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Transmettre et échanger en Roussillon et en Languedoc (XVIe-XVIIIe siècle)
Larguier Gilbert
PU PERPIGNAN
18,00 €
Épuisé
EAN :9782354121327
Transmettre, échanger : des actes, des manières de faire si quotidiens, si multiformes qu'on n'y prête guère attention. Ces processus de transmission sont omniprésents dans la société moderne (XVIe-XVIIIe siècle) où une minorité d'individus parvenaient à l'âge adulte, constamment à l'oeuvre. Ils concernent autant les biens, les savoirs, les métiers, que les offices publics, l'art, et même des institutions où ils étaient en principe exclus comme à la cour souveraine de justice du Roussillon (le Conseil souverain) créée en 1660. Etudier les moyens, les stratégies employés par les individus, les familles, les groupes sociaux, pour assurer leur succession, se maintenir dans un métier ou une fonction, informe toujours beaucoup sur une société et une époque, sur les comportements, les sensibilités. Les études de cas réunies dans ce volume associent les approches d'historiens, d'historiens du droit et des institutions, d'historiens de l'Art ; portent sur le Languedoc, province intégrée depuis longtemps dans le royaume de France, et sur le Roussillon conquis beaucoup plus tard ; permettent des comparaisons suggestives, ce qui confère aux observations et aux conclusions qui peuvent en être tirées une portée plus générale.
Relativement délaissés par la recherche historique depuis quelques lustres, sauf sur des points très particuliers, métiers et gens de métiers sont un des socles les plus solides et les plus représentatifs des sociétés préindustrielles. Par eux se transmettaient les savoir-faire, se forgeaient des identités fortes. L'ouvrage, à travers des études de cas portant sur le Languedoc et le Roussillon, étudie la formation des gens qui relevaient des " arts mécaniques ", l'accès à la maîtrise, la localisation des artisans dans les paroisses et les rues, l'intérieur des habitations, le recrutement, l'esprit de corps facteur d'identité, gage de pérennité, parfois aussi de repli sur soi et d'affadissement de l'élan créateur, ce que l'on découvre en Roussillon avec les peintres et les sculpteurs au XVIIIe siècle après un demi-siècle étonnant par la qualité de ses productions artistiques. Cet ouvrage, attentif à montrer que dynamiques économique, urbaine, sociale, sont intimement liées, ainsi que les courants de la vie matérielle, artistique et spirituelle, tend à combler une lacune dans la bibliographie méridionale. Il intéressera d'autant plus qu'il ne se limite pas à l'étude des artisans, mais aussi aux métiers de la santé, de la justice, voire à des nouveaux venus comme les marchands juifs au XVIIIe siècle.
Avant le XIX e siècle, un individu sur deux mourrait avant vingt ans. La minorité se prolongeait jusqu'au mariage - tardif alors -, à vingt-cinq ans et parfois au-delà. Les mineurs, qu'ils soient appelés à disparaître prématurément ou à entrer dans le monde des adultes, constituaient la majorité de la population. Or on les connaît mal. Les historiens ne s'y sont intéressé qu'assez tardivement en privilégiant les turbulences juvéniles. Mineurs, Minorité ; Jeunes, Jeunesse, est pourtant un thème d'une incomparable fécondité si on l'embrasse depuis la naissance jusqu'à son terme, l'émancipation. C'est ce qui est tenté ici en mettant en synergie les compétences du droit, de l'histoire, de l'histoire de l'art. Le droit protège les mineurs, trace des bornes. Entre elles, le flou est beaucoup plus grand, des âges de la vie, des représentations, précisées ici grâce à celles de l'enfant dans les retables baroques. Le désordre, les transgressions, commis exclusivement par les garçons célibataires âgés de plus de quinze à seize ans, permettent de mieux apercevoir une jeunesse plus diversifiée qu'on ne le croit, mais aussi, en contrepoint, les comportements, les normes sociales à la campagne comme à la ville. Une contribution importante, dans le cadre du nord-ouest de la Méditerranée, à un champ d'étude insuffisamment cultivé en dépit des problèmes et interrogations que suscitent actuellement les mineurs et la jeunesse en général.
Ce livre est la publication des communications faites lors de la journée thématique tenue le 9 juin 2013 à l'université de Perpignan, qui a réuni des historiens, des historiens de l'art, des historiens du droit et des institutions. Ce thème paraît classique au premier abord. En fait, si l'on est attentif à l'historiographie récente, on s'aperçoit qu'il est peu traité, les publications s'attachant davantage aux institutions, aux ordres religieux, à la spiritualité. Aussi était-il intéressant d'étudier les relations entretenues par les ecclésiastiques et les fidèles, très variées au quotidien puisque les prêtres ne bornaient par leurs activités et leur rôle aux tâches pastorales, mais recevaient les testaments, étaient choisis comme procureurs des successions, intervenaient dans le choix des conjoints, prêtaient de l'argent..., de d'interroger sur la manière de se comporter des ecclésiastiques, sur les regards réciproques que se portaient les prêtres et les fidèles, sur la place de ces derniers dans la vie paroissiale, la décoration des églises. La comparaison entre le Roussillon, plus largement les pays catalans, et le Languedoc est toujours suggestive. L'éventail des cas présentés grâce à la mise en oeuvre de sources variées - textes juridiques, dossiers de justice, contrats passés avec des artistes, comptabilités d'œuvres paroissiales, livres de raison..., des exemples significatifs sont joints aux articles - offre un regard neuf, nuancé, sur un aspect central de la société d'Ancien Régime.