Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
L'Eglise, le clergé et les fidèles en Languedoc et en pays catalans (XVIe-XVIIIe siècle)
Larguier Gilbert
PU PERPIGNAN
20,00 €
Épuisé
EAN :9782354121860
Ce livre est la publication des communications faites lors de la journée thématique tenue le 9 juin 2013 à l'université de Perpignan, qui a réuni des historiens, des historiens de l'art, des historiens du droit et des institutions. Ce thème paraît classique au premier abord. En fait, si l'on est attentif à l'historiographie récente, on s'aperçoit qu'il est peu traité, les publications s'attachant davantage aux institutions, aux ordres religieux, à la spiritualité. Aussi était-il intéressant d'étudier les relations entretenues par les ecclésiastiques et les fidèles, très variées au quotidien puisque les prêtres ne bornaient par leurs activités et leur rôle aux tâches pastorales, mais recevaient les testaments, étaient choisis comme procureurs des successions, intervenaient dans le choix des conjoints, prêtaient de l'argent..., de d'interroger sur la manière de se comporter des ecclésiastiques, sur les regards réciproques que se portaient les prêtres et les fidèles, sur la place de ces derniers dans la vie paroissiale, la décoration des églises. La comparaison entre le Roussillon, plus largement les pays catalans, et le Languedoc est toujours suggestive. L'éventail des cas présentés grâce à la mise en oeuvre de sources variées - textes juridiques, dossiers de justice, contrats passés avec des artistes, comptabilités d'œuvres paroissiales, livres de raison..., des exemples significatifs sont joints aux articles - offre un regard neuf, nuancé, sur un aspect central de la société d'Ancien Régime.
La partie orientale des Pyrénées est un des secteurs du continent européen où s'est fixée le plus précocement une frontière. Ceci lui confère le privilège de montrer combien frontières, Etats, fiscalité et contrôles douaniers vont de pair. Un prélèvement douanier exista sous l'Empire romain. Vinrent ensuite à partir du XIIIe siècle les leudes seigneuriales, les droits de la Généralité de Catalogne, les taxes exigées par les Etats qui triomphent au XIXe et dans la première moitié du XXe siècle. L'heure, actuellement, est à une redéfinition de la douane, non à sa disparition car elle retrouve une dynamique à mesure que les frontières terrestres internes de l'Europe perdent de leur consistance. Les relations entre les frontières, les Etats, la Douane, sont ainsi retracées concrètement sur près de deux millénaires avec une richesse de réflexion rarement égalée.
Histoire de la justice et des justiciables S'est longtemps bornée aux grandes institutions: le Parlement en Languedoc, le Conseil souverain dans la province du Roussillon. Les justices inférieures (on dit secondaires et subalternes) restaient dans l'ombre, desservies par leur médiocre réputation et la conservation très inégale de leurs archives. On sait maintenant les limites de cette approche: les cours souveraines jugeaient principalement en appel, la majorité des affaires était traitée par les justices de première instance. Or, contrairement au discrédit supposé dans lesquelles elles seraient tombées, elles restaient vivantes le plus souvent, fonctionnaient mieux qu'on l'a dit. Les justiciables appréciaient ces justices de proximité, relativement rapides, peu onéreuses, où la porte restait ouverte aux accommodements entre parties adverses. Les tribunaux des vigueries de la province du Roussillon, étudiés pour la première fois grâce au classement récent de leurs archives, illustrent ce constat. Ils ne perdent rien de leur vigueur après le Traité des Pyrénées, servis par des juges du cru formés à l'université de Perpignan. Là étaient portés les conflits du quotidien, depuis les altercations de voisinage jusqu'aux vols de bestiaux, aux viols, aux meurtres. Les caractères et le fonctionnement profond de la société se dévoilent à travers eux.
Transmettre, échanger : des actes, des manières de faire si quotidiens, si multiformes qu'on n'y prête guère attention. Ces processus de transmission sont omniprésents dans la société moderne (XVIe-XVIIIe siècle) où une minorité d'individus parvenaient à l'âge adulte, constamment à l'oeuvre. Ils concernent autant les biens, les savoirs, les métiers, que les offices publics, l'art, et même des institutions où ils étaient en principe exclus comme à la cour souveraine de justice du Roussillon (le Conseil souverain) créée en 1660. Etudier les moyens, les stratégies employés par les individus, les familles, les groupes sociaux, pour assurer leur succession, se maintenir dans un métier ou une fonction, informe toujours beaucoup sur une société et une époque, sur les comportements, les sensibilités. Les études de cas réunies dans ce volume associent les approches d'historiens, d'historiens du droit et des institutions, d'historiens de l'Art ; portent sur le Languedoc, province intégrée depuis longtemps dans le royaume de France, et sur le Roussillon conquis beaucoup plus tard ; permettent des comparaisons suggestives, ce qui confère aux observations et aux conclusions qui peuvent en être tirées une portée plus générale.