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Prose chagrine. 1661
La Mothe Le Vayer François de ; Tomasini Guillaume
KLINCKSIECK
69,00 €
Épuisé
EAN :9782252038352
La Prose chagrine paraît en 1661, à l'aube du règne personnel de Louis XIV. A soixante-treize ans, son auteur est unanimement reconnu pour son érudition, ses nombreux ouvrages et les honneurs que lui ont valu le préceptorat du duc d'Anjou, cadet du jeune roi. Cette réussite ne le rend pas pour autant plus serein ni jovial. Esprit original, jaloux de son indépendance, digne héritier spirituel de Montaigne, mais en plus sombre, ce contemporain du Roi Soleil lui renvoie sa part d'ombre : libre et bigarrée, toute baroque dans sa composition décousue, La Prose chagrine de ce Cioran de jadis accumule avec l'énergie d'un désespoir roboratif les mille raisons de se fâcher avec l'existence, depuis la brièveté de la vie jusqu'à la maltraitance des animaux, depuis la débauche des vieux jusqu'à l'incurie des médecins, en passant par quelques dizaines d'autres sujets de mécontentement encore. Et l'auteur de louer le scepticisme, qui demeure la seule certitude raisonnable. Après deux cents pages de ce maelström pittoresque, varié, cliquetant d'exemples et coloré de mille citations piquantes, La Mothe Le Vayer conclut : "Je m'impose donc silence, pour ne passer pas les bornes que j'ai prescrites à mon chagrin". Les nombreuses notes de bas de page qui, dans la présente édition, éclairent cette encyclopédie des égarements humains montrent que les bornes de cet esprit chagrin demeuraient larges. Un livre à recommander à tous ceux que la couleur du temps présent n'enthousiasme pas : l'humeur incisive de La Mothe Le Vayer les vengera...
Résumé : Précepteur de Louis XIV mais dédaignant l'autorité, protégé de Richelieu mais cultivant le scepticisme, contemporain de Descartes mais se défiant de la raison, La Mothe Le Vayer, ami et inspirateur de Molière, résume les facettes contradictoires de l 'Age classique. Les Petits traités, sur le mode familier de lettres fictives, livrent le meilleur d'un scepticisme revigorant en des entretiens avec le lecteur sur ce qui fait le sel et le suc de la vie : les voyages, les échanges, les adversités, les richesses, la façon de se vêtir, le sommeil et les songes, la vieillesse... Tour à tour joyeuses ou cruelles, étincelantes ou graves, toujours pétillantes d'esprit, ces réflexions font revivre les temps forts de cet art de la conversation amicale et savante où bonne chère et bonne culture faisaient bon ménage. Figure maîtresse du "libertinage érudit", ennemi de toute forme de censure, La Mothe Le Vayer développe une réflexion essentielle au c?ur d'une époque complexe où se forgeait la modernité.
La Mothe Le Vayer François de ; Leforestier Lionel
Résumé : Héritier et disciple de Montaigne, magistrat qui professait une " aversion naturelle " pour la jurisprudence, voyageur curieux des cultures et moeurs étrangères, lecteur omnivore, François de La Mothe Le Vayer (1588-1672) fut longtemps un grand seigneur indolent qui suivait sa seule inclination vers le plaisir. " Honnête homme et bonnes moeurs, soutenait-il, ne s'accordent pas ensemble. " Il n'avait pas, à quarante ans, publié le moindre ouvrage, se retrouva sur le tard, et comme incidemment, précepteur de Monsieur, puis du jeune Louis XIV, écrivit un Hexameron rustique longtemps mis à l'index pour son indécence. Devenu intarissable, il publia un Dialogue sur les rares et éminentes qualités des Asnes de ce temps, un ensemble de Petits traités - dont certains rassemblés sous le titre " La Promenade " - et une suite de Dialogues faits à l'imitation des anciens sous le pseudonyme d'Orasius Tubero. Le lecteur trouvera dans les pages de ce sceptique intransigeant un antidote salutaire aux pseudo-évidences et à l'universalisme creux qui cimentent l'unanimisme médiatique d'aujourd'hui. Car le " voluptueux incrédule " ne se pose pas seulement la question de la nature du sens commun, mais celle aussi de savoir si notre définition même de la réalité ne tient pas finalement à de pures, de multiples, de contradictoires " façons de parler ". Le Petit traité prend place, avec les Confessions de Jean-Jacques Bouchard, dans la " Bibliothèque des Libertins Érudits " du Promeneur.
Résumé : Description d'une jolie collection de livres est le titre d'un ouvrage consacré en 1844 par son ami Duplessis à la vie, l'oeuvre et surtout les 1254 livres de la bibliothèque de Charles Nodier, bibliothèque dont la vente est restée dans l'histoire. Précurseur méconnu de Borges et bibliomane exalté - qui se contentait d'acheter des livres quand il ne les rêvait pas -, Nodier est la figure tutélaire du présent volume, consacré au parcours multiple, depuis plus de vingt ans, d'un autre écrivain que sa passion des livres aura, à son tour, amené à explorer tout le spectre de l'imprimé, de la revue au discret et luxueux livre d'artiste, des petites structures indépendantes à l'insertion au sein d'une des plus prestigieuses maisons d'édition françaises. "Jolie" doit s'entendre avec une touche d'ironie : on accole trop souvent cet adjectif, ou un synonyme, aux livres qui font l'objet du présent ouvrage, en une forme de compliment qui n'est, le plus souvent, qu'une façon de s'en débarrasser, en les réduisant à d'agréables objets. Car le souci esthétique qui les caractérise - effet, comme on le verra, d'une extrême économie de moyens - s'est toujours fondamentalement éthique. "Collection" parce que Le Promeneur appartient à ce type de projets littéraires (des éditions de la Sirène au Sagittaire ou au Point du Jour) qui, tout en traitant avec les nécessités commerciales, n'ont jamais renoncé à la rigueur extrême de leur choix, fût-ce au prix d'une limite consentie. Issue de la Bibliothèque d'un amateur, en reflétant les enthousiasmes et les lacunes, cette "jolie collection de livres" peut donc être accessoirement considérée comme une oeuvre à part entière, que la présente "description" éclairerait pour la première fois dans son ensemble, à la manière de ces tableaux du XVIIe siècle qui représentent une infinité d'autres tableaux, en une suite de galeries vertigineuses ou de pinacothèques affolées, derrière lesquelles se profile l'ombre d'un collectionneur jamais visible, mais partout présent.