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Volonté et involonté dans la pensée occidentale et orientale
Larroque Michel
L'HARMATTAN
19,00 €
Épuisé
EAN :9782738422101
Il y a entre les expériences d'involonté que nous avons étudiées de nombreuses analogies. On peut distinguer des ressemblances de vécu, de procédés et de problèmes. Ressemblance de vécu d'abord. Tous les états étudiés se caractérisent par la passivité. Tel est le sens de l'invitation au sommeil dans l'hypnose qui ne crée pas un authentique sommeil physiologique mais l'état d'abandon correspondant à la représentation subjective que le patient a du sommeil. Mais l'abolition de l'effort est aussi la clé d'une autosuggestion réussie, la condition d'accès à l'expérience mystique et sans doute même le propre de toute mentalité religieuse qui « tourne autour du pivot de la passivité ». C'est pourquoi des consignes identiques d'abandon se retrouvent dans le Quiétisme et dans le Zen même s'il est précisé qu'un effort préalable doit préparer l'accueil de la grâce. La suppression de l'effort entraîne la disparition du clivage qu'il institue. Identifié à lui-même, coïncidant avec sa nature, l'être est unifié. C'est pourquoi il ne réfléchit pas sur ses états, il ne contrôle pas ses actes. Ces caractères sont manifestes dans l'hypnose; ils font l'objet de prescriptions dans l'autosuggestion. Mais on les retrouve aussi dans les spontanéités spirituelles. À l'aphorisme oriental selon lequel le véritable esprit est absence d'esprit, Wu Shin (c'est-à-dire absence d'esprit second), fait écho la condamnation du retour sur soi et de la réflexion par le Quiétisme. Il s'ensuit que dans ces perspectives l'activité est purement instinctive, aux antipodes du comportement volontaire qui s'efforce de justifier des buts et de peser les moyens. L'être s'abandonne une finalité naturelle étrangère à la délibération et au calcul. Madame Guyon rédige son commentaire du « Cantique des cantiques » dans une disposition d'esprit analogue à celle de l'adepte Zen maniant l'épée, l'arc ou le pinceau, comparable à celle des hystériques de Janet capables de conduites complexes à condition de n'y pas réfléchir. Dans tous ces cas, comme dans les thérapeutiques visant à rétablir une fonction naturelle, il s'agit de s'abandonner à un dynamisme impersonnel, à une spontanéité créatrice étrangère à la pensée d'un plan. Il s'ensuit que les modes de conscience étudiés excluent le jugement. Ainsi, c'est par une incapacité à penser les idées de rapport, c'est-à-dire à juger, que Janet définit l'étroitesse du champ mental, clef de la suggestion. Le Zen méprise les aspects conceptuels et discursifs de la vie intellectuelle, condamne l'érudition, se moque du discours. De même les mystiques opposent la voie parfaite de la contemplation à la méditation bonne seulement pour ceux qui débutent dans la vie spirituelle. Dans tous ces états, on constate la disparition de l'ego. Le sentiment du moi très affaibli dans l'hystérie, annihilé dans l'hypnose, est dénoncé par le Zen comme l'illusion majeure. Il en va de même dans le Quiétisme où la désappropriation n'est pas seulement renoncement à l'amour-propre mais abolition de la conscience propre, dépersonnalisation. Le sujet éprouve qu'une puissance supérieure prend le relais du moi disparu: c'est la volonté de l'hypnotiseur, la nature à laquelle on s'abandonne avec confiance, un « quelque chose », qui tire la flèche ou manie le pinceau, le Tao ou Dieu. Enfin l'hystérie, hétéro et auto hypnose, mystique orientale ou chrétienne, se caractérisent par un rapport au temps identique. La durée n'est pas objectivée par une sorte de mise à distance qui permettrait d'en embrasser la totalité; le sujet coïncide avec sa mouvance même. C'est ce qui explique la fascination par le présent, l'oubli du passé et de l'avenir dans l'hystérie ou l'hypnose, l'invitation à vivre « ici et maintenant » dans le Zen, l'absence de souvenir « des actes simples et directs » chez les mystiques, le refus commun à l'adepte du Zen et au Quiétiste de s'assurer de l'avenir, et aussi une certaine efficacité gestuelle dans la mesure où le sujet s'identifie au « se faisant » de l'acte au lieu d'en forger une représentation extérieure paralysante car en figeant la mobilité.
