Sous l'influence de l'anthropologie et de la sociologie historiques (mais aussi des historiens du droit) et bénéficiant de la dynamique continue depuis 40 ans de la castellologie, l'histoire des élites médiévales, laïques et ecclésiastiques, rurales et urbaines, a connu un fort renouvellement problématique, conceptuel et méthodologique ces dernières années en France et en Europe. Entre autres du point de vue des manifestations monumentales du pouvoir de celles-ci, c'est-à-dire de la façon dont les élites marquent, par des constructions architecturalement prestigieuses ou répondant à des modèles sociologiquement normés, les lieux où s'incarnent leurs pouvoirs, tant dans les campagnes que dans les villes ; qu'il s'agisse de châteaux ou d'autres résidences de l'aristocratie laïque, d'églises et de monastères dont les vestiges marquent encore aujourd'hui si fortement nos paysages et nos imaginaires collectifs mais aussi d'agglomérations subordonnées à un château. Ce livre se veut tout d'abord un bilan historiographique sur la question pour la péninsule armoricaine. Ainsi, chaque thème abordé est introduit par un spécialiste qui dresse un état des lieux de l'historiographie bretonne sur le sujet et replace celle-ci dans une perspective plus générale. Mais cet ouvrage n'est pas qu'un état des lieux, il se veut aussi prospectif et propose pour cela de présenter des travaux en cours ou récemment achevés qui s'inscrivent dans cette thématique, qu'ils soient le fait de chercheurs confirmés ou de chercheurs plus jeunes.
Des milliers de bêtes trottinant dans le tintement des sonnailles ont construit une image mythique des déplacements de troupeaux. Si aujourd'hui l'âge d'or d'un élevage fortement spéculatif semble révolu, de nouvelles préoccupations patrimoniales ou environnementalistes redonnent toute leur actualité aux enjeux de la transhumance et de l'estivage. Au-delà de l'étonnante variété des types d'élevage, l'étude des acteurs sociaux, de la construction des territoires, de l'organisation étatique ont été au cour des interrogations portant sur un large espace géographique incluant le Maghreb. Les approches croisées d'historiens, d'archéologues, de juristes, de géographes et d'ethnologues contribuent à la richesse des analyses de ce volume.
Depuis l'Antiquité jusqu'au XIXe s, les paysages européens ont connu différentes formes de marquage territorial en fonction des époques et des secteurs géographiques : celles-ci sont l'expression des contraintes du milieu naturel, mais elles sont également le produit de systèmes socio-économiques différents qui emploient des marqueurs spécifiques. Après un demi-siècle de transformation par les grandes infrastructures, les aménagements planifiés et la diffusion de formes industrialisées de construction, émergent de nouvelles préoccupations autour d'un paysage conçu comme bien commun des sociétés. Cette problématique générale, développée au sein de l'Action Européenne COST A27, constitue l'objet de cet ouvrage, qui reproduit les actes du Colloque " Marqueur des paysages et systèmes socio-économiques : de la construction des paysages préindustriels à leur perception par les sociétés, contemporaines " tenu au Mans en décembre 2006. Dans les deux premières parties, les éditeurs ont opté pour une présentation thématique et descriptive des marqueurs paysagers en deux grandes catégories : d'un côté les éléments à forte valeur symbolique ou socio-économique (simples bornes, tombes et lieux de cultes, établissements agricoles...), de l'autre les réseaux linéaires et les ensembles culturaux aménagés (réseaux routiers, centuriation romaine, cultures en terrasses, systèmes d'irrigation...). Les articles qui composent la troisième partie, consacrée à l'histoire des paysages de l'Europe du nord-ouest et à leur devenir dans la société du XXIe siècle, se proposent enfin d'amener les lecteurs à s'interroger sur le rôle que les marqueurs pré-industriels peuvent encore jouer dans les sociétés contemporaines en prenant en compte leur perception par les communautés locales, régionales, voire nationales.
Laffont Pierre-Yves ; Bachelier Julien ; Chollet S
Dans un espace allant de la Normandie au Poitou, en passant par la Bretagne, le Maine et l'Anjou, les vingt études proposées s'intéressent aux sociétés rurales médiévales de l'Ouest, dans leurs dimensions spatiales et territoriales, afin d'appréhender les modalités de construction des paysages humains et agraires, à différentes échelles. En second lieu et parce que le système seigneurial - mode de relation sociale primordial dès le haut Moyen Age - organise de manière hiérarchique les relations entre individus, structure l'économie et façonne les paysages, ces travaux portent encore leur regard sur les élites aristocratique laïques dans les campagnes. Enfin, elles traitent du rôle de l'institution ecclésiale dans l'espace rural médiéval. Celui-ci est envisagé dans la dimension structurante pour l'habitat du maillage des églises, mais également par l'insertion de l'Eglise au sein du système seigneurial, notamment par le biais des temporels épiscopaux ou cathédraux mais aussi, et surtout, par l'intermédiaire des prieurés. Si le recours aux sources écrites reste au coeur des approches envisagées, on trouvera aussi mis en oeuvre d'autres types de document - archéologiques, planimétriques - ainsi que d'autres méthodes, parfois novatrices : archéologie du bâti ou surtout archéogéographie. Cet ouvrage se veut aussi un hommage au professeur Daniel Pichot, spécialiste des sociétés rurales de l'Ouest de la France au Moyen Age.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.