Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Eucharistie. Le repas et la parole
Lafont Ghislain
CERF
18,00 €
Épuisé
EAN :9782204066518
A quoi nous intéressons-nous au long de nos journées et de nos nuits ? A la nourriture, au travail, à la sexualité, à la mort. C'est de cela que nous vivons, de cela dont nous parlons entre nous en nous racontant nos histoires. Ce sont ces choses et ces mots qui nous servent aussi à évoquer l'indicible : un état à la fois désiré et inconnu, qui serait festin d'immortalité, eau de jouvence, repos comblé, union mystique, vie sans fin... Or, si on lit les récits et les poèmes de l'Ecriture sainte, si on vit la liturgie avec ces symboles dans le c?ur et la mémoire, on est surpris de les trouver à chaque page, et leur méditation renouvelle l'intelligence du texte sacré. L'eucharistie implique en effet l'usage de la parole, spécialement dans ses modalités d'invocation (prière) et de mémoire (récit) et elle joue sur des nourritures (pain et vin) référées à J'événement de la mort et de la résurrection de Jésus de Nazareth. Quant au fruit spirituel et humain attendu de la célébration du rite, il s'exprime volontiers sur le registre symbolique de l'union, voire de la conjugalité et prétend d'ailleurs rejoindre par là les sommets spirituels visés par la sagesse. Ces observations justifient le propos de cet essai : regarder l'eucharistie à partir de ces grands symboles, dont les sciences humaines se sont tellement occupées dans le demi-siècle qui vient de s'écouler. De cette relecture, on peut espérer que les " choses anciennes " apparaissent dans une " splendeur nouvelle ", celle de Dieu et celle de l'homme.
Résumé : Au soir du 11 octobre 1962, une foule en liesse avec ses lumignons célébrait sur la place Saint-Pierre le début du Concile Vatican II le pape Jean XXIII paraissait à sa fenêtre éclairée et adressait à tous des paroles pleines d'enthousiasme et d'espérance, prenant même la Lune à témoin de l'événement et envoyant un signe de tendresse à tous les enfants du monde. Au soir du 24 décembre 2010, la place était quasi déserte ; le pape Benoît XVI, sans bruit ni parole, a allumé sur le rebord de sa fenêtre demeurée dans l'obscurité une bougie de frêle espérance, vite éteinte par la pluie et le vent... Ces deux images encadrent une période de près de cinquante ans, et ceux qui ont vu de leurs yeux la première n'auraient pas cru alors à la possibilité de la seconde. Pourtant, le ministère de Jésus a débuté aussi dans l'enthousiasme et sa fin s'est produite sur la croix dans une Jérusalem au ciel obscurci. Mais le Coeur du Christ était plus que jamais habité de l'invocation de son Père, comme une lueur qui ne s'éteindrait pas. Pour le Concile aussi, nous pouvons, à la lueur d'une espérance fragile et forte, attendre une résurrection qui manifeste le sens de nos attentes déçues et de nos désillusions renouvelées. Peut-être, en effet, s'agit-il d'une gestation : d'une Église, comme on le disait au Concile de manière un peu romantique, mais que la réalité révèle aujourd'hui de plein fouet, vraiment " servante " et vraiment " pauvre ". D'une Eglise de la Charité, c'est-à-dire du don jusqu'à la mort. D'une Eglise en accompagnement discret des hommes et en humilité pour recevoir d'eux. D'une Eglise en communion critique avec le monde présent plutôt qu'en opposition. D'une Eglise en réforme courageuse d'institutions qui portent encore trop les marques d'une civilisation aujourd'hui surannée. C'est dans cet esprit que je rassemble et publie aujourd'hui divers textes, parlés ou écrits dans les quinze années qui se sont écoulées depuis mon livre Imaginer l'Église catholique (1995). J'y ai cherché, en communion avec beaucoup d'autres chrétiens, à discerner, à comprendre et à fonder mon espérance. Je souhaite que leur publication dans ce livre puisse aider tous ceux qui pensent ce que Jean XXIII disait sur son lit de mort : " Ce n'est pas l'Evangile qui change, c'est nous qui commençons à le comprendre un peu mieux ".
