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Découvrir l'histoire du Roussillon XIIe-XXe siècle. Parcours historien
Larguier Gilbert
PU PERPIGNAN
29,00 €
Épuisé
EAN :9782354120764
I.a période moderne (entre la fin du XVe et le début du XIXe siècle) n'avait jusqu'ici fait l'objet pour le Roussillon, autrement désigné Comtés ou Catalogne du nord, que d'assez rares travaux orientés surtout vers 1659 et l'annexion au royaume de France. Les études réunies dans ce volume, parues dans des revues spécialisées ou des actes de colloques, abordent à partir de sources documentaires peu ou jamais exploitées précédemment un large éventail de sujets : la terre, les échanges commerciaux, la fiscalité, le crédit, l'activité notariale, la justice, les relations sociales, les représentations et les conflits de pouvoir, le sentiment religieux, la culture, etc. Elles révèlent entre le XIIe et le XXe siècle la puissante cohérence d'une société beaucoup plus originale, complexe et nuancée qu'on ne le présentait jusqu'ici. Les continuités apparaissent également plus fortes par-delà 1659 et le traité des Pyrénées qu'on ne l'affirme généralement. Autant que des conclusions définitives, ces aperçus nouveaux sont une invitation à prolonger et à approfondir la recherche sur l'arc nord-occidental de la Méditerranée qui demeure un terrain d'enquête particulièrement fécond.
Transmettre, échanger : des actes, des manières de faire si quotidiens, si multiformes qu'on n'y prête guère attention. Ces processus de transmission sont omniprésents dans la société moderne (XVIe-XVIIIe siècle) où une minorité d'individus parvenaient à l'âge adulte, constamment à l'oeuvre. Ils concernent autant les biens, les savoirs, les métiers, que les offices publics, l'art, et même des institutions où ils étaient en principe exclus comme à la cour souveraine de justice du Roussillon (le Conseil souverain) créée en 1660. Etudier les moyens, les stratégies employés par les individus, les familles, les groupes sociaux, pour assurer leur succession, se maintenir dans un métier ou une fonction, informe toujours beaucoup sur une société et une époque, sur les comportements, les sensibilités. Les études de cas réunies dans ce volume associent les approches d'historiens, d'historiens du droit et des institutions, d'historiens de l'Art ; portent sur le Languedoc, province intégrée depuis longtemps dans le royaume de France, et sur le Roussillon conquis beaucoup plus tard ; permettent des comparaisons suggestives, ce qui confère aux observations et aux conclusions qui peuvent en être tirées une portée plus générale.
Explorer la Renaissance dans tous ses aspects et ses développements est une entreprise ardue mais combien stimulante. Quelle autre période en effet - en dehors des situations contemporaines - s'est-elle désignée elle-même et suscite autant de débats d'interprétation? Son exceptionnelle richesse risque de décourager cependant, même si l'on tente d'en borner la séquence étudiée.C'est à cette difficulté qu'essaie de répondre cet ouvrage. Pour tirer profit de ses lectures, de l'analyse d'oeuvres d'art, de l'écoute des morceaux de musique - une dimension à ne pas oublier -, il faut établir une trame, dégager des perspectives, organiser progressivement ses connaissances, sans cloisonnement, sans mutilation des nuances, tout en mettant en évidence au contraire l'articulation des différents aspects de la question.Les thèmes proposés sous forme de dissertations et de commentaires de documents corrigés proposent ainsi un parcours aussi éclairant et utile que possible.Cet ouvrage est complémentaire de l'ouvrage collectif, La Renaissance, dirigé par Thierry Wanegffelen, dans la collection "Universités-Histoire", auquel ont également collaboré Gilbert Larguier et Catherine Chédeau. Biographie de l'auteur Gilbert LARGUIER est professeur d'histoire moderne à l'université de Perpignan. Catherine CHÉDEAU est maître de conférences en histoire de l'art moderne à l'université d'Aix-en-Provence. Thierry WANEGFFELEN est professeur d'histoire moderne à l'université Blaise Pascal (Clermont-Ferrand II).
Ce livre est la publication des communications faites lors de la journée thématique tenue le 9 juin 2013 à l'université de Perpignan, qui a réuni des historiens, des historiens de l'art, des historiens du droit et des institutions. Ce thème paraît classique au premier abord. En fait, si l'on est attentif à l'historiographie récente, on s'aperçoit qu'il est peu traité, les publications s'attachant davantage aux institutions, aux ordres religieux, à la spiritualité. Aussi était-il intéressant d'étudier les relations entretenues par les ecclésiastiques et les fidèles, très variées au quotidien puisque les prêtres ne bornaient par leurs activités et leur rôle aux tâches pastorales, mais recevaient les testaments, étaient choisis comme procureurs des successions, intervenaient dans le choix des conjoints, prêtaient de l'argent..., de d'interroger sur la manière de se comporter des ecclésiastiques, sur les regards réciproques que se portaient les prêtres et les fidèles, sur la place de ces derniers dans la vie paroissiale, la décoration des églises. La comparaison entre le Roussillon, plus largement les pays catalans, et le Languedoc est toujours suggestive. L'éventail des cas présentés grâce à la mise en oeuvre de sources variées - textes juridiques, dossiers de justice, contrats passés avec des artistes, comptabilités d'œuvres paroissiales, livres de raison..., des exemples significatifs sont joints aux articles - offre un regard neuf, nuancé, sur un aspect central de la société d'Ancien Régime.
Histoire de la justice et des justiciables S'est longtemps bornée aux grandes institutions: le Parlement en Languedoc, le Conseil souverain dans la province du Roussillon. Les justices inférieures (on dit secondaires et subalternes) restaient dans l'ombre, desservies par leur médiocre réputation et la conservation très inégale de leurs archives. On sait maintenant les limites de cette approche: les cours souveraines jugeaient principalement en appel, la majorité des affaires était traitée par les justices de première instance. Or, contrairement au discrédit supposé dans lesquelles elles seraient tombées, elles restaient vivantes le plus souvent, fonctionnaient mieux qu'on l'a dit. Les justiciables appréciaient ces justices de proximité, relativement rapides, peu onéreuses, où la porte restait ouverte aux accommodements entre parties adverses. Les tribunaux des vigueries de la province du Roussillon, étudiés pour la première fois grâce au classement récent de leurs archives, illustrent ce constat. Ils ne perdent rien de leur vigueur après le Traité des Pyrénées, servis par des juges du cru formés à l'université de Perpignan. Là étaient portés les conflits du quotidien, depuis les altercations de voisinage jusqu'aux vols de bestiaux, aux viols, aux meurtres. Les caractères et le fonctionnement profond de la société se dévoilent à travers eux.