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Conférences chinoises de la rue d'Ulm (2017-2019)
Jin Guangyao ; Espagne Michel ; Lefebvre Romain
KIME
29,00 €
Épuisé
EAN :9782841749744
Il existe un déficit d'informations sur la culture chinoise ancienne et contemporaine dans les sciences humaines françaises, trop exclusivement orientées vers d'autres espaces étrangers. Ou plutôt les perspectives chinoises, dont la connaissance est réservée aux seuls sinologues, viennent trop rarement féconder l'ensemble des sciences humaines. Le recueil se veut donc très caractéristique d'une situation où les sciences humaines en Chine, tout en restant très conscientes d'une spécificité des traditions nationales dans la longue durée, ne sont pas moins soucieuses de les situer dans des dynamiques de transferts et d'échanges avec d'autres régions du monde, ici essentiellement la France et l'Europe. Ces échanges ont donné lieu à une série de conférences à l'Ecole normale supérieure. Michel Espagne est Directeur de recherche, CNRS/Ecole normale supérieure de Paris
Résumé : C'est à la notion de révélation dans la réflexion d'Henri de Lubac que s'intéresse ici Jin-Sang Kwak. Qu'en est-il en effet de la relation que ce théologien majeur établit dans son oeuvre entre ce que Dieu révèle de lui-même dans l'histoire et la fécondité de cette révélation dans l'homme ? En d'autres termes, "De quoi y a-t-il révélation ? Comment le contenu de cette révélation opère-t-il la transformation de l'homme qui la reçoit ?". L'un des aspects les plus importants de cette révélation, souligne l'auteur, est donc qu'elle concerne aussi le mystère humain : "On n'oubliera jamais, écrit de Lubac, que le Verbe fait chair n'est autre que Celui qui éclaire tout homme". Cette découverte à propos de Dieu implique non seulement une nouvelle compréhension de l'homme, mais aussi une radicale transformation de la part de ce dernier. L'origine et la fin dernière de l'homme ne sont pas quelque chose de purement naturel, comme le voudraient ceux que notre auteur appelait les "extrinsécistes", mais supposent l'intervention d'une Transcendance et une "nouvelle Création".
Entrée dans la Cité Interdite à treize ans, mariée " en cadeau " à un eunuque à dix-huit ans, He Rong Er servit la dernière impératrice de Chine jusqu'à la fin de son règne. Après la chute du régime impérial, elle travailla jusqu'à la fin de sa vie comme femme de ménage. Avec cette dame de cour indiscrète, le lecteur pénétrera derrière ces hauts murs " violets et rouges " - comme l'écrivait Victor Segalen - dans l'intimité des chambres, dans les recoins des salles du palais et des cuisines. Il découvrira en ses moindres détails la vie quotidienne dans la Cité Interdite, mystérieuse, " emmurée et dynastique ". On s'informe des amusements et des distractions du palais. On apprend les goûts, les manies, les exigences et les impuissances des empereurs et des impératrices, et en particulier ceux de l'impératrice Cixi qui reste une des figures féminines les plus énigmatiques de l'histoire de la Chine et qui pouvait rapidement, aussi, transformer la vie d'une dame de cour en cauchemar.
Nous croyons écrire au péril de notre vie / Cependant nul ne nous vise avec un fusil / nous autres / C'est ça la tragédie / Faisant tourner le monde / comme un hula-hoop rose / autour de la taille / nous mangions / nous buvions / nous attendions tout le temps / et finalement / nous nous sommes tiré dessus"
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.
Faye Emmanuel ; Lassègue Jean ; Rastier François ;
Bien au-delà de la seule philosophie, le débat à Davos en 1929 entre Cassirer et Heidegger a marqué l'histoire des idées. Il a même donné naissance à des récits passablement légendaires qui négligeaient le contexte historique précis. Un nouveau regard s'impose, à la lumière des oeuvres publiées depuis lors. Les vingt-cinq tomes de l'édition allemande de référence de Cassirer ne sont disponibles que depuis 2007. S'y s'ajoutent les dix-sept tomes du Nachlass depuis 2017. Des 102 volumes de la Gesamtausgabe de Heidegger, édition de référence mais sans garantie scientifique, moins d'une dizaine reste programmée, mais d'ores et déjà la publication des cinq premiers volumes des Cahiers noirs a permis d'engager une relecture critique de l'ensemble. C'est donc à présent seulement que l'on peut véritablement évaluer les projets contrastés des deux auteurs. Leurs enjeux intéressent notamment le statut de la rationalité et des sciences, en particulier celles de la culture, aussi bien que le statut de la technique parmi les formes symboliques. Et tout autant, l'opposition entre la démocratie et la théologie politique ; entre la légitimité du cosmopolitisme et l'ontologie identitaire ; enfin, entre la possibilité même d'une éthique ou son rejet de principe. Tous ces thèmes contradictoires exigent aujourd'hui une révision critique, non seulement rétrospective, mais aussi ancrée dans le présent. Car au-delà même de la philosophie, des courants de pensée et des forces politiques en Europe et dans le monde poursuivent ces deux voies qui s'opposent aujourd'hui.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.