L'amour est éprouvé comme révélation de valeur : il n'est irrésistible que dans la mesure où son objet lui semble irrécusable. Il découvre, à partir du visage aimé, la gloire poétique du monde. Il est donc saisi du bien et du beau à travers un être singulier, investi d'un caractère sacré, et parfois même, dans la passion, transfiguré en absolu vivant. Ainsi le vécu amoureux apparaît, dans son essence, comme une expérience spirituelle. Mais cette expérience prend sa source dans l'instinct : on ne peut aimer qu'un être avec lequel l'union physique est envisageable et, le plus souvent, tout à la fois désirée et impossible. Cette parenté entre l'amour et la sexualité a inspiré des thèses psychanalytiques sur l'idéalisation et la sublimation. Leur mérite est de révéler des faits essentiels longtemps occultés, mais elles les interprètent à travers un préjugé matérialiste qui en fausse le sens. Il faut donc comprendre autrement le lien fondamental qui rattache la visée religieuse de l'amour à son enracinement biologique.
L'expérience de l'amour se situe au carrefour de l'esprit et du corps. L'amour, en effet, est éprouvé comme révélation de valeur : il n'est irrésistible que dans la mesure où son objet lui apparaît irrécusable. Il découvre, à partir du visage aimé, la gloire poétique du monde. Il est donc saisi du bien et du beau à travers un être singulier, investi d'un caractère sacré, et parfois même, dans la passion, transfiguré en absolu vivant. Ainsi, le vécu amoureux est, essentiellement, une expérience spirituelle. Cependant, cette expérience prend sa source dans l'instinct : elle ne jaillit qu'à l'égard d'un être avec lequel l'union physique est envisageable, et, le plus souvent, tout à la fois désirée et entravée. Cette bivalence de l'amour explique qu'on ait pu en donner des interprétations opposées : avatar de la sexualité pour le freudisme, expérience mystique avortée pour la tradition platonicienne. Une réflexion sur l'amour doit donc s'attacher à comprendre le lien fondamental qui rattache son enracinement biologique à sa visée religieuse.
Un soir méditant sous un arbre, sur la rive d'un fleuve, Gotama atteignit l'éveil. Le zen est l'interprétation chinoise de cette illumination, source vivante du bouddhisme. E se présente comme une expérience informulable. Elle implique cependant un vécu temporel spécifique : l'intuition de la durée décrite par Bergson. C'est la voie d'accès à la doctrine. On doit, à partir de cette hypothèse, comprendre la spontanéité efficace propre au zen telle qu'elle se manifeste, par exemple, dans l'escrime, le tir à l'arc ou la peinture Sumiye. On peut aussi saisir par là sa parenté avec des spontanéités analogues, développées dans des contextes différents, comme 1e quiétisme chrétien- et l'activité hystérique, ou sa radicale opposition à la définition occidentale du comportement volontaire. Ainsi le zen n'est pas une originalité irréductible de r Orient mais une expérience que l'on peut cerner en la situant par rapport à d'autres, semblables ou opposées, de la pensée universelle.
Le 4 octobre 2015, l'ordonnance portant création de la Sécurité sociale aura 70 ans. C'est l'occasion de revenir sur les origines de la Sécurité sociale, sa construction (notamment avec deux textes peu connus de Pierre Laroque), de rappeler son évolution jusqu'aux années 1990, puis d'analyser les infléchissements qui tendent à faire passer de l'Etat providence à un Etat d'investissement social, permettant le soutien des bénéficiaires tout au long de leur vie, et en particulier, de façon préventive.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.