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Imaginer l'Eglise catholique
Lafont Ghislain
CERF
32,00 €
Épuisé
EAN :9782204052023
Le visage de l'Eglise demeure problématique aux yeux non seulement de l'homme, mais aussi du chrétien contemporain. La figure du monde est d'ailleurs tout aussi inquiétante. La raison en est sans doute qu'on n'a jamais réussi, depuis des siècles, à réconcilier deux visions du réel que l'on peut désigner avec les termes de " hiérarchie " et de " modernité ". L'Eglise semble s'être refermée sur la première, le monde sur la seconde, et le fruit dramatique de ce divorce croissant est dénoncé aujourd'hui comme la " fin " tant de la modernité que du christianisme occidental. En vue d'une " nouvelle évangélisation " réelle, nous devons : - reprendre l'analyse loyale du conflit séculaire entre modernité et hiérarchie, - définir au plus juste l'inspiration sous-jacente aux formes institutionnelles que l'Eglise catholique a voulu conserver envers et contre tout pendant le dernier millénaire, - montrer comment le concile vatican II a commencé, parfois avec audace, parfois avec timidité, de regarder en face le conflit et d'envisager une solution, à partir d'une nouvelle perception théologique et spirituelle de l'Eglise comme du monde, - poursuivre une œuvre d'imagination théologique et canonique qui débouche sur des propositions très concrètes, dans tous les champs qui inquiètent le chrétien d'aujourd'hui : statut du mariage et problèmes du divorce, autonomie relative de la vie religieuse dans l'Eglise, possibilités d'initiative locale en matière d'émission, de catéchèse et de liturgie, autonomie de la théologie, collégialité des évêques, réforme des conditions de l'élection du pape et de celle des évêques, célibat sacerdotal, espace réel d'un magistère, réforme des institutions nécessaires à l'exercice du primat de Pierre... Ainsi, sans rien céder de ce qui est d'institution divine et sans rien perdre de son radicalisme évangélique, l'Eglise offrirait un visage renouvelé et porterait une parole crédible. Non seulement elle évangéliserait, mais elle proposerait quelque remède aux inquiétudes de la modernité.
Résumé : A quoi nous intéressons-nous au long de nos journées et de nos nuits ? A la nourriture, au travail, à la sexualité, à la mort. C'est de cela que nous vivons, de cela dont nous parlons entre nous en nous racontant nos histoires. Ce sont ces choses et ces mots qui nous servent aussi à évoquer l'indicible : un état à la fois désiré et inconnu, qui serait festin d'immortalité, eau de jouvence, repos comblé, union mystique, vie sans fin... Or, si on lit les récits et les poèmes de l'Ecriture sainte, si on vit la liturgie avec ces symboles dans le c?ur et la mémoire, on est surpris de les trouver à chaque page, et leur méditation renouvelle l'intelligence du texte sacré. L'eucharistie implique en effet l'usage de la parole, spécialement dans ses modalités d'invocation (prière) et de mémoire (récit) et elle joue sur des nourritures (pain et vin) référées à J'événement de la mort et de la résurrection de Jésus de Nazareth. Quant au fruit spirituel et humain attendu de la célébration du rite, il s'exprime volontiers sur le registre symbolique de l'union, voire de la conjugalité et prétend d'ailleurs rejoindre par là les sommets spirituels visés par la sagesse. Ces observations justifient le propos de cet essai : regarder l'eucharistie à partir de ces grands symboles, dont les sciences humaines se sont tellement occupées dans le demi-siècle qui vient de s'écouler. De cette relecture, on peut espérer que les " choses anciennes " apparaissent dans une " splendeur nouvelle ", celle de Dieu et celle de l'homme.
Il est urgent de réconcilier histoire et être, récit et métaphysique, herméneutique et analogie, théologies centrées sur l'Alliance (Mystère pascal, Croix) et théologies centrées sur la Création. Quelle méthode suivre pour cela ? Il faut d'abord prendre la mesure humaine et divine de l'écoute d'une parole et d'un récit fondateurs ; en suivre les chemins, qui nous mènent à la résurrection et à la mort de Jésus de Nazareth ; discerner ce que ce récit nous révèle de Dieu et de l'homme afin de percevoir que " vie et mort " forment un paradigme universel ; comprendre enfin que cet appel, inscrit dans le monde et dans le corps, se manifeste comme le ressort effectif d'une histoire rythmée par notre libre réponse. Or, loin de s'opposer à une telle investigation du récit (théologie narrative), le thème de la création et celui, connexe de l'être, en assurent l'effectivité ; eux seuls, en effet, permettent de distinguer et de construire les niveaux de l'histoire et les structures du temps, tandis qu'ils authentifient la vérité d'un discours qui, autant qu'il est possible à l'homme, ose dire la divinité de Dieu. Il s'avère alors que cette réconciliation du temps et de l'être, autour du Mystère chrétien, répond à l'angoisse d'une culture qui, ne voyant plus de direction au temps ni de réalité à l'être, est sans cesse tentée de parer à son désespoir en se réfugiant dans la gnose.
