Depuis l'Antiquité jusqu'au XIXe s, les paysages européens ont connu différentes formes de marquage territorial en fonction des époques et des secteurs géographiques : celles-ci sont l'expression des contraintes du milieu naturel, mais elles sont également le produit de systèmes socio-économiques différents qui emploient des marqueurs spécifiques. Après un demi-siècle de transformation par les grandes infrastructures, les aménagements planifiés et la diffusion de formes industrialisées de construction, émergent de nouvelles préoccupations autour d'un paysage conçu comme bien commun des sociétés. Cette problématique générale, développée au sein de l'Action Européenne COST A27, constitue l'objet de cet ouvrage, qui reproduit les actes du Colloque " Marqueur des paysages et systèmes socio-économiques : de la construction des paysages préindustriels à leur perception par les sociétés, contemporaines " tenu au Mans en décembre 2006. Dans les deux premières parties, les éditeurs ont opté pour une présentation thématique et descriptive des marqueurs paysagers en deux grandes catégories : d'un côté les éléments à forte valeur symbolique ou socio-économique (simples bornes, tombes et lieux de cultes, établissements agricoles...), de l'autre les réseaux linéaires et les ensembles culturaux aménagés (réseaux routiers, centuriation romaine, cultures en terrasses, systèmes d'irrigation...). Les articles qui composent la troisième partie, consacrée à l'histoire des paysages de l'Europe du nord-ouest et à leur devenir dans la société du XXIe siècle, se proposent enfin d'amener les lecteurs à s'interroger sur le rôle que les marqueurs pré-industriels peuvent encore jouer dans les sociétés contemporaines en prenant en compte leur perception par les communautés locales, régionales, voire nationales.
Cet ouvrage a pu voir le jour grâce à l'ouverture des archives du Front Unifié de Lutte des Races Opprimées (Fulro). Mouvement qui s'est développé pendant la deuxième guerre d'Indochine et a, du fait des médias internationaux, acquis à l'époque une telle renommée qu'il était devenu un véritable mythe. Ce livre raconte ce que fut la réalité du Fulro, ce que furent ses activités politiques, militaires et diplomatiques. Il replace aussi son existence dans une tradition de contacts et de luttes qui a pris racine dans les siècles passés.
Résumé : Sous l'influence de l'anthropologie et de la sociologie historiques (mais aussi des historiens du droit) et bénéficiant de la dynamique continue depuis 40 ans de la castellologie, l'histoire des élites médiévales, laïques et ecclésiastiques, rurales et urbaines, a connu un fort renouvellement problématique, conceptuel et méthodologique ces dernières années en France et en Europe. Entre autres du point de vue des manifestations monumentales du pouvoir de celles-ci, c'est-à-dire de la façon dont les élites marquent, par des constructions architecturalement prestigieuses ou répondant à des modèles sociologiquement normés, les lieux où s'incarnent leurs pouvoirs, tant dans les campagnes que dans les villes ; qu'il s'agisse de châteaux ou d'autres résidences de l'aristocratie laïque, d'églises et de monastères dont les vestiges marquent encore aujourd'hui si fortement nos paysages et nos imaginaires collectifs mais aussi d'agglomérations subordonnées à un château. Ce livre se veut tout d'abord un bilan historiographique sur la question pour la péninsule armoricaine. Ainsi, chaque thème abordé est introduit par un spécialiste qui dresse un état des lieux de l'historiographie bretonne sur le sujet et replace celle-ci dans une perspective plus générale. Mais cet ouvrage n'est pas qu'un état des lieux, il se veut aussi prospectif et propose pour cela de présenter des travaux en cours ou récemment achevés qui s'inscrivent dans cette thématique, qu'ils soient le fait de chercheurs confirmés ou de chercheurs plus jeunes.
Ce livre novateur met en lumière le manque d'études sur l'habitat rural, en particulier paysan, durant le second Moyen Age et les périodes ultérieures, et vise à relancer ce champ d'études en adoptant une approche pluridisciplinaire pour analyser la diversité de l'habitat rural du XIIe siècle au début de l'époque industrielle. Cet ouvrage novateur souligne un constat partagé par de nombreux archéologues et historiens français : l'étude de l'habitat rural, en particulier paysan, a été négligée. Ce désintérêt, particulièrement marqué pour le second Moyen Age et les périodes ultérieures, s'observe malgré l'importance des paysans dans la société médiévale. L'auteur reprend ce constat en notant que l'étude de l'habitat paysan a connu un recul continu depuis les décennies 1960-1980 ; en revanche, d'autres pays européens et des périodes plus récentes en France ont vu des travaux plus soutenus en histoire rurale. L'objectif de ce livre est de relancer ce champ d'études en se concentrant sur l'habitat rural dont la diversité est fortement influencée par les facteurs socio-économiques, naturels, historiques, techniques, anthropologiques et juridiques. Une approche nécessairement pluridisciplinaire - intégrant des perspectives historiques, archéologiques, ethnologiques, géographiques et architecturales - permet d'envisager la question sur le temps long, du XIIe siècle au début de l'époque industrielle. Ce livre dresse donc un bilan historiographique et un état de l'art du sujet, prenant en compte les approches des différentes sciences sociales et élargissant son champ de vision au-delà des frontières de la France (notamment en prenant en compte les historiographies britannique et italienne).
Laffont Pierre-Yves ; Bachelier Julien ; Chollet S
Dans un espace allant de la Normandie au Poitou, en passant par la Bretagne, le Maine et l'Anjou, les vingt études proposées s'intéressent aux sociétés rurales médiévales de l'Ouest, dans leurs dimensions spatiales et territoriales, afin d'appréhender les modalités de construction des paysages humains et agraires, à différentes échelles. En second lieu et parce que le système seigneurial - mode de relation sociale primordial dès le haut Moyen Age - organise de manière hiérarchique les relations entre individus, structure l'économie et façonne les paysages, ces travaux portent encore leur regard sur les élites aristocratique laïques dans les campagnes. Enfin, elles traitent du rôle de l'institution ecclésiale dans l'espace rural médiéval. Celui-ci est envisagé dans la dimension structurante pour l'habitat du maillage des églises, mais également par l'insertion de l'Eglise au sein du système seigneurial, notamment par le biais des temporels épiscopaux ou cathédraux mais aussi, et surtout, par l'intermédiaire des prieurés. Si le recours aux sources écrites reste au coeur des approches envisagées, on trouvera aussi mis en oeuvre d'autres types de document - archéologiques, planimétriques - ainsi que d'autres méthodes, parfois novatrices : archéologie du bâti ou surtout archéogéographie. Cet ouvrage se veut aussi un hommage au professeur Daniel Pichot, spécialiste des sociétés rurales de l'Ouest de la France au Moyen Age.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.