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Imaginer l'Eglise catholique. Tome 2, L'Eglise en travail de réforme
Lafont Ghislain
CERF
27,50 €
Épuisé
EAN :9782204094429
Au soir du 11 octobre 1962, une foule en liesse avec ses lumignons célébrait sur la place Saint-Pierre le début du Concile Vatican II le pape Jean XXIII paraissait à sa fenêtre éclairée et adressait à tous des paroles pleines d'enthousiasme et d'espérance, prenant même la Lune à témoin de l'événement et envoyant un signe de tendresse à tous les enfants du monde. Au soir du 24 décembre 2010, la place était quasi déserte ; le pape Benoît XVI, sans bruit ni parole, a allumé sur le rebord de sa fenêtre demeurée dans l'obscurité une bougie de frêle espérance, vite éteinte par la pluie et le vent... Ces deux images encadrent une période de près de cinquante ans, et ceux qui ont vu de leurs yeux la première n'auraient pas cru alors à la possibilité de la seconde. Pourtant, le ministère de Jésus a débuté aussi dans l'enthousiasme et sa fin s'est produite sur la croix dans une Jérusalem au ciel obscurci. Mais le Coeur du Christ était plus que jamais habité de l'invocation de son Père, comme une lueur qui ne s'éteindrait pas. Pour le Concile aussi, nous pouvons, à la lueur d'une espérance fragile et forte, attendre une résurrection qui manifeste le sens de nos attentes déçues et de nos désillusions renouvelées. Peut-être, en effet, s'agit-il d'une gestation : d'une Église, comme on le disait au Concile de manière un peu romantique, mais que la réalité révèle aujourd'hui de plein fouet, vraiment " servante " et vraiment " pauvre ". D'une Eglise de la Charité, c'est-à-dire du don jusqu'à la mort. D'une Eglise en accompagnement discret des hommes et en humilité pour recevoir d'eux. D'une Eglise en communion critique avec le monde présent plutôt qu'en opposition. D'une Eglise en réforme courageuse d'institutions qui portent encore trop les marques d'une civilisation aujourd'hui surannée. C'est dans cet esprit que je rassemble et publie aujourd'hui divers textes, parlés ou écrits dans les quinze années qui se sont écoulées depuis mon livre Imaginer l'Église catholique (1995). J'y ai cherché, en communion avec beaucoup d'autres chrétiens, à discerner, à comprendre et à fonder mon espérance. Je souhaite que leur publication dans ce livre puisse aider tous ceux qui pensent ce que Jean XXIII disait sur son lit de mort : " Ce n'est pas l'Evangile qui change, c'est nous qui commençons à le comprendre un peu mieux ".
Il est urgent de réconcilier histoire et être, récit et métaphysique, herméneutique et analogie, théologies centrées sur l'Alliance (Mystère pascal, Croix) et théologies centrées sur la Création. Quelle méthode suivre pour cela ? Il faut d'abord prendre la mesure humaine et divine de l'écoute d'une parole et d'un récit fondateurs ; en suivre les chemins, qui nous mènent à la résurrection et à la mort de Jésus de Nazareth ; discerner ce que ce récit nous révèle de Dieu et de l'homme afin de percevoir que " vie et mort " forment un paradigme universel ; comprendre enfin que cet appel, inscrit dans le monde et dans le corps, se manifeste comme le ressort effectif d'une histoire rythmée par notre libre réponse. Or, loin de s'opposer à une telle investigation du récit (théologie narrative), le thème de la création et celui, connexe de l'être, en assurent l'effectivité ; eux seuls, en effet, permettent de distinguer et de construire les niveaux de l'histoire et les structures du temps, tandis qu'ils authentifient la vérité d'un discours qui, autant qu'il est possible à l'homme, ose dire la divinité de Dieu. Il s'avère alors que cette réconciliation du temps et de l'être, autour du Mystère chrétien, répond à l'angoisse d'une culture qui, ne voyant plus de direction au temps ni de réalité à l'être, est sans cesse tentée de parer à son désespoir en se réfugiant dans la gnose.