Résumé : Au soir du 11 octobre 1962, une foule en liesse avec ses lumignons célébrait sur la place Saint-Pierre le début du Concile Vatican II le pape Jean XXIII paraissait à sa fenêtre éclairée et adressait à tous des paroles pleines d'enthousiasme et d'espérance, prenant même la Lune à témoin de l'événement et envoyant un signe de tendresse à tous les enfants du monde. Au soir du 24 décembre 2010, la place était quasi déserte ; le pape Benoît XVI, sans bruit ni parole, a allumé sur le rebord de sa fenêtre demeurée dans l'obscurité une bougie de frêle espérance, vite éteinte par la pluie et le vent... Ces deux images encadrent une période de près de cinquante ans, et ceux qui ont vu de leurs yeux la première n'auraient pas cru alors à la possibilité de la seconde. Pourtant, le ministère de Jésus a débuté aussi dans l'enthousiasme et sa fin s'est produite sur la croix dans une Jérusalem au ciel obscurci. Mais le Coeur du Christ était plus que jamais habité de l'invocation de son Père, comme une lueur qui ne s'éteindrait pas. Pour le Concile aussi, nous pouvons, à la lueur d'une espérance fragile et forte, attendre une résurrection qui manifeste le sens de nos attentes déçues et de nos désillusions renouvelées. Peut-être, en effet, s'agit-il d'une gestation : d'une Église, comme on le disait au Concile de manière un peu romantique, mais que la réalité révèle aujourd'hui de plein fouet, vraiment " servante " et vraiment " pauvre ". D'une Eglise de la Charité, c'est-à-dire du don jusqu'à la mort. D'une Eglise en accompagnement discret des hommes et en humilité pour recevoir d'eux. D'une Eglise en communion critique avec le monde présent plutôt qu'en opposition. D'une Eglise en réforme courageuse d'institutions qui portent encore trop les marques d'une civilisation aujourd'hui surannée. C'est dans cet esprit que je rassemble et publie aujourd'hui divers textes, parlés ou écrits dans les quinze années qui se sont écoulées depuis mon livre Imaginer l'Église catholique (1995). J'y ai cherché, en communion avec beaucoup d'autres chrétiens, à discerner, à comprendre et à fonder mon espérance. Je souhaite que leur publication dans ce livre puisse aider tous ceux qui pensent ce que Jean XXIII disait sur son lit de mort : " Ce n'est pas l'Evangile qui change, c'est nous qui commençons à le comprendre un peu mieux ".
En ces temps de crise profonde, la relation entre les hommes et les femmes à l'intérieur de l'institution ecclésiale impose plus que jamais son actualité. Certes, le magistère entend, depuis quelques décennies, valoriser la part féminine de l'Eglise. Mais le constat s'impose : stéréotypes et préjugés sont demeurés intacts, tout comme des pratiques de gouvernance qui maintiennent les femmes sous le pouvoir d'hommes - des clercs en l'occurrence. Sortant de ces ornières, il s'agit d'éprouver ce que le " temps des femmes " qui cherche à advenir peut apporter de renouvellement dans l'intelligence des textes scripturaires qui ont modelé l'imaginaire en monde chrétien. Il s'agit aussi de montrer combien la prise en compte des femmes questionne à frais nouveaux l'identité de l'Eglise, l'économie en son sein du sacerdoce des baptisés et du ministère presbytéral, donc également les modalités de sa gouvernance. Un livre qui nous montre une série d'" éclats de féminin " pour suggérer les gains qui seraient ceux de cette ouverture. Et si, la femme était l'avenir de... l'église !
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
Dans notre société laïque, la chrétienté constitue-t-elle encore un sujet pertinent pour l'histoire ? Plus que jamais, répond Françoise Hildesheimer. En explorant celle de l'Eglise sur le temps long, l'historienne retrace les origines et les développements du conflit d'influence entre religion et Etat qui a enfiévré l'Occident des siècles durant. Or c'est en France qu'il a connu son paroxysme. Doctrine politique originale, le gallicanisme a prôné dès le XIIIe siècle l'indépendance temporelle de l'Eglise de France vis-à-vis du pape ; une spécificité qui, via la rupture de la Séparation, a durablement marqué notre histoire. La France, fille aînée de l'Eglise ? De Clovis à Aristide Briand en passant par Charlemagne, Charles VII et Jeanne d'Arc, Louis XIV et Bossuet ou Napoléon, ce parcours passionnant entrecroise théologie, politique, récit historique et débats d'idées pour proposer une vision inédite de l'histoire de l'Eglise catholique en France.
L'histoire du christianisme commence par l'acte de foi des disciples juifs de Jésus devant son tombeau vide: ils croient en sa résurrection et le reconnaissent comme le Messie annoncé dans la Bible. Le christianisme n'est alors qu'une de ces nombreuses religions de salut, qui multiplient les adeptes dans le monde gréco-romain. Mais d'emblée, il définit le salut comme un événement historique unique et non comme le résultat d'initiations individuelles à la façon des religions à mystères; il donne à cet événement uneportée universelle, et ouvre la communauté de Jérusalem au monde polyglotte et diversifié que vient d'unifier l'empire romain. Par là, il lie son destin à celui de Rome, ce qu'affirment très tôt les auteurs chrétiens: l'Église et l'Empire sont les deux seules structures de l'Antiquité à penser la mondialisation, ce qui facilitera la christianisation de l'État et du pouvoir au IVe siècle, après celle de la société. Or, quoi qu'on en ait, il est impossible de restituer une histoire linéaire et complète de l'Église primitive, de Jésus à saint Augustin, non plus qu'une histoire complète de la christianisation de l'Empire. La nature des sources - le plus souvent indirectes, apologétiques ou postérieures aux événements - ne permet que des approches ponctuelles, diversifiées, particulièrementriches pour certaines régions comme la Palestine, Rome et, plus encore, l'Asie Mineure. C'est donc une histoire partielle, en kaléidoscope, à travers une Bible plurielle et des groupes éclatés, très personnalisés, que retracent une soixantaine d'historiens, archéologues et biblistes, tous spécialistes de ces cinq siècles décisifs. Les chapitres de cet ouvrage, remis à jour et complétés pour ce volume, ont initialement paru dans la revue Le monde de la Bible. Il est le troisième et dernier volume du triptyque commencé, dans cette même collection, avec Le monde de la Bible (n° 88) et Aux origines du christianisme (n° 98).