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Que nous est-il permis d'espérer ?
Lafont Ghislain
CERF
36,00 €
Épuisé
EAN :9782204089890
Un temps de crise grave peut devenir un moment de grande espérance. Nous savons aujourd'hui que la civilisation du logos sous laquelle l'Occident vit depuis près de trois mille ans, dans une dialectique constante entre philosophie et christianisme, arrive à un point à la fois d'accomplissement et d'épuisement. Elle avait d'abord donné sa confiance à des explications englobantes. Celles-ci ont trouvé, dans l'Antiquité, leur forme quasi idéale : le logos avait pris alors un tour mystique et débouchait vers un Au-delà de tout, qui n'a laissé indifférent ni l'islam ni le christianisme. Dans la modernité, il s'était organisé de manière parfaitement immanente (Spinoza) ou soigneusement historique (Hegel, Marx). A présent, il continue son chemin, mais devant l'épuisement des idées et des constructions qui lui donnaient corps et sens, il ne conserve que son armature essentiellement mathématique, dépouillée de toute réalité, sinon celle du nombre - ce que, dans notre langage actuel, nous appelons le " virtuel ". Nous pouvons recueillir aujourd'hui l'efficacité de ces pensées et pratiques pénétrées de la dynamique du Tout et du Rien. Mais, au point où nous en sommes actuellement, il y a une vraie menace que le Tout bascule vraiment dans le Rien et que nous allions à la catastrophe éthique, humaine, cosmique. Il a manqué sans doute à cette civilisation le respect du Quelque chose : ni tout, ni rien, mais substance, action, relation. Ici Aristote, dans l'Antiquité, et Thomas d'Aquin, au seuil de la modernité, peuvent venir à notre secours et nous aider à retrouver notre épaisseur d'homme, à ne pas fuir le jeu étrange en nous de la matière pénétrée de ce que nous appelons esprit, qui à la fois lui est immanent et la dépasse, à restituer par là un humanisme et une approche non aliénante du divin. Il y a sans doute là un motif d'espérance. Mais ce grand motif d'espérance réside surtout dans le tournant anthropologique contemporain : nous comprenons aujourd'hui que l'homme n'existe pas en réalité sans son frère qui lui parle. A la lumière de cette conversation essentielle, on doit pouvoir définir un humanisme et une politique ; une perspective s'ouvre aussi pour réinterpréter la religion et particulièrement le christianisme. À l'horizon apparaissent le symbole, la relation, la mort et la résurrection, l'amour.
Il est urgent de réconcilier histoire et être, récit et métaphysique, herméneutique et analogie, théologies centrées sur l'Alliance (Mystère pascal, Croix) et théologies centrées sur la Création. Quelle méthode suivre pour cela ? Il faut d'abord prendre la mesure humaine et divine de l'écoute d'une parole et d'un récit fondateurs ; en suivre les chemins, qui nous mènent à la résurrection et à la mort de Jésus de Nazareth ; discerner ce que ce récit nous révèle de Dieu et de l'homme afin de percevoir que " vie et mort " forment un paradigme universel ; comprendre enfin que cet appel, inscrit dans le monde et dans le corps, se manifeste comme le ressort effectif d'une histoire rythmée par notre libre réponse. Or, loin de s'opposer à une telle investigation du récit (théologie narrative), le thème de la création et celui, connexe de l'être, en assurent l'effectivité ; eux seuls, en effet, permettent de distinguer et de construire les niveaux de l'histoire et les structures du temps, tandis qu'ils authentifient la vérité d'un discours qui, autant qu'il est possible à l'homme, ose dire la divinité de Dieu. Il s'avère alors que cette réconciliation du temps et de l'être, autour du Mystère chrétien, répond à l'angoisse d'une culture qui, ne voyant plus de direction au temps ni de réalité à l'être, est sans cesse tentée de parer à son désespoir en se réfugiant dans la gnose.
Comme l'indique son titre, ce livre aspire à être un parcours accessible à tout lecteur intéressé à connaître les questions importantes de la théologie d'aujourd'hui et qui souhaiterait réfléchir lui-même sur la fondation d'une espérance et d'un engagement. Ghislain Lafont retrace d'abord un itinéraire à travers les aventures de la formulation de la foi chrétienne, depuis la première annonce de l'Evangile jusqu'à la modernité. Au cours de l'histoire, en effet, le christianisme a croisé les interrogations des hommes et leurs représentations culturelles, et c'est dans cette confrontation qu'il s'est précisé, qu'il a transformé la manière de se dire. La récapitulation ici esquissée débouche alors sur une proposition contemporaine d'expression de la pensée chrétienne. Promenade en théologie aborde les enjeux et les questions du monde d'aujourd'hui: ceux de la liberté humaine confrontée aux désirs les plus profonds de l'humanité et à sa finitude. L'auteur invite à penser notre temps, notre espace et notre vie avec les catégories de la tragédie - où l'amour de communion se livre, au risque de la souffrance et de la mort, pour donner place à l'autre - et du drame - où la mort et la souffrance tournent à l'hécatombe, quand le prix de cette communion est refusé. Finalement, cette pérégrination théologique se veut une ouverture sur l'Espérance Biographie: Ghislain Lafont est moine bénédictin de l'abbaye de la Pierre-qui-Vire. Il y a enseigné la théologie ainsi qu'à Rome, à l'Athénée Saint-Anselme et à l'Université grégorienne. Il a été l'invité de plusieurs facultés de théologie à l'étranger. Il a publié divers livres parmi lesquels Dieu, le Temps et l'Etre (Ed du Cerf, 1986), Histoire théologique de l'Eglise catholique (Ed du Cerf, 1994) ou encore La Sagesse et la Prophétie (Ed du Cerf, 1999)
Ce livre propose une histoire raisonnée de la théologie catholique et un exposé critique de ses phases successives. Il permet de comprendre les enjeux religieux et culturels de la théologie.
