Si la littérature d'un peuple de voyageurs tels que les Tunisiens - né déjà d'une épopée phénicienne - s'est de longue date nourrie des échanges entre la mère patrie et les territoires d'exils, des dialogues entre le pays d'origine et la diaspora, des débats entre les "cousins" d'ici et ceux de là-bas, saura-t-on aujourd'hui mesurer leur démultiplication ? On retrouve des traits bien connus : la littérature de l'exil, la nostalgie du pays perdu si présente dans les lettres maghrébines et arabes, l'obsession du retour ou, au contraire, l'expression de l'étouffement et l'appel du large. Mais l'exil peut aussi être intérieur - recherché ou imposé - qui illustre souvent le statut-même de l'écrivain dans une société qu'il interroge. Et le nomadisme de certains, toujours entre deux avions ou deux bateaux, deux vies et deux pays, accompagne aussi la littérature. La libération des paroles et l'accélération de la circulation des écrits aujourd'hui créent-elles une nouvelle forme d'expression ? Peut-on déjà parler de "genres littéraires" ou de "courants" alors que semblent exploser le "tag" et le "rap" auxquelles la littérature n'est pas tout à fait étrangère ? Pour ce numéro de la revue, l'équipe de Riveneuve Continents et ses relais se lancent dans une quête avec pour seule boussole l'aiguille aimantée qui oscille entre la Tunisie et sa diaspora. Elle tache de déceler cette dualité, ce déséquilibre créateur, ce dedans et dehors, chez les écrivains confirmés comme chez les novices.
Incroyable épopée que celle de la ,presse de langue française hors de France et des autres Etats francophones occidentaux ! Elle a croisé des personnages hors du commun : Bayle, Bonaparte, Darfour, Malraux, Bourguiba, Isabelle Eberhardt ou le Prince Sihanouk... Elle a voyagé aux quatre points cardinaux, allant se nicher dans les petites îles des grands océans, s'installant sur les immenses continents, passant sous le manteau, sous le coude, sous le coup de la loi. Même dans l'enfer concentrationnaire de Buchenwald, un journal au numéro unique a fédéré, en français, l'espoir de dizaines d'hommes et de femmes. Fuyant la Révocation de l'Edit de Nantes, les poursuites révolutionnaires, la censure impériale ou l'occupation nazie ; accompagnant les grandes découvertes ou les conquêtes coloniales puis la décolonisation ; s'installant partout en Europe, en Afrique, en Mie, en Amérique, en Océanie ; cette presse a été à l'origine des journaux de plus d'une cinquantaine de pays de part le monde. Tour à tour classique, moderne, réactionnaire, révolutionnaire, contre-révolutionnaire, officielle, officieuse, révoltée, colonialiste, anticolonialiste, communiste, anticommuniste..., son histoire est aussi l'Histoire.
Tout un numéro de la revue Riveneuve Continents dédié aux Lettres sénégalaises avec pour thématique la jeunesse pour explorer, avec de nombreux écrivains et écrivants connus ou inconnus, du pays ou de la diaspora, le vague à l'âme des nouvelles générations entre blocage et mondialisation. - Le 31e numéro de la revue RIveneuve Continents née en 2004. - Des contributions prestigieuses comme le philosophe Souleymane Bachir Diagne ou des jeunes rappeurs de Dakar en passant par des écrivains confirmés ou novices - Les thèmes qui préoccupent la jeunesse sénégalaise aujourd'hui et qui se retrouvent dans tous les types d'écriture ; déconstruction décoloniale et patriarcale, blocage de la société, identités fermées ou ouvertes, citoyenneté en crise comme l'emploi ou l'éducation, modernité et tradition, rester et partir... - Des illustrations d'artistes contemporains en N&B et en couleurs
Résumé : C'est toute la question du défi presque inconscient des Lettres algériennes qui se réinventent, en arabe et en français, à travers de plus jeunes générations d'auteurs, héritiers des traumatismes et des pères fondateurs que sont Kateb, Dib, Djehar, Ouettar, Haddad, etc. Presque inconscient, car les textes des auteurs, de différentes générations, se construisent dans ce contexte des blessures et des horizons d'une Algérie de l'après massacre. L'écrit a continué sa quête, imperturbable, à l'assaut des tabous religieux et sociaux, politiques et historiques. Parlera-t-on dans cet entre-temps de "renaissance des Lettres" ? De renaissance par les Lettres ? Car l'histoire des idées nous apprend que la Renaissance ? qu'elle soit italienne pour l'Europe ou nanda égyptienne pour le Monde arabe ? a commencé à sourdre à des époques où tout semblait bloqué ou livré à la violence, et précisément, dans les écrits des lettrés. Nul doute que l'avenir de l'Algérie ? sa renaissance ? est déjà en germe dans les mots et les Lettres de tous ceux qu'elle inspire. Elle se manifeste dans le renouvellement des genres littéraires, entre le polar et la science fiction, le dialogue des langues, des images, des formes d'expression, des thématiques. Elle est multiforme, elle ose tous les mélanges, toutes les osmoses, toutes les extrémités. Elle est là. Il suffit d'être aux aguets. Pour ce numéro de la revue, l'équipe de Riveneuve Continents tâche de déceler la fulgurance, si propre aux Lettres algériennes depuis Dib et les "ancêtres" dans toutes les productions actuelles.
