, tout ce qui peut apparaître dans l'hypnose existe déjà à l'état potentiel chez le sujet. Les phénomènes spécifiques de l'hypnose peuvent toujours se produire spontanément: ils sont donc en quelque sorte naturels. C'est le cas pour les réponses thérapeutiques: elles ne sont pas des créations artificielles de l'hypnotiseur car le sujet a déjà en lui sans le savoir les possibilités de résoudre ses difficultés. L'hypnose consiste seulement à réveiller et à cultiver ces puissances inconscientes. Ainsi le but commun des procédés de suggestion serait de retrouver la vie dont la pensée nous a progressivement détachés. L'homme qui réfléchit (et toute conscience implique réflexion) devient peu à peu étranger à la nature qu'il porte en lui. Pourtant, sa conscience qui la juge ne saurait complètement s'en séparer. Il est à la fois conscience et nature. C'est « l'animal malade » dont parlait Hegel. La suggestion endort la conscience pour retrouver la nature. Ainsi comprise, elle n'est pas un pouvoir artificiel acquis à la faveur de quelque gymnastique mentale, mais un retour aux sources.
L'hypnose n'est pas un phénomène isolé relevant d'une explication indépendante. Elle est, au contraire, indissociable des lois générales du psychisme. Sa nature en est déductible comme une conséquence l'est des prémisses qui la fondent. Une réflexion sur l'hypnose enveloppe donc une interrogation philosophique sur la nature de la conscience pour rendre compte de faits particuliers. Le sujet en état d'hypnose est un être unifié qui coïncide avec la mouvance de la durée, forme de tout vécu, mais ignore, faute de recul, sa temporalité : il ne pense pas le temps et ne se pense pas dans le temps. Cette hypothèse s'accorde avec les procédés d'induction de l'hypnose ; elle permet aussi d'éclairer ses principaux effets : hallucinations positives et négatives, régression, amnésie posthypnotique... Longtemps reléguée au silence par la psychanalyse, l'hypnose connaît aujourd'hui, sous d'autres noms, un renouveau attesté par le succès de méthodes de relaxation qui en procèdent. Mais, de tout temps, l'état mental où elle s'enracine a inspiré la recherche d'expériences libératrices : c'est le cas des diverses formes de prières ou de la spiritualité propre au quiétisme et au zen. Différentes de l'hypnose, ces expériences naissent de la même source et s'en rapprochent comme des espèces au sein d'un genre.
Le 4 octobre 2015, l'ordonnance portant création de la Sécurité sociale aura 70 ans. C'est l'occasion de revenir sur les origines de la Sécurité sociale, sa construction (notamment avec deux textes peu connus de Pierre Laroque), de rappeler son évolution jusqu'aux années 1990, puis d'analyser les infléchissements qui tendent à faire passer de l'Etat providence à un Etat d'investissement social, permettant le soutien des bénéficiaires tout au long de leur vie, et en particulier, de façon préventive.
L'amour est éprouvé comme révélation de valeur : il n'est irrésistible que dans la mesure où son objet lui semble irrécusable. Il découvre, à partir du visage aimé, la gloire poétique du monde. Il est donc saisi du bien et du beau à travers un être singulier, investi d'un caractère sacré, et parfois même, dans la passion, transfiguré en absolu vivant. Ainsi le vécu amoureux apparaît, dans son essence, comme une expérience spirituelle. Mais cette expérience prend sa source dans l'instinct : on ne peut aimer qu'un être avec lequel l'union physique est envisageable et, le plus souvent, tout à la fois désirée et impossible. Cette parenté entre l'amour et la sexualité a inspiré des thèses psychanalytiques sur l'idéalisation et la sublimation. Leur mérite est de révéler des faits essentiels longtemps occultés, mais elles les interprètent à travers un préjugé matérialiste qui en fausse le sens. Il faut donc comprendre autrement le lien fondamental qui rattache la visée religieuse de l'amour à son enracinement biologique.
