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Eschaton. Ici finit le règne de l'homme
La Soudière Vincent ; Massias Sylvia
COOPERATIVE
22,00 €
Épuisé
EAN :9791095066538
Les trois volumes des "Lettres à Didier" éditées par les soins de Sylvia Massias au Cerf entre 2010 et 2015 ont permis d'imposer le nom de Vincent La Soudière (1939-1993) comme un témoin majeur de la crise spirituelle de la fin du vingtième siècle, plus que jamais actuelle. Quelques publication antérieures avaient auparavant attiré l'attention sur le destin de cet homme inquiet qui, ayant écrit toute sa vie, n'aura achevé qu'un seul ouvrage de son vivant. L'ouvrage que nous publions aujourd'hui correspond au grand projet qui l'a occupé pendant les vingt dernières années de sa courte existence. "Eschaton" est un ensemble de fragments que Sylvia Massias a transcrits et ordonnés en suivant au plus près les plans et projets rédigés par l'auteur. On y suit un trajet spirituel qui, sous le signe d'une grande souffrance morale, vise à restaurer la confiance en la vie à la lumière de la foi chrétienne. Citons les mots de la préfacière et éditrice : "Eschaton exprime le grand désir de l'homme : celui d'être refondu ou recréé, de naître enfin, de devenir Homme et de connaître la Vie dans sa plénitude et sa croissance infinies. Il s'inscrit contre le " nihilisme de notre siècle"".
La Soudière Martin de ; Fabre Daniel ; Monferran J
Qui ne rêve des pays d'en haut ? La Lozère est de ceux-là. Haut plateau à la géographie difficile, aux paysages qu'on dit parfois lunaires en été et, en hiver, sibériens, elle sut attirer au début des années 60 un cinéaste italien, le prince Ruspoli. Fleuron du cinéma direct, un film inoubliable s'ensuivit : Les Inconnus de la terre, dédié à la pauvreté des paysans de montagne et à l'isolement en général. Une manière d'hommage et de respect, le même respect qu'il montra pour les malades dans Regard sur la folie, tourné la même année, qui, lui aussi, fit événement. Cinquante ans après Ruspoli, le réalisateur Jean-Christophe Monferran et l'auteur, flanqués d'une comparse sociologue, Françoise-Eugénie Petit, partent sur les traces des Inconnus. Loin de toute nostalgie, ils veulent mesurer avec les acteurs de 1961 le chemin parcouru. Histoires de vie, donc, histoires de lieux aussi : Aubrac, Margeride, Cévennes. Ce sera Traces, produit en 2012 par le CNRS. Saison après saison, participant à cette enquête cinématographique, l'auteur n'en demeure pas moins ethnologue et, à partir de son journal de terrain, il tenait à faire partager les rencontres, les ambiances villageoises, et surtout le souvenir que Les Inconnus a laissé localement. Pas strictement récit de tournage, au fil des portraits, l'ouvrage n'en dévoile pas moins les surprises, les déceptions aussi mais les petits bonheurs - les petits secrets de fabrication donc - et propose plus largement une réflexion sur la réception des films en milieu rural.
Résumé : Ecrivain secret, Vincent La Soudière (1939 - 1993) publia très peu et resta méconnu de son vivant. Seuls Henri Michaux et Cioran, dont il fut l'ami, lui témoignèrent leur admiration. Le premier écrivit à son sujet : " N'aurait - il fait qu'un livre, pour moi c'est comme s'il en avait écrit plusieurs. [...] je sais qu'il n'écrira jamais rien de gratuit. Ce qu'il fera connaître est important. " Quant à Cioran, il admirera " l'unité de ton et de vision " du seul livre qu'il fit paraître en 1978, Chroniques antérieures , " livre extrême d'un bout à l'autre " , " livre de confins " qui rejoint sa propre hantise. Cet auteur singulier se révèle aujourd'hui à travers la considérable correspondance qu'il adressa à son ami Didier durant près de trente ans. Dès le premier volume, couvrant les années 1964 à 1974 (C'est à la nuit de briser la nuit , Cerf, 2010), Vincent La Soudière apparaît comme un être tourmenté, hanté par le suicide, pour qui l'existence n'a de sens que par la création littéraire et l'oeuvre qu'il voudrait donner au monde. Les lettres des années 1975 - 1980 réunies dans le deuxième volume (Cette sombre ferveur , Cerf, 2012) se situent autour de la publication du recueil Chroniques antérieures et témoignent d'un temps de crise d'une rare violence, crise existentielle et spirituelle suivie d'une descente dans les abîmes de la dépression ou du shéol . Ce troisième et dernier volume est certainement le plus dense et le plus profond : déchiré entre le monde de l'En-Bas et celui de l'En-Haut, des " ténèbres du shéol " au " firmament pour témoin ", Vincent La Soudière nous fait pressentir la mystérieuse articulation entre les ténèbres et une invincible lumière dont il porte l 'espérance au plus profond de sa nuit, laissant un témoignage capital pour notre époque.
