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L'Absence d'intimité. Sociologie des choses intimes
Jeudy Henri-Pierre
CIRCE
14,00 €
Épuisé
EAN :9782842422295
L'intimité existe-t-elle vraiment ? Ou n'est-elle qu'une manière de présupposer que ce que nous ne disons pas aux autres reste le secret de nous-mêmes ? Il est vrai que l'étalage du Moi est devenu une pratique contemporaine à la mode. L'exhibition des choses intimes semble donner la preuve de notre singularité. Si la distinction entre vie privée et vie publique est repérable, l'intimité n'est pourtant pas visible, elle est notre intérieur, notre " espace du dedans ". C'est par opposition à ce qui est public que nous l'invoquons, comme une protection de nous-mêmes que nous organisons en posant des limites fictives aux autres, afin d'afficher notre liberté d'exister en dehors d'eux. Mais notre intimité, telle que nous l'imaginons, nous échappe, nous intrigue parce qu'elle est aussi l'autre de nous-même. Et si les expressions de notre corps la dévoile, souvent à notre insu, elle demeure un mystère.
Impossible de rêver le futur, le seul futur est celui de l'expectative d'un désastre. Le nouveau moralisme ambiant est fondé sur une constante anticipation du pire. Il est stimulé par des injonctions normatives, déclarées pour le Bien de tous. La polyvalence des menaces entretient un état d'alerte grandissant. Se développe alors une " éthique des responsabilités " fondée sur une heuristique de la peur. C'est parce qu'on a peur, qu'on doit être éco-responsable. À l'encontre de l'obsession trop individuelle de la sécurité dans la vie quotidienne, le discours écologique se veut avant tout communautaire. Il fait consensus parce qu'il s'évertue à poser les problèmes de l'avenir à une échelle planétaire et qu'en ce sens, il s'oppose à l'individualisme contemporain. C'est là sa puissance: il fait glisser la peur individuelle dans une peur globale. A l'organisation de la protection qui entraîne un repli sur soi, il oppose l'idéalisme d'une perspective communautaire et crée l'apparence d'une alternative idéologique en rassemblant toutes les aspirations à un contre-pouvoir. Mais on ne reconnaîtra jamais que notre imaginaire est de plus en plus habité par ce " désir de catastrophe " qui demeure inavouable.
Devenant des thérapeutes du social, les sociologues imposent leur conception de la réalité objective. Jamais la société n'a été autant conceptualisée à des fins pragmatiques et gestionnaires. Malgré le renouveau apparent des théories, impulsé par la philosophie analytique et par les sciences cognitives, les sciences sociales naviguent entre un réalisme social et un nominalisme conceptuel. Mais c'est le discours théorique qui finit par façonner la réalité. Qu'en est-il alors de la souveraineté du sujet ? Lorsque la tyrannie des «savoirs experts» l'emporte, que devient l'idée du monde comme jeu des possibles ?.
Que devient le règne de la communication ? Communiquer est un tel impératif de la vie en société que toute critique semble vaine. Le sens se développe au rythme de la globalisation qui absorbe les contradictions. La contamination des images et des discours provoque une atmosphère consensuelle. Pour se comprendre, il suffit de penser en réseaux et de rester branché. Ce pouvoir universel et totalitaire de la communication est-il encore détourné par les ruses des échanges symboliques ? L'appel à toujours " mieux communiquer " n'est-il pas une caricature de la vie sociale et affective ? Les sciences sociales semblent avoir renoncé à toute violence critique en s'engouffrant dans les standards de la communication. Elles font des constats, imposent des modèles d'interprétation et n'exercent aucune puissance subversive contre l'ordre de la communication.
Dans L'Art d'être grand-père Victor Hugo prenait déjà le parti de ne point suivre les normes qui commandent au modèle social du comportement attendu des grands-parents. Ce n'est pas une démission ni un rejet d'éventuelles responsabilités, mais une façon de rester soi-même en refusant de jouer le rôle d'une "assise génétique". Faut-il que les grands-parents, au nom d'une bienséance de la transmission, se contentent d'être utiles quand il le faut et d'afficher une sérénité morale ? Ainsi le grand-père préfère-t-il retrouver avec ses petits enfants un "état de l'enfance" qui ne l'a peut-être jamais quitté. Il découvre avec eux les jeux de langage qui leur permettent de conquérir leur place dans la société par l'humour de l'apprentissage de la Langue. Profitant surtout des moments à vivre, n'acceptant en aucune façon d'être le représentant de ce qui dure, il partage avec eux la complicité d'une pérégrination dans le temps. L'art de ne pas être grand père est une manière de railler l'esprit de sérieux en apprenant aux petits enfants à voir et à vivre le monde comme un jeu pour laisser perdurer le temps de l'enfance.
Résumé : " Aimer quelqu'un ou quelque chose signifie ou consiste dans le fait, entre autres choses, de prendre ses intérêts comme des raisons d'agir pour servir ces intérêts. L'amour est lui-même, pour celui qui aime, une source de raisons. Il crée les raisons par lesquelles ses actes d'intérêt et d'attachement amoureux sont inspirés... "
C'est à peine si nous sommes les collaborateurs de notre amour , et c'est par cela même qu'il restera au-dessus des dangers banaux. Tâchons de connaître ses lois, ses saisons, son rythme et la marche des constellations à travers son vaste ciel étoilé". (Rilke à Merline, le 28 septembre 1920). Rainer Maria Rilke dessine à travers sa poésie amoureuse une géographie universelle de l'amour, des premiers regards échangés à la douleur de l'absence. Au-delà de l'expérience intime, à côté des grands poèmes métaphysiques où s'inscrit une métaphysique de l'amour, le poète s'adresse dans les poèmes réunis dans ce volume à la Bien-Aimée : femme multiple et unique, pensée (mais non rêvée), extrêmement proche et extrêmement lointaine en même temps, dans la figure de laquelle s'opère la transmutation du discours amoureux en discours poétique.
Une rue de Londres vers 1750, un café, une librairie et, à l'étage, l'appartement d'un riche négociant... Le jeune Jacob, adepte de la philosophie des Lumières est le précepteur de milord Wambert et de madame de Brindè. Or Milord tombe amoureux de Madame, mais Madame aime en secret Jacob qui ne veut aimer que la paix de l'âme et du coeur afin de rester un homme d'étude. Ajoutons deux artisans qui se disent philosophes, mais savent user surtout de la calomnie, une épouse spirituelle amoureuse du jeu, un chevalier servant qui pratique la satire : toutes ces forces s'allient à la passion déçue du jeune lord pour mettre en péril la vie même de Jacob. Le tout sous le regard d'employés, de marins et de serviteurs qui mènent leur vie sans se mêler de celle des maîtres. Quelles autres forces sont invitées à sauver le jeune philosophe en qui s'incarne, en 1754, un Goldoni lui-même en butte à Venise à des factions rivales ou contraires ?...