Un soir méditant sous un arbre, sur la rive d'un fleuve, Gotama atteignit l'éveil. Le zen est l'interprétation chinoise de cette illumination, source vivante du bouddhisme. E se présente comme une expérience informulable. Elle implique cependant un vécu temporel spécifique : l'intuition de la durée décrite par Bergson. C'est la voie d'accès à la doctrine. On doit, à partir de cette hypothèse, comprendre la spontanéité efficace propre au zen telle qu'elle se manifeste, par exemple, dans l'escrime, le tir à l'arc ou la peinture Sumiye. On peut aussi saisir par là sa parenté avec des spontanéités analogues, développées dans des contextes différents, comme 1e quiétisme chrétien- et l'activité hystérique, ou sa radicale opposition à la définition occidentale du comportement volontaire. Ainsi le zen n'est pas une originalité irréductible de r Orient mais une expérience que l'on peut cerner en la situant par rapport à d'autres, semblables ou opposées, de la pensée universelle.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
L'hypnose médicale et therapeutique, à travers son approche globale et bienveillante, est une réponse efficace à bon nombre de problèmes physiques et psychiques rencontrés chez les personnes âgées. Elle remporte l'adhésion des soignants qui trouvent en elle un sens et une humanité nécessaires à leurs pratiques. Cet ouvrage pluridisciplinaire décrit la pratique de l'hypnose thérapeutique dans les situations suivantes : personnes âgées atteintes de troubles cognitifs liés à une maladie d'Alzheimer ou à une pathologie apparentée et ayant des troubles du comportement (déambulation, cris, agitations, agressivité, anxiété) ; personnes souffrant de pathologies du mouvement (maladie de Parkinson, séquelles d'Accidents Vasculaires Cérébraux), de douleur chronique, aiguë, induite par les soins ; accompagnement des aidants ; problématiques de soins palliatifs. De nombreux cas cliniques et des exemples apportent par complément pédagogique à l'ouvrage.
Les histoires thérapeutiques s'avèrent d'une grande efficacité quand elles sont utilisées judicieusement par des thérapeutes confirmés en hypnose éricksonienne. Evelyne Josse dévoile ici les rouages de cette technique qui s'applique dans le traitement des syndromes psychosomatiques graves : aux patients meurtris par des viols, attentats ou violences, deuils, accidents ou encore catastrophes naturelles. Une présentation théorique éclaire l'usage des conditions d'application, le recours à l'imaginaire, aux images, aux subtilités des métaphores ou des allégories. Huit histoires successives illustrent la démarche thérapeutique. Très évocatrices, contées avec brio, elles sont suivies chacune par l'analyse pertinente du processus ; laquelle permet à son tour de bénéficier de cet enseignement dans la démarche de soins et de guérison psychique.
Résumé : Reconnue comme discipline universitaire par la Faculté de médecine de Paris, l'hypnose a aujourd'hui sa place au sein de la médecine dite scientifique. Elle continue pourtant de susciter les interrogations. Cet ouvrage de référence fait le point sur l'hypnose médicale, ses fondements historiques, ses mécanismes cognitifs et les conditions de sa pratique, seul ou avec un thérapeute. Le docteur Grégory Tosti propose une initiation ludique aux techniques de l'autohypnose. A travers des exercices variés, le lecteur apprendra à entrer dans la transe hypnotique, à partir de ses propres ressources. Les bénéfices de l'hypnose au quotidien sont multiples : faire retomber l'émotion en période de stress, oublier une douleur chronique, améliorer sa confiance en soi, dépasser ses peurs, s'ancrer dans le temps présent pour rassembler ses forces et agir.
Ces derniers temps, on s'est beaucoup questionné sur l'efficacité des thérapies: pour beaucoup, c'est la personnalité du thérapeute, sa compétence et sa force qui sont en cause. Ce livre présente clairement la façon de faire de celui qui est presque devenu un mythe aux États-Unis: Milton H. Erickson. Une large part est donnée à sa parole même, et on découvre comment chaque personne, grâce à la compétence et à la pratique d'un thérapeute exceptionnel peut changer et vivre sa part de bonheur. L'ouvrage de Jay Haley suit les grandes étapes de la vie et met en relief la manière très souple, imprévisible, créatrice, dont les crises sont dénouées par Erickson, toujours prêt à donner de lui-même pour aider le patient. Un livre qui peut faire réfléchir tous ceux qui mettent en doute les changements que peut susciter un vrai thérapeute. Ce sont des histoires, et quelque chose de notre histoire. Biographie de l'auteur Jay Haley, praticien et enseignant de thérapie familiale, fut pendant dix-sept ans l'élève d'Erickson. Il fait partie du Groupe de Palo Alto, et est connu en France pour son ouvrage Tacticiens du pouvoir.