Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Questions de santé sur les bords de la Méditerranée. Malades, soignants, hôpitaux, représentations,
Larguier Gilbert
PU PERPIGNAN
20,00 €
Épuisé
EAN :9782354122423
C?est au cours de l?époque moderne (XVIe-XVIIIe siècle) que les questions de santé commencent à être abordées de manière éclairée, avec une attention plus grande apportée à l?hygiène, la mise en place de mesures visant à éviter la propagation des épidémies, la réorganisation des établissements hospitaliers et d?assistance, les débuts d?une véritable recherche médicale. Tous ces thèmes, facettes d?une révolution en profondeur qui touche à la fois à la société, à l?Etat, à la médecine et aux sciences, aux comportements et aux croyances, sont abordées de manière concrète dans les différentes contributions, complémentaires les unes des autres, qui portent sur le sud de la France, mais ont valeur d?exemple beaucoup plus large. La question fondamentale est en effet : comment une société fait-elle face aux questions de santé ? On pourra voir que les préoccupations contemporaines étaient formulées de manière beaucoup plus claire et pertinente qu?on ne le pense avant la période industrielle.
Relativement délaissés par la recherche historique depuis quelques lustres, sauf sur des points très particuliers, métiers et gens de métiers sont un des socles les plus solides et les plus représentatifs des sociétés préindustrielles. Par eux se transmettaient les savoir-faire, se forgeaient des identités fortes. L'ouvrage, à travers des études de cas portant sur le Languedoc et le Roussillon, étudie la formation des gens qui relevaient des " arts mécaniques ", l'accès à la maîtrise, la localisation des artisans dans les paroisses et les rues, l'intérieur des habitations, le recrutement, l'esprit de corps facteur d'identité, gage de pérennité, parfois aussi de repli sur soi et d'affadissement de l'élan créateur, ce que l'on découvre en Roussillon avec les peintres et les sculpteurs au XVIIIe siècle après un demi-siècle étonnant par la qualité de ses productions artistiques. Cet ouvrage, attentif à montrer que dynamiques économique, urbaine, sociale, sont intimement liées, ainsi que les courants de la vie matérielle, artistique et spirituelle, tend à combler une lacune dans la bibliographie méridionale. Il intéressera d'autant plus qu'il ne se limite pas à l'étude des artisans, mais aussi aux métiers de la santé, de la justice, voire à des nouveaux venus comme les marchands juifs au XVIIIe siècle.
Le littoral du golfe du Lion, une côte basse dépourvue d'abri, inhospitalière, a longtemps été un quasi désert ; un situation unique dans le nord-ouest de la Méditerranée en dépit de la fondations de villes comme Aigues-Mortes, Sète ou Port-Vendres. Aussi était-il intéressant d'étudier les relations entre les hommes et ce milieu original : les manières de le voir, de l'habiter, de développer des activités, de l'organiser. Une réalité s'impose au quotidien : zone d'échanges et de contacts privilégiés des hommes, des techniques, des sensibilités, des produits, ce littoral est aussi une frontière face aux dangers venus de la mer : l'épidémie, les agressions des bateaux ennemis ou des barbaresques musulmans. Exemple pertinent des mutations du littoral français et de la Méditerranée nord-occidentale aux XVIIe et XVIIIe siècles, de profondes transformations se font jour : de nouvelles techniques de pêche suscitent de vives tensions au sein de la société littorale, des villes sont fondées (Sète, Port-Vendres), l'Etat accentue son emprise sur le territoire.
Ce livre est la publication des communications faites lors de la journée thématique tenue le 9 juin 2013 à l'université de Perpignan, qui a réuni des historiens, des historiens de l'art, des historiens du droit et des institutions. Ce thème paraît classique au premier abord. En fait, si l'on est attentif à l'historiographie récente, on s'aperçoit qu'il est peu traité, les publications s'attachant davantage aux institutions, aux ordres religieux, à la spiritualité. Aussi était-il intéressant d'étudier les relations entretenues par les ecclésiastiques et les fidèles, très variées au quotidien puisque les prêtres ne bornaient par leurs activités et leur rôle aux tâches pastorales, mais recevaient les testaments, étaient choisis comme procureurs des successions, intervenaient dans le choix des conjoints, prêtaient de l'argent..., de d'interroger sur la manière de se comporter des ecclésiastiques, sur les regards réciproques que se portaient les prêtres et les fidèles, sur la place de ces derniers dans la vie paroissiale, la décoration des églises. La comparaison entre le Roussillon, plus largement les pays catalans, et le Languedoc est toujours suggestive. L'éventail des cas présentés grâce à la mise en oeuvre de sources variées - textes juridiques, dossiers de justice, contrats passés avec des artistes, comptabilités d'œuvres paroissiales, livres de raison..., des exemples significatifs sont joints aux articles - offre un regard neuf, nuancé, sur un aspect central de la société d'Ancien Régime.
Histoire de la justice et des justiciables S'est longtemps bornée aux grandes institutions: le Parlement en Languedoc, le Conseil souverain dans la province du Roussillon. Les justices inférieures (on dit secondaires et subalternes) restaient dans l'ombre, desservies par leur médiocre réputation et la conservation très inégale de leurs archives. On sait maintenant les limites de cette approche: les cours souveraines jugeaient principalement en appel, la majorité des affaires était traitée par les justices de première instance. Or, contrairement au discrédit supposé dans lesquelles elles seraient tombées, elles restaient vivantes le plus souvent, fonctionnaient mieux qu'on l'a dit. Les justiciables appréciaient ces justices de proximité, relativement rapides, peu onéreuses, où la porte restait ouverte aux accommodements entre parties adverses. Les tribunaux des vigueries de la province du Roussillon, étudiés pour la première fois grâce au classement récent de leurs archives, illustrent ce constat. Ils ne perdent rien de leur vigueur après le Traité des Pyrénées, servis par des juges du cru formés à l'université de Perpignan. Là étaient portés les conflits du quotidien, depuis les altercations de voisinage jusqu'aux vols de bestiaux, aux viols, aux meurtres. Les caractères et le fonctionnement profond de la société se dévoilent à travers eux.