Un temps de crise grave peut devenir un moment de grande espérance. Nous savons aujourd'hui que la civilisation du logos sous laquelle l'Occident vit depuis près de trois mille ans, dans une dialectique constante entre philosophie et christianisme, arrive à un point à la fois d'accomplissement et d'épuisement. Elle avait d'abord donné sa confiance à des explications englobantes. Celles-ci ont trouvé, dans l'Antiquité, leur forme quasi idéale : le logos avait pris alors un tour mystique et débouchait vers un Au-delà de tout, qui n'a laissé indifférent ni l'islam ni le christianisme. Dans la modernité, il s'était organisé de manière parfaitement immanente (Spinoza) ou soigneusement historique (Hegel, Marx). A présent, il continue son chemin, mais devant l'épuisement des idées et des constructions qui lui donnaient corps et sens, il ne conserve que son armature essentiellement mathématique, dépouillée de toute réalité, sinon celle du nombre - ce que, dans notre langage actuel, nous appelons le " virtuel ". Nous pouvons recueillir aujourd'hui l'efficacité de ces pensées et pratiques pénétrées de la dynamique du Tout et du Rien. Mais, au point où nous en sommes actuellement, il y a une vraie menace que le Tout bascule vraiment dans le Rien et que nous allions à la catastrophe éthique, humaine, cosmique. Il a manqué sans doute à cette civilisation le respect du Quelque chose : ni tout, ni rien, mais substance, action, relation. Ici Aristote, dans l'Antiquité, et Thomas d'Aquin, au seuil de la modernité, peuvent venir à notre secours et nous aider à retrouver notre épaisseur d'homme, à ne pas fuir le jeu étrange en nous de la matière pénétrée de ce que nous appelons esprit, qui à la fois lui est immanent et la dépasse, à restituer par là un humanisme et une approche non aliénante du divin. Il y a sans doute là un motif d'espérance. Mais ce grand motif d'espérance réside surtout dans le tournant anthropologique contemporain : nous comprenons aujourd'hui que l'homme n'existe pas en réalité sans son frère qui lui parle. A la lumière de cette conversation essentielle, on doit pouvoir définir un humanisme et une politique ; une perspective s'ouvre aussi pour réinterpréter la religion et particulièrement le christianisme. À l'horizon apparaissent le symbole, la relation, la mort et la résurrection, l'amour.
Le visage de l'Eglise demeure problématique aux yeux non seulement de l'homme, mais aussi du chrétien contemporain. La figure du monde est d'ailleurs tout aussi inquiétante. La raison en est sans doute qu'on n'a jamais réussi, depuis des siècles, à réconcilier deux visions du réel que l'on peut désigner avec les termes de " hiérarchie " et de " modernité ". L'Eglise semble s'être refermée sur la première, le monde sur la seconde, et le fruit dramatique de ce divorce croissant est dénoncé aujourd'hui comme la " fin " tant de la modernité que du christianisme occidental. En vue d'une " nouvelle évangélisation " réelle, nous devons : - reprendre l'analyse loyale du conflit séculaire entre modernité et hiérarchie, - définir au plus juste l'inspiration sous-jacente aux formes institutionnelles que l'Eglise catholique a voulu conserver envers et contre tout pendant le dernier millénaire, - montrer comment le concile vatican II a commencé, parfois avec audace, parfois avec timidité, de regarder en face le conflit et d'envisager une solution, à partir d'une nouvelle perception théologique et spirituelle de l'Eglise comme du monde, - poursuivre une œuvre d'imagination théologique et canonique qui débouche sur des propositions très concrètes, dans tous les champs qui inquiètent le chrétien d'aujourd'hui : statut du mariage et problèmes du divorce, autonomie relative de la vie religieuse dans l'Eglise, possibilités d'initiative locale en matière d'émission, de catéchèse et de liturgie, autonomie de la théologie, collégialité des évêques, réforme des conditions de l'élection du pape et de celle des évêques, célibat sacerdotal, espace réel d'un magistère, réforme des institutions nécessaires à l'exercice du primat de Pierre... Ainsi, sans rien céder de ce qui est d'institution divine et sans rien perdre de son radicalisme évangélique, l'Eglise offrirait un visage renouvelé et porterait une parole crédible. Non seulement elle évangéliserait, mais elle proposerait quelque remède aux inquiétudes de la modernité.
