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Le social et le sensible. Introduction à une anthropologie modale
Laplantine François
TERAEDRE
20,50 €
Épuisé
EAN :9782912868305
Les dichotomies de l'intelligible et du sensible, de la raison et de l'émotion n'ont rien d'universel: ainsi, elles ne peuvent rendre compte de certaines manières de marcher et de danser du Brésil - non plus que de ce que nous ressentons à la vue de certains films. Mais il ne suffit pas de revaloriser le corps (contre l'esprit), les sensations (contre la raison) pour changer de modèle de connaissance. Le sens, le sensible et le social ne peuvent être considérés séparément mais appellent une "politique du sensible" préoccupée par ce qu'éprouve le sujet.L'ouvrage met en question la primauté du signe et de la structure et prête une attention particulière aux tonalités et aux intensités rythmiques: il se propose, chemin faisant, la construction d'une "anthropologie modale" permettant d'appréhender les modulations de nos comportements y compris dans ce qu'ils ont de plus apparemment anodin.
Les sociétés d'Amérique latine sont des sociétés particulièrement complexes. Elles ne se laissent pas réduire aux logiques des pays formés dans le creuset gréco-latin ou anglo-saxon et donnent lieu à des processus de transmutation d'une grande originalité. Quatre lignes de force organisent cet ouvrage : le recueil (mais aussi l'accueil par les chercheurs) de la mémoire orale noire et métisse; la création littéraire; les esthétiques musicales et scénographiques; l'imaginaire de la ville (Mexico, Caracas) exploré notamment dans le cinéma. Les auteurs de ce livre montrent que les contradictions de ces sociétés qui ne peuvent être résolues intellectuellement de manière " occidentale " peuvent être racontées, chantées, dansées, filmées, mises en scène. Ils mettent en évidence que ce qui est recherché consiste à redonner tout sa place au corps dans des pays où depuis la Conquête il a été humilié, discriminé et parfois même massacré. Le lecteur se trouve ainsi confronté à un régime de représentation différent de celui de la domination et de l'imposition de normes univoques qui lui permet de réaliser l'apport considérable de l'Amérique latine au monde contemporain : l'introduction de la polyphonie dans la culture.
Ce n'est plus dans les termes du qui suis-je ? socratique que doit être posée aujourd'hui la question du sujet, mais dans ceux du qui suis-je pour les autres ? , que sont-ils pour moi ? , que désirons-nous collectivement ? A travers ces trois questions, nous mesurons combien un projet politique démocratique est difficile à réaliser, car il suppose que ne soit pas seulement accepté (ou, pis, toléré), mais revendiqué l'écart de la subjectivité (ou la subjectivité comme écart), en prenant garde de ne pas, pour autant, considérer cette dernière comme une essence - ce qui est la tentation permanente des politiques multiculturalistes. Ces quelques lignes, extraites de sa conclusion, donnent bien la tonalité du livre. C'est l'oeuvre d'un anthropologue. qui a longuement pratiqué les philosophes et n'ignore rien de la psychanalyse, mais propose à tous, dans ce qu'on appelle aujourd'hui une démarche citoyenne , dans une langue claire et rigoureuse, une réflexion pour notre époque. Ce livre s'adresse donc à tous ceux, quels que soient leurs statuts ou leurs responsabilités, qui souhaitent penser autrement.François Laplantine est professeur d'anthropologie à l'Université-Lyon 2 et Doctor honoris causa de l'Université fédérale de Salvador de Bahia (Brésil).
Résumé : La description ethnographique (comme écriture des cultures) est une activité à la fois linguistique et visuelle, une expérience du voir qui tente d'élaborer un savoir (anthropologie) en faisant sans cesse retour au voir. La difficulté vient du fait que l'ethnographie non seulement ne dissocie pas l'étude des cultures (ethnos) et la question de l'écriture (graphè), mais fait précisément de leurs relations sa spécificité. S'appuyant sur diverses expériences de "terrain", cet ouvrage procède à la confrontation de plusieurs modèles descriptifs (les sciences naturelles, le roman, la peinture, la photographie) et propose une réflexion sur ces questions : en quoi consiste la transformation du regard en langage ? Quelles relations y a-t-il entre la réalité sociale que nous observons et la réalité textuelle que nous produisons ?
Résumé : La danse contemporaine, née avec Merce Cunningham d'une rupture avec le ballet classique, est aujourd'hui l'une des formes artistiques les plus surprenantes et les plus vivantes de la création artistique. Sensible à l'état du monde, elle montre souvent le chaos mais préfigure également à travers les relations entre les danseurs de nouvelles formes de lien social. Avec une partie du théâtre actuel dans ce qu'il a de plus vigoureux, elle permet de réintégrer dans la connaissance une dimension du sensible largement méconnue par la pensée occidentale : le souffle. Ces deux activités, à l'instar des traditions artistiques asiatiques, ne consistent pas tant à exprimer des formes qu'à capter des forces. Elles sont animées par une énergie d'incorporation et d'extériorisation qui posent une série d'interrogation : les relations entre le regard et l'écoute, le corps et le langage, les voies du dire et du non-dire, la transformation du temps en espace. A l'heure de la communication à distance, des écrans, des médias, des multimédias, ces arts du spectacle vivant permettent de ne pas nous laisser happer par le virtuel et de revenir au réel tout en nous faisant percevoir d'autres manières d'exister. Ils créent de la pensée. Non pas un mouvement de pensée mais une pensée en mouvement.
Lutter contre les inégalités, les discriminations, l'exclusion par le droit. Défendre la santé, l'éducation, le travail, le logement par le droit. Créer les conditions d'une citoyenneté ouverte par le droit. Comment la défense d'un "droit à avoir des droits", comment les luttes menées avec les "armes du droit" peuvent-elles faire avancer la démocratie vers plus de justice et d'égalité et contribuer au pouvoir d'agir des plus vulnérables ?
La prédication par Muhammad d'une nouvelle religion, les conquêtes arabes et la formation d'un puissant Empire islamique sont des faits bien connus et exposés dans de nombreux ouvrages. Mais cette histoire, qui paraît solidement établie, reflète la vision idéalisée d'auteurs musulmans écrivant deux siècles plus tard, soucieux avant tout de légitimer les califes abbassides et l'islam sunnite. Est-il possible d'écrire une histoire scientifique des débuts de l'Islam ? Et selon quelles voies ?