Où en sont les lettres persanes, alors que près de 40 ans se sont écoulés après la chute du régime de Mohammad Reza Pahlavi, dernier roi d'Iran, et que le pays devrait sortir de l'embargo qui le frappe depuis ? Terre de paradoxes, la monarchie dite " éclairée " du Chah, largement ouverte au marché occidental, preneuse du way of life made in USA, a enfanté une république islamique qui n'a eu de cesse de fustiger le " grand satan " américain et ses alliés. Or, durant toutes les années où la rigueur islamique a régné sur le pays, la société iranienne n'a cessé de se moderniser et le peuple iranien est devenu un des plus cultivés du monde oriental. Quels reflets de ces changements et de ces évolutions peut-on constater aujourd'hui dans la culture iranienne ? Il y eut certes, durant les années de braise, où l'Iran s'est retrouvé seul face à la coalisation soutenant l'invasion de l'Iran par l'Irak, une littérature et un art de la propagande. Il y eut sans doute aussi des oeuvres mystiques prisées par un lectorat en quête de sens dans un monde bouleversé par la violence et les privations. Mais il y eut également des courants artistiques alternatifs agissant sur le mode underground, en marge des genres officiels. C'est à une découverte de ces différentes strates que convie cet ouvrage. A un voyage culturel à travers la spécificité persane désormais aux portes de la mondialisation. Qu'en sera-t-il demain ? Le peuple perse, si jaloux de ses racines historiques, saura-t-il résister aux sirènes de l'uniformisation mondiale ? La question demeure entière.
A sept ans, Wilhelm de Kostrowitzky se découvre une vocation de poète. A douze ans, c'est une vocation de journaliste qui débute lorsqu'il crée un journal dans son lycée. A vingt ans enfin survient la vocation de critique d'art après avoir rencontré Picasso et Braque. Il prend alors le nom d'Apollinaire. Guillaume Apollinaire. Jean-François Robin fait de cette "naissance d'une vocation" une biographie romancée, où il suit pas à pas l'évolution et l'oeuvre du poète, en se glissant dans la peau des acteurs qui l'ont connu. Apollinaire se raconte, mais tous ceux de son entourage le racontent aussi : sa mère joueuse et aventurière qu'il suit au gré des casinos ; son frère, sage employé de banque, et surtout ses amis de lycée gardés tout au long de sa vie. Tous racontent la bataille incessante qu'il a dû mener pour s'imposer dans le paysage littéraire du Paris de cette époque bohème, une époque qu'il a su égayer de ses excentricités, de son génie, de son humour, de ses amours impossibles et de son art de vivre. Jusqu'à ce que la blessure reçue lors de la première guerre mondiale, combinée à la grippe espagnole, ne mette fin à ses jours prématurément. Cent ans plus tard, la poésie d'Apollinaire ne nous a pas quittés, elle continue sa chanson immortelle.
Le maréchal de Vauban a toujours la mauvaise joui d'une , immense popularité, avec sa théorie du "pré carré" conscience du roi qui a aidé à fixer les frontières de la France ou ses fortifications en étoile inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO. Pourtant c'est un commissaire général au tempérament méconnu : loin d'être soumis au tout puissant Louis XIV, Vauban est un esprit libre et audacieux, généreux et tolérant. Ce maréchal proche du pouvoir, nécessaire au pouvoir, fidèle au pouvoir, interpella avec vigueur le plus puissant monarque que la France ait jamais connu. Contre l'indigne oppression religieuse et l'expulsion des protestants, au nom de la liberté d'opinion et de conscience qu'il revendiqua avec fermeté. Contre les iniquités et les injustices qui frappaient un peuple plongé dans la misère. Vauban défendit un projet de réforme de la fiscalité fondée sur une contribution générale éliminant tous les "traitants" et autres intermédiaires véreux. Portrait d'un personnage résolument moderne, en marche, tout botté et encuirassé, vers le siècle des Lumières et le temps d'une Révolution dont il craignait la fatale conclusion.
Biographie du dernier maire français d'Alger, passé de l'Algérie française à l'Algérie aux Algériens après avoir tenté de sauver les relations franco-algériennes par le fédéralisme et négocier les accords entre l'OAS et le FLN, rééditée et augmentée à la veille du 60e anniversaire de la fin de la guerre d'Algérie. - Biographie rééditée et augmentée d'un personnage d'exception : le dernier maire français d'Alger Jacques Chevallier, passé de l'Algérie française à la prise de la nationalité algérienne - Etude très fouillée d'une auteure née en Algérie et qui a déja beaucoup publié sur le sujet avec le concours du chercheur Benjamin Stora notamment - Préface de Jack Lang, président de l'Institut du monde arabe.
Un sujet presque tabou : l'abus sexuel par des agents ayant autorité pour la portection du public comme les pompiers. Un traitement fin et percutant, bien avant l'affaire #metoo. Une pièce promise au succès comme la précédente : Darius, le succès en 2017 de la pièce portée par Clémentine Célarié. Une pièce qui a marqué le off d'Avignon en 2016. Un ouverture pour deux mois au Théâtre du Rond-Point à Paris.