Un temps de crise grave peut devenir un moment de grande espérance. Nous savons aujourd'hui que la civilisation du logos sous laquelle l'Occident vit depuis près de trois mille ans, dans une dialectique constante entre philosophie et christianisme, arrive à un point à la fois d'accomplissement et d'épuisement. Elle avait d'abord donné sa confiance à des explications englobantes. Celles-ci ont trouvé, dans l'Antiquité, leur forme quasi idéale : le logos avait pris alors un tour mystique et débouchait vers un Au-delà de tout, qui n'a laissé indifférent ni l'islam ni le christianisme. Dans la modernité, il s'était organisé de manière parfaitement immanente (Spinoza) ou soigneusement historique (Hegel, Marx). A présent, il continue son chemin, mais devant l'épuisement des idées et des constructions qui lui donnaient corps et sens, il ne conserve que son armature essentiellement mathématique, dépouillée de toute réalité, sinon celle du nombre - ce que, dans notre langage actuel, nous appelons le " virtuel ". Nous pouvons recueillir aujourd'hui l'efficacité de ces pensées et pratiques pénétrées de la dynamique du Tout et du Rien. Mais, au point où nous en sommes actuellement, il y a une vraie menace que le Tout bascule vraiment dans le Rien et que nous allions à la catastrophe éthique, humaine, cosmique. Il a manqué sans doute à cette civilisation le respect du Quelque chose : ni tout, ni rien, mais substance, action, relation. Ici Aristote, dans l'Antiquité, et Thomas d'Aquin, au seuil de la modernité, peuvent venir à notre secours et nous aider à retrouver notre épaisseur d'homme, à ne pas fuir le jeu étrange en nous de la matière pénétrée de ce que nous appelons esprit, qui à la fois lui est immanent et la dépasse, à restituer par là un humanisme et une approche non aliénante du divin. Il y a sans doute là un motif d'espérance. Mais ce grand motif d'espérance réside surtout dans le tournant anthropologique contemporain : nous comprenons aujourd'hui que l'homme n'existe pas en réalité sans son frère qui lui parle. A la lumière de cette conversation essentielle, on doit pouvoir définir un humanisme et une politique ; une perspective s'ouvre aussi pour réinterpréter la religion et particulièrement le christianisme. À l'horizon apparaissent le symbole, la relation, la mort et la résurrection, l'amour.
Résumé : Un moine sort de la clôture pour prendre la défense du pape qui veut abattre les murs. Rompant le silence, c'est un cri d'alerte qu'il lance : l'Eglise sera selon François ou se défera ! Un guide contemplatif et pratique pour répondre au plus grand défi historique depuis 2000 ans. Comment opérer la " révolution systémique " que beaucoup attendent pour que l'Eglise soit aujourd'hui à hauteur d'Evangile ? Au fondement de la théologie, remettre l'amour comme tendresse, don et sacrifice, plutôt que comme vérité et pouvoirs. A cette lumière revoir en profondeur la signification et la pratique des espaces majeurs du catholicisme classique : la " messe " et le " prêtre ". Ce faisant, rejoindre les intuitions essentielles de Vatican II, que le pape François reprend avec la force prophétique dont témoigne le récent Synode pour l'Amazonie, puissante esquisse de " l'Eglise autrement ". Une réflexion sans concession. Un guide de résistance et de libération.
Ce livre propose une histoire raisonnée de la théologie catholique et un exposé critique de ses phases successives. Il permet de comprendre les enjeux religieux et culturels de la théologie.