Les voyages les plus étonnants ne sont pas toujours les plus lointains. Visiter Sainte Eulalie en compagnie de Martin de la Soudière est une expérience insolite et poétique. Attentif aux paysages et aux usages, l?ethnologue se fait en même temps chroniqueur des histoires de lieux et des histoires de vies. Celles des grandes heures et des grandes peurs d?hier, dans la forêt du Mont Mouchet, où l?ultime refuge d?un groupe de maquisards pendant la Deuxième Guerre mondiale côtoie l?endroit où fut tuée, deux siècles auparavant, la bête du Gévaudan. Et celles des territoires et personnages d?aujourd?hui; un couple étrange dans une ferme isolée, la figure marginale, attachante et familière d?un journalier sans famille ni passé, du moins jusqu?à ce que l?auteur ne s?en mêle, l?univers chaleureux d?Emma, ses pensionnaires, ses livres, ses grandes tablées et ses récits. Au rythme des saisons, au détour d?une route, au gré des rencontres et des conversations, Martin de la Soudière nous fait partager avec bonheur ses curiosités, sa géographie rêveuse et son goût, qui remonte à l?enfance, pour le charme secret des contrées modestes qui ne sont pas des coins perdus. Chemin faisant, il réfléchit à la façon dont, ici à Sainte Eulalie comme en n?importe quel bout du monde, un lieu prend forme.
Résumé : C'est un livre qui ne ressemble à aucun autre, gorgé d'images, de paroles glanées au fil des lectures, jalonné de rencontres. Un livre d'errance ou de transhumance, un livre d'émerveillement aussi, dont les quatre parties se composent de chapitres longs ou brefs, écrits dans une langue vibrante et passionnée, où viennent s'insérer tout naturellement quelques poèmes. De Hanoï à Budapest, de Berlin à Jérusalem, de la guerre du Vietnam à la France d'aujourd'hui, Mireille Gansel a fait de chacun des textes de ce livre le mémorial d'un moment inoubliable, la trace d'une rencontre. On y croisera Yehudi Menuhin, Imre Kertész, Claude Vigée, Aharon Appelfeld, Blaga Dimitrova ou Reiner Kunze (dont elle est la traductrice), ses amis vietnamiens poètes, peintres ou philosophes, mais aussi un vieux berger, un facteur... et beaucoup d'enfants. Ce ne sont pas des portraits qui les transformeraient en personnages, mais une série d'instantanés qui cernent au plus près le mystère de leur présence : magie du surgissement d'un visage, force d'un geste ou d'une parole qui sont bien souvent des actes de résistance. Du reste, pour Mirelle Gansel, du Baal Chem Tov à Kafka, de Rachi à Nelly Sachs, les grands esprits du passé sont eux aussi pleinement vivants. C'est pourquoi son livre est une admirable leçon de vie.
Je n'ai rencontré qu'une fois Jean Dervage, et je ne lui ai jamais parlé", écrit le narrateur à propos d'un jeune homme dont la beauté le fascine. Mais qui est Jean Dervage ? Tout ce roman est consacré à chercher la réponse à cette question. Celle-ci semble essentielle au narrateur, confronté à l'échec de sa propre vie sentimentale et pourtant rempli d'espoir, au nom d'un "idéalisme" qu'il s'applique à redéfinir. La jeunesse et la beauté, les deux qualités qui expliquent la séduction qu'il exerce sur ceux qui le rencontrent, ne suffisent pas à définir Jean Dervage. Il en jouit, mais il en est aussi victime, dans sa quête d'un bonheur plus durable qu'elles. A travers deux histoires d'amour, l'une malheureuse, l'autre heureuse, on le voit dépasser peu à peu une conception décevante de la vie et de la réussite. Dans ce deuxième roman, Germont semble faire le bilan de sa jeunesse à travers l'évocation d'un personnage entrevu au cours de ses propres années d'errances. Le livre apparaît ainsi comme un document sur la vie nocturne de la fin des années 1980. La vie reconstituée du héros, de son enfance à sa première jeunesse, dessine le portrait d'une génération. La présentation sous l'aspect d'une société secrète du monde marginal des noctambules, et même de la jeunesse de cette époque en général, renouvelle la thématique du roman d'initiation. Nul ne se serait attendu à retrouver les tourments et les subtilités de la Princesse de Clèves dans les boîtes de nuit parisiennes.
Résumé : Créé au tout début du XIXe siècle par le marionnettiste Laurent Mourguet (1769-1844), Guignol fut pendant plus d'un siècle le porte-parole du petit peuple de Lyon, et surtout des "canuts", les ouvriers de la soierie. Au plus fort de leur popularité, jusque dans les années 1950-60, Guignol et son inséparable ami Gnafron furent au coeur d'une intense production théâtrale, due à de très nombreux auteurs. En 1925, la société des Amis de Guignol édita à Lyon, à tirage très limité, un choix des meilleures pièces écrites au cours des soixante années précédentes, pour compléter le premier répertoire "classique" rassemblé par Jean-Baptiste Onofrio en 1865. C'est ce recueil rarissime, plein d'inventions savoureuses, que nous rééditons aujourd'hui.
Résumé : En 1922, Hofmannsthal publie de manière presque confidentielle Le Livre des amis, un recueil d'aphorismes qui connaîtra rapidement une diffusion beaucoup plus large que son auteur lui-même ne l'imaginait, et peut-être ne le souhaitait. Dans ces pages, le poète autrichien mêle ses propres pensées, tirées de ses carnets intimes, à celles qu'il a rencontrées chez les auteurs qu'il aime le plus. Les amis que désigne le titre sont donc aussi bien ses propres lecteurs que les écrivains de tous les temps, qui forment autour de lui une sorte de "collège invisible". Le Livre des amis est un livre magique, dont la profondeur ne se dévoile qu'avec le temps : ceux qui l'ont lu ne cessent d'y revenir. Il est peut-être aussi la meilleure initiation à l'oeuvre de Hofmannsthal, grand esprit doublement attaché à sa patrie autrichienne et à la défense de la culture européenne au lendemain de la Première Guerre mondiale.