Scola Angelo ; Geninazzi Luigi ; Armogathe Jean-Ro
Le plus intellectuel et le plus cultivé des papabile se livre ici en transmettant une leçon de vie. Comment, archevêque de Milan, cardinal à Rome, artisan du dialogue inter-religieux aux quatre coins du monde, reste-t-on libre, c'est-à-dire soumis à Dieu ? Un livre-événement. Ces entretiens autobiographiques racontent l'ascension d'un fils de camionneur lombard, né en 1943, et devenu successivement professeur de philosophie, évêque d'un petit diocèse italien, président d'une université romaine, puis patriarche de Venise et archevêque de Milan, le plus grand diocèse du monde. Telle est la vie d'Angelo Scola, considéré comme papabile au conclave de 2005. Dans ce récit d'une vie qui a parié sur la liberté, on assiste à sa rencontre, avec don Giussani le fondateur charismatique d'un mouvement d'étudiants ; on découvre ceux qui furent ses maîtres à penser - de Lubac, Balthasar, Ratzinger. Dépassant l'anecdote, Scola rappelle toujours l'essentiel : son expérience de la rencontre personnelle avec le Christ et avec son prochain, ses convictions pastorales, son engagement intellectuel. Quarante ans d'histoire de l'Eglise dans des années tourmentées, mais aussi un saisissant témoignage de foi et d'espérance.
Résumé : Entre le jour de Noël et l'Epiphanie, fête des Rois mages, s'étendent les Douze petits mois : douze jours différents des autres, douze nuits de clarté et de neige. De ce moment d'hiver, Marie Rouanet fait un temps privilégié, celui du dépouillement nécessaire. Renonçant chaque jour à un objet, de ceux qui tissent son univers quotidien, à un symbole, et même à certains souvenirs, elle apprend à s'alléger du poids des choses pour retrouver une sorte d'essentiel, à se séparer pour naître davantage. Marie Rouanet propose un véritable petit traité du dépouillement, une variation profonde et belle sur le thème du détachement. Ecrivain, auteur de films et interprète de chansons en langue d'oc, Marie Rouanet a notamment publié La Marche lente des glaciers, L'Ordinaire de Dieu et Luxueuse austérité.
Livrant sa propre expérience, le patron de La Vie éclaire la déchristianisation de la France. Se racontant et nous racontant, il en appelle à un catholicisme sans peur et sans arrogance à même de réenchanter le monde. Un manifeste qui va faire du bruit. On aurait pu croire éteintes les grandes voix catholiques. En voici une qui sort des décombres pour tonner que Dieu est Dieu dans ce livre qui répond enfin à la crise spirituelle que traversent l'Eglise, la France et l'Europe. Rompant avec la logique de l'excuse, récusant la dissolution comme la crispation, révoquant les tentations de la naïveté et de la médiocrité, Jean-Pierre Denis dresse le plus lucide et le plus implacable des constats sur la déchristianisation. Et y voit une chance pour l'Evangile qui jamais ne s'impose et qu'il faut sans cesse apprendre à recevoir. C'est à une foi attestataire, tissée dans le témoignage intime de sa vie, qu'il en appelle ici. Une attestation qui fait fi des préjugés établis, qui se nourrit des rencontres improbables, qui sait être attentive aux signes prophétiques. Et qui, sans être donneuse de leçons, en revient immanquablement à l'unique testament du Golgotha et de Pâque, source de la seule contre-culture qui soit réellement subversive.
Comment comprendre le message de l'Eglise sur le sacrement du mariage, sur la sexualité et la fécondité, sur l'action pastorale du couple, sur la morale comme exigence d'amour ? Et quels sont, sur ces sujets, les apports fondamentaux du père Henri Caffarel ? Partant du mariage tel qu'il est vécu aujourd'hui, une équipe internationale, au sein des Equipes Notre-Dame et en lien avec les "Amis du Père Caffarel" — l'Atelier Mariage — a été constituée pour effectuer un travail d'observation, de recherche et de réflexion. Ce sont leurs conclusions qui sont ici présentées et qui montrent combien le père Henri Caffarel a renouvelé la pensée de l'Eglise sur le couple et le mariage.