En ces temps de crise profonde, la relation entre les hommes et les femmes à l'intérieur de l'institution ecclésiale impose plus que jamais son actualité. Certes, le magistère entend, depuis quelques décennies, valoriser la part féminine de l'Eglise. Mais le constat s'impose : stéréotypes et préjugés sont demeurés intacts, tout comme des pratiques de gouvernance qui maintiennent les femmes sous le pouvoir d'hommes - des clercs en l'occurrence. Sortant de ces ornières, il s'agit d'éprouver ce que le " temps des femmes " qui cherche à advenir peut apporter de renouvellement dans l'intelligence des textes scripturaires qui ont modelé l'imaginaire en monde chrétien. Il s'agit aussi de montrer combien la prise en compte des femmes questionne à frais nouveaux l'identité de l'Eglise, l'économie en son sein du sacerdoce des baptisés et du ministère presbytéral, donc également les modalités de sa gouvernance. Un livre qui nous montre une série d'" éclats de féminin " pour suggérer les gains qui seraient ceux de cette ouverture. Et si, la femme était l'avenir de... l'église !
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
L'histoire du christianisme commence par l'acte de foi des disciples juifs de Jésus devant son tombeau vide: ils croient en sa résurrection et le reconnaissent comme le Messie annoncé dans la Bible. Le christianisme n'est alors qu'une de ces nombreuses religions de salut, qui multiplient les adeptes dans le monde gréco-romain. Mais d'emblée, il définit le salut comme un événement historique unique et non comme le résultat d'initiations individuelles à la façon des religions à mystères; il donne à cet événement uneportée universelle, et ouvre la communauté de Jérusalem au monde polyglotte et diversifié que vient d'unifier l'empire romain. Par là, il lie son destin à celui de Rome, ce qu'affirment très tôt les auteurs chrétiens: l'Église et l'Empire sont les deux seules structures de l'Antiquité à penser la mondialisation, ce qui facilitera la christianisation de l'État et du pouvoir au IVe siècle, après celle de la société. Or, quoi qu'on en ait, il est impossible de restituer une histoire linéaire et complète de l'Église primitive, de Jésus à saint Augustin, non plus qu'une histoire complète de la christianisation de l'Empire. La nature des sources - le plus souvent indirectes, apologétiques ou postérieures aux événements - ne permet que des approches ponctuelles, diversifiées, particulièrementriches pour certaines régions comme la Palestine, Rome et, plus encore, l'Asie Mineure. C'est donc une histoire partielle, en kaléidoscope, à travers une Bible plurielle et des groupes éclatés, très personnalisés, que retracent une soixantaine d'historiens, archéologues et biblistes, tous spécialistes de ces cinq siècles décisifs. Les chapitres de cet ouvrage, remis à jour et complétés pour ce volume, ont initialement paru dans la revue Le monde de la Bible. Il est le troisième et dernier volume du triptyque commencé, dans cette même collection, avec Le monde de la Bible (n° 88) et Aux origines du christianisme (n° 98).
Deux fois millénaire, le christianisme implique un cinquième de l'humanité. Ce volume en offre d'abord un survol historique ("Le Christianisme raconté"), de Jésus à Jean-Paul II, en passant par l'apogée du Moyen Âge et Vatican II. Suit l'abécédaire proprement dit (70 notices). On s'y repère par des carrés de couleurs indiquant s'il s'agit de doctrine (Apocalypse, Docteurs de l'Église, Péché...), de rituel (Musique sacrée, Reliques, Saints...), ou d'histoire (Hérésies, Judaïsme, Oecuménisme...). Des renvois par astérisques incitent aussi aux chemins de traverse. Les 100 illustrations, presque toutes en couleurs, font ressentir l'impact considérable du christianisme sur la culture occidentale. Chronologie, bibliographie sélective et index des noms viennent s'y ajouter. Très maniable, concis, suggestif, d'une présentation agréable sur papier glacé, ce livre présente les qualités de la collection ABCdaire. Ancien rédacteur en chef du quotidien La Croix, Jean Potin a écrit maints ouvrages sur l'Écriture Sainte. Pierre Chavot a collaboré à de nombreux travaux sur le christianisme. Colette-Rebecca Estin