Deux fois millénaire, le christianisme implique un cinquième de l'humanité. Ce volume en offre d'abord un survol historique ("Le Christianisme raconté"), de Jésus à Jean-Paul II, en passant par l'apogée du Moyen Âge et Vatican II. Suit l'abécédaire proprement dit (70 notices). On s'y repère par des carrés de couleurs indiquant s'il s'agit de doctrine (Apocalypse, Docteurs de l'Église, Péché...), de rituel (Musique sacrée, Reliques, Saints...), ou d'histoire (Hérésies, Judaïsme, Oecuménisme...). Des renvois par astérisques incitent aussi aux chemins de traverse. Les 100 illustrations, presque toutes en couleurs, font ressentir l'impact considérable du christianisme sur la culture occidentale. Chronologie, bibliographie sélective et index des noms viennent s'y ajouter. Très maniable, concis, suggestif, d'une présentation agréable sur papier glacé, ce livre présente les qualités de la collection ABCdaire. Ancien rédacteur en chef du quotidien La Croix, Jean Potin a écrit maints ouvrages sur l'Écriture Sainte. Pierre Chavot a collaboré à de nombreux travaux sur le christianisme. Colette-Rebecca Estin
L'histoire du christianisme commence par l'acte de foi des disciples juifs de Jésus devant son tombeau vide: ils croient en sa résurrection et le reconnaissent comme le Messie annoncé dans la Bible. Le christianisme n'est alors qu'une de ces nombreuses religions de salut, qui multiplient les adeptes dans le monde gréco-romain. Mais d'emblée, il définit le salut comme un événement historique unique et non comme le résultat d'initiations individuelles à la façon des religions à mystères; il donne à cet événement uneportée universelle, et ouvre la communauté de Jérusalem au monde polyglotte et diversifié que vient d'unifier l'empire romain. Par là, il lie son destin à celui de Rome, ce qu'affirment très tôt les auteurs chrétiens: l'Église et l'Empire sont les deux seules structures de l'Antiquité à penser la mondialisation, ce qui facilitera la christianisation de l'État et du pouvoir au IVe siècle, après celle de la société. Or, quoi qu'on en ait, il est impossible de restituer une histoire linéaire et complète de l'Église primitive, de Jésus à saint Augustin, non plus qu'une histoire complète de la christianisation de l'Empire. La nature des sources - le plus souvent indirectes, apologétiques ou postérieures aux événements - ne permet que des approches ponctuelles, diversifiées, particulièrementriches pour certaines régions comme la Palestine, Rome et, plus encore, l'Asie Mineure. C'est donc une histoire partielle, en kaléidoscope, à travers une Bible plurielle et des groupes éclatés, très personnalisés, que retracent une soixantaine d'historiens, archéologues et biblistes, tous spécialistes de ces cinq siècles décisifs. Les chapitres de cet ouvrage, remis à jour et complétés pour ce volume, ont initialement paru dans la revue Le monde de la Bible. Il est le troisième et dernier volume du triptyque commencé, dans cette même collection, avec Le monde de la Bible (n° 88) et Aux origines du christianisme (n° 98).
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
Résumé : Cette synthèse, remarquable et accessible, sur les débuts du christianisme nous conduit des années de prédication de Jésus en Galilée et en Judée, de sa mort ignominieuse, et de la diffusion complexe et diverse de son souvenir et de son héritage dans l'Empire romain, jusqu'à la constitution d'une "mémoire officielle" et institutionnelle qui donnera un corpus canonique d'écritures. Pour quelles raisons la mort infamante de Jésus n'a-t-elle pas mis fin à ce mouvement à l'intérieur du judaïsme de l'époque ni arrêté la diffusion de son message aux frontières d'Israël ? Comment, à partir du second siècle, s'est constitué un système doctrinal et spirituel qui a pu s'imposer à l'Empire romain ? Enrico Norelli montre la diversité étonnante des modèles de foi qui aura permis la naissance et surtout le développement de la doctrine chrétienne. Il explique pourquoi certains de ces modèles se sont imposés au détriment d'autres. Il aborde de nombreuses questions relatives à cette construction : la lecture de la Bible, la constitution de l'Eglise, Marcion, le judéo-christianisme, l'influence et le rôle de Paul, la constitution d'un canon écrit à la confluence de mémoires plurielles...