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L'ART DE NE PAS ETRE GRAND-PERE
JEUDY HENRI-PIERRE
CIRCE
13,50 €
Épuisé
EAN :9782842421762
Dans L'Art d'être grand-père Victor Hugo prenait déjà le parti de ne point suivre les normes qui commandent au modèle social du comportement attendu des grands-parents. Ce n'est pas une démission ni un rejet d'éventuelles responsabilités, mais une façon de rester soi-même en refusant de jouer le rôle d'une "assise génétique". Faut-il que les grands-parents, au nom d'une bienséance de la transmission, se contentent d'être utiles quand il le faut et d'afficher une sérénité morale ? Ainsi le grand-père préfère-t-il retrouver avec ses petits enfants un "état de l'enfance" qui ne l'a peut-être jamais quitté. Il découvre avec eux les jeux de langage qui leur permettent de conquérir leur place dans la société par l'humour de l'apprentissage de la Langue. Profitant surtout des moments à vivre, n'acceptant en aucune façon d'être le représentant de ce qui dure, il partage avec eux la complicité d'une pérégrination dans le temps. L'art de ne pas être grand père est une manière de railler l'esprit de sérieux en apprenant aux petits enfants à voir et à vivre le monde comme un jeu pour laisser perdurer le temps de l'enfance.
La panique, un mot bien étrange. On imagine des foules en délire, des crises d'hystérie collective ou encore cette débandade devant un danger imminent... Mais la panique n'est-elle pas aussi tragique que séduisante ? Essence de la masse comme de l'individu, elle envahit, de manière sournoise, insinuante, le corps et la vie psychique, s'emparant des états d'âme et des émotions les plus violentes. Sans cause, ni finalité, la panique est d'abord mouvement qui se joue des représentations les plus usuelles. En deçà de la peur ou de l'angoisse, elle échappe au sens qu'on voudrait lui attribuer, alors faute de lui reconnaître sa puissance démoniaque, elle devient figure de la destruction. L'attente de l'irruption impossible se commue en une action nouvelle : paniquer.
Comment se manifestent les sentiments dans la vie sociale? Face à l'exhibitionnisme contemporain, ont-ils encore le pouvoir d'être tenus au secret? Si notre corps trahit les sentiments que nous éprouvons, il est de bon ton d'éviter d'en montrer les effets afin d'afficher notre capacité à dominer l'impulsion de nos affects, le dérèglement de nos émotions. L'obsession dune gestion rationnelle de la vie quotidienne conjure les risques dune confusion des sentiments que provoque la puissance de leurs contraires, l'exacerbation de leur ambivalence. Niais, aujourd'hui, à la singularité du sentiment se substitue un sentimentalisme social et politique, soutenu par les médias, par la prolifération des blogs, par les leaders politiques eux-mêmes, qui entraîne une équivalence et une banalisation des sentiments.
L'intimité existe-t-elle vraiment ? Ou n'est-elle qu'une manière de présupposer que ce que nous ne disons pas aux autres reste le secret de nous-mêmes ? Il est vrai que l'étalage du Moi est devenu une pratique contemporaine à la mode. L'exhibition des choses intimes semble donner la preuve de notre singularité. Si la distinction entre vie privée et vie publique est repérable, l'intimité n'est pourtant pas visible, elle est notre intérieur, notre " espace du dedans ". C'est par opposition à ce qui est public que nous l'invoquons, comme une protection de nous-mêmes que nous organisons en posant des limites fictives aux autres, afin d'afficher notre liberté d'exister en dehors d'eux. Mais notre intimité, telle que nous l'imaginons, nous échappe, nous intrigue parce qu'elle est aussi l'autre de nous-même. Et si les expressions de notre corps la dévoile, souvent à notre insu, elle demeure un mystère.
Ce livre ne prétend pas traiter du corps dans la peinture ou dans la sculpture, mais des incidences de la création artistique et de la littérature sur l'esthétique quotidienne du corps. Le fantasme du corps pris pour un objet d'art est un stéréotype de notre idéalisation esthétique. Il se constitue en puisant ses ressources dans les arts plastiques et dans l'écriture littéraire. Il ne s'agit pas des modèles de la beauté ou de l'esthétisme du dandy mais de ce vertige des images du corps qui nous offre l'illusion de nos métamorphoses. Les inscriptions sur la peau, l'apparition du squelette, les dents du vampire, la vision du sang et des poils font du corps le «moule idéal de la métaphore».
C'est à peine si nous sommes les collaborateurs de notre amour , et c'est par cela même qu'il restera au-dessus des dangers banaux. Tâchons de connaître ses lois, ses saisons, son rythme et la marche des constellations à travers son vaste ciel étoilé". (Rilke à Merline, le 28 septembre 1920). Rainer Maria Rilke dessine à travers sa poésie amoureuse une géographie universelle de l'amour, des premiers regards échangés à la douleur de l'absence. Au-delà de l'expérience intime, à côté des grands poèmes métaphysiques où s'inscrit une métaphysique de l'amour, le poète s'adresse dans les poèmes réunis dans ce volume à la Bien-Aimée : femme multiple et unique, pensée (mais non rêvée), extrêmement proche et extrêmement lointaine en même temps, dans la figure de laquelle s'opère la transmutation du discours amoureux en discours poétique.
Pour qui chercherait ici des définitions de la modernité, la lecture sera décevante. L'histoire du siècle passé, celle que pour l'instant nous vivons (mais savons-nous ce que nous vivons ? avons-nous la moindre idée de ce qui se fomente ?), ont donné d'autres significations à ce qui, par exemple, pour Rimbaud précisément, se jouait dans l'ordre de l'" inouï, du fulgurant, de l'illuminant ". D'autres idées sur ce qui peut être appelé " commencement " se sont frayé, se frayent leur chemin. Elles les discernent, ces commencements, comme plus dispersés, plus dissimulés, moins spectaculaires, et surtout, tributaires de la répétition, du ressassement, parfois de l'après-coup de mornes rabâchage. Tout dans ce numéro, sans en faire systématiquement la critique, est à côté des idées qui ont cours sur la modernité et la post-modernité. L'inattendu se révèle véritablement inattendu, sans tambours ni trompettes, la plupart du temps en marge du champ officiel de la pensée, et parfois du champ social de l'innovation. C'est, pour nous, de ce côté que sont les surprises.
Cervantes du ghetto, Maître Mendele a légué à la postérité un Don Quichotte qui est parfois son propre Sancho et un Sancho trop doué d'humour et de poésie, trop empreint de pitié pour dissiper la vision d'une armée de chevaliers par une grossière mise au point concernant